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Après 45 ans, François Valleriaux annonce quitter la présidence du club de tennis de Trouville-sur-Mer
François Valleriaux, président du Trouville Tennis Club.
François Valleriaux, président du Trouville Tennis Club. ©Marie-Madeleine REMOLEUR

« J’avais encore de belles idées pour ce club, mais je ne vais pas pouvoir continuer dans ces conditions ». La voix mêlée de douceur et d’amertume, François Valleriaux annonce qu’il devrait démissionner avant la fin de l’année d’une fonction qui l’anime pourtant depuis environ 45 ans.

Plus de quatre décennies à choyer le Trouville Tennis Club qu’il a vu naître et grandir. « J’aurais continué si on était reparti avec une régie municipale pour le tennis qui aurait été une meilleure solution pour les habitants de Trouville-sur-Mer (Calvados). Mais là, on se dirige pour 10 ans avec une nouvelle délégation de service public (lire encadré). Ça va nous empêcher d’évoluer et je pense que ça peut nous mener droit dans le mur ». Et ce, qu’importe le candidat qui l’emporte. « C’est le principe de la DSP qui ne va pas du tout pour les tennis », lâche-t-il.

Un club qu’il a créé et vu grandir

« Les tennis je les connais par cœur », reconnaît avec tendresse le Trouvillais de 75 ans. Si François Valleriaux a le club chevillé au cœur, c’est qu’il a participé à sa croissance, son dynamisme. « Quand je suis arrivé à Trouville, les tennis étaient gérés par la famille Le Goupil. C’étaient des tennis où jouaient les familles trouvillaises. J’ai pris la suite en créant un véritable club », se souvient celui qui, par le passé, avait déjà été président d’un grand club en région parisienne.

Séduit par l’équipement, et l’ambiance qui y régnait alors, il partage son savoir-faire en créant un club, en instaurant une compétition, en organisant des tournois qui ont pris de l’importance au fil du temps… et en affiliant rapidement le club à la Fédération française de tennis. « C’était l’époque du boom du tennis », se souvient-il. Aux manettes du club, François crée aussi de véritables équipes pour que « les joueurs aient le nom de Trouville dans le dos. Pour moi c’était important de représenter la ville. On joue pour Trouville ».

« On est étouffé, sclérosé par la DSP »

Pour François Valleriaux, la bascule s’est faite le jour où, en 2002, a été instaurée une délégation de service public pour gérer les tennis. Jusqu’ici, les tennis étaient sous régie municipale. « Le maire m’avait demandé de prendre à ma charge les tennis. Je lui avais dit que je ne pouvais pas, car je travaillais encore à l’époque, et je lui ai malheureusement proposé de trouver quelqu’un. C’est là où a été créée cette DSP qui s’est avérée être une catastrophe », considère le président de l’association qui compte une cinquantaine de licenciés.

Ce dernier témoigne de difficultés, pendant 24 ans. « Si je veux créer une dixième équipe, on me répond que ce sont des courts qui ne pourront être loués. Quand j’ai voulu créer une école de tennis, ça n’était pas possible car ça ne permettait pas de gagner d’argent. Pourtant c’est essentiel d’avoir cette jeunesse, donne-t-il comme exemples. On ne peut rien obtenir avec un délégataire. Je ne peux pas développer le tennis car on est étouffé, sclérosé par la DSP ». Un obstacle qu’il considère comme lié au principe même de la DSP : « Quand vous avez le monde de l’argent face au monde du bénévolat, c’est compliqué. Il y en a un qui est là pour gagner de l’argent, l’autre pour réinvestir l’argent qu’il gagne pour le plaisir de ses membres, pour organiser des événements… Ça n’a rien à voir et ça fait 24 ans que je me bats contre ce système », déplore-t-il.

« Ça n’est plus la même ambiance »

Au-delà du développement du tennis qu’il considère « limité » par la DSP, François Valleriaux regrette aussi une ambiance moins conviviale. « À l’époque où le tennis était en régie municipale, il y avait un régisseur, Roland Michel, avec qui j’ai travaillé pendant 15 ans. Ça avait été fabuleux ». Il se souvient : « Il y avait en permanence du monde au club, de la vie, une vraie ambiance ».

Aujourd’hui, il déplore l’état des courts, l’absence d’entretien et d’investissement, et une vie qui manque. « On a connu des moments extraordinaires, c’était un lieu de rendez-vous, c’était notre maison sur la plage. Là, c’est devenu d’une tristesse », témoigne-t-il, confiant : « Ma femme, Mireille, qui était la doyenne du club et qui vient de nous quitter, venait tous les jours. Elle m’avait dit : ils m’ont volé mon tennis. Et ils ont presque volé le mien aussi ». S’il restera joueur au sein du club, François Valleriaux conclut, avec amertume : « J’aurais pu donner deux années de plus de ma vie, si on était passé en régie, pour accompagner cette reprise. Je regrette de ne pas avoir pu faire tout ce que je voulais faire. J’avais encore des idées, des projets, mais je ne veux plus courber l’échine ».

Sur la plage, des contrats de sous-concessions qui font débat

Ces derniers mois, le renouvellement des concessions sur la plage avait fait réagir élus et commerçants trouvillais. Pour rappel, la plage appartient à l'État. Ainsi, le dernier de contrat de concession de la plage avait été signé entre la Ville et l'État pour une période 10 ans jusqu'en mai 2026 et prolongé jusqu'au 31 décembre 2026.
Un nouveau contrat a été conclu pour une durée de 10 ans, à compter du 1er janvier 2027. Préparée sous l'ancienne majorité, la consultation pour le nouvel appel d'offres pour toutes ces sous-concessions avait été publiée le 9 février, soit un mois avant les élections, empêchant la nouvelle équipe municipale d'intervenir avant la fin de la procédure d'appel d'offres. Ce dossier était d'ailleurs à l'ordre du jour lors du dernier conseil, fin septembre (relire notre article : La Ville met fin à deux concessions de plage et rebat les cartes pour 2027).
Comme pour les commerces, le renouvellement de la délégation de service public (DSP) pour la gestion des tennis est également en cours. La municipalité ne peut communiquer à ce sujet. « Je sais que Stéphanie Fresnais, la maire actuelle, se retrouve coincée avec la situation actuelle puisque la consultation a été lancée avant son élection. Mais je pense qu'il aurait été bien et possible de repasser en gestion municipale, même si ça aurait coûté de l'argent, environ 400 000 € », réagit François Valleriaux.

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