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Coupe du monde de Rugby à XIII : Amir Bourouh, entre deux rives, un même combat
Amir Bourouh est prêt à affronter l’Angleterre, son pays d’origine samedi avec le XIII de France à l’occasion de sa deuxième sélection. Touchlinemotion

Né en Angleterre, héritier d’une histoire familiale française et algérienne, le talonneur de Hull FC découvre la Coupe du monde avec les Bleus. À 25 ans, entre fierté intime et ambition sportive au moment de préparer le choc contre l’Angleterre, il prépare aussi son arrivée aux Dragons Catalans, en 2027.

Il y a des maillots qui racontent plus qu’une carrière. Celui de l’équipe de France, Amir Bourouh l’a longtemps regardé de loin. Né à Huddersfield, formé dans les exigences du XIII anglais, le talonneur de Hull FC porte aujourd’hui les couleurs d’un pays auquel le relient ses origines familiales. Une histoire de frontières, mais surtout de transmission. "Je suis vraiment fier et j’ai vraiment hâte. C’est une grande opportunité pour moi, et un moment de grande fierté pour ma famille." Dans sa voix, le bonheur de la sélection se mêle à quelque chose de plus intime. À 25 ans, Bourouh découvre la Coupe du monde avec les Bleus, après avoir grandi dans une culture rugbystique qui ne lui a jamais fait de cadeau. Passé par Siddal, puis par le centre de formation des Wigan Warriors, où il débute professionnellement en 2019, il a poursuivi son apprentissage à Halifax et Salford avant de rejoindre Hull FC en 2025. Un itinéraire britannique, construit au rythme des exigences de la Super League, qui le conduit aujourd’hui vers une nouvelle aventure. L’adaptation n’est pourtant pas qu’une affaire de terrain. "Mon français n’est pas le meilleur", reconnaît-il en quittant la séance de musculation ce mardi à Perth avec simplicité. La barrière de la langue demande du temps, mais les premiers jours lui ont permis de trouver ses repères. "Je commence à comprendre de plus en plus maintenant. Je me sens connecté à l’équipe grâce à ces deux semaines passées ensemble." Au-delà des mots, il y a cette volonté de s’intégrer, de ne pas être seulement le joueur venu d’Angleterre, mais un membre à part entière du collectif.

L’Angleterre en face, la famille en tribunes

L’entrée en lice contre les Samoa a ramené les Bleus à la dure réalité du très haut niveau. Battue 4-78, la France a subi la puissance adverse. Bourouh, lui, a disputé 51 minutes et réalisé 29 plaquages. Un engagement qui n’efface pas la déception. "Bien sûr, c’était frustrant. C’est une très bonne équipe et nous n’avons pas joué à notre meilleur niveau." Pas question de se réfugier derrière le score. Le talonneur regarde déjà vers la suite : "J’espère que nous pourrons mettre tout en ordre cette semaine contre l’Angleterre."

Ce rendez-vous, à Perth, ne ressemble à aucun autre. Car l’Angleterre est aussi une partie de lui-même. "Un côté de ma famille est anglais, complètement anglais et je suis entre les deux." Une phrase qui résume son parcours sans chercher à résoudre ce qu’il a de singulier. Né, élevé et formé en Angleterre, Bourouh s’apprête à défier son pays de naissance sous le maillot français. Il ne laisse pourtant planer aucun doute sur son engagement : "Je suis à 100 % dans ce match." Dans les tribunes, sa mère, sa petite sœur et son frère feront le déplacement en Australie pour le soutenir. La perspective donne à cette rencontre une dimension supplémentaire. Sur le terrain, il y aura les impacts, les courses et l’exigence du résultat. Dans les gradins, les regards de ceux qui l’ont vu grandir.

Un avenir catalan

Mais l’histoire entre lui et cette sélection se prolongera en France. En 2027, Bourouh rejoindra les Dragons Catalans pour deux saisons. Un changement de décor qu’il prépare déjà au contact de plusieurs futurs coéquipiers présents avec la sélection. "Je connaissais quelques-uns des joueurs avant de venir et nous passons en Australie beaucoup de temps ensemble avec mes coéquipiers des Catalans. J’espère du coup que la transition l’année prochaine sera plus facile." Ces heures partagées esquissent déjà un lien, précieux avant de découvrir un nouveau championnat et un nouvel environnement. En attendant, Bourouh sait que les ambitions passent d’abord par le travail. Interrogé sur les clés de la réussite collective, il revient aux fondamentaux : "On doit réparer les zones dont on a parlé, en particulier en défense, et prendre les opportunités quand on les a." Pas de grandes promesses, donc. Plutôt une lucidité née de l’expérience et de la défaite. À 25 ans, le talonneur avance entre deux pays, deux histoires et bientôt deux championnats. Il n’a pas à choisir entre ses racines anglaises et son héritage français et il lui reste à faire vivre ce dernier sur le terrain.

Face à l’Angleterre, sa famille sera là. En 2027, les Dragons l’attendront. Entre ces deux rendez-vous, Amir Bourouh poursuit son chemin, avec un maillot bleu sur les épaules et la volonté de lui donner tout son sens.

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