Retour
Violet pour la cause féminine avec La Maison des femmes Marseille Provence ; bleu pour la santé avec la Fondation Ambroise Paré - Hôpital Européen ; jaune pour l'inclusion avec Sport dans la ville ; vert pour l'environnement avec Sauvage Méditerranée. Au cœur du peloton, mille coureurs porteront un dossard d'une couleur différente en rapport avec la cause qu'ils défendent dans le cadre du Marseille-Cassis solidaire.
Un nouveau dispositif qui allie défi sportif et engagement citoyen dans la célèbre classique provençale. "Ce n'est pas forcément facile pour le tissu associatif marseillais, rappelle Loïc Yviquel, responsable impact et solidarité de la course. On s'est donc demandé comment trouver des moyens pour arriver à les aider et les financer ?"
La réponse est alors venue avec la vente de 1000 dossards au profit de ces associations marseillaises engagées sur le territoire. Concrètement, pour pouvoir participer à ce mythique 20km, les coureurs se sont engagés à récolter des fonds pour l'une de ces quatre associations de leur choix. "Ils se sont pris au jeu et, sensibilisés à cette cause, sont devenus à leur tour des ambassadeurs ce qui est très intéressant. Avec 6 000 contributeurs, on a largement dépassé nos objectifs puisqu'on arrive à près de 250 000 euros soit entre 40 000 et 60 000 euros par association. Ce qui représente beaucoup d'argent."
Un budget qui permettra de poursuivre voire développer le travail déjà engagé, sans oublier le formidable coup de projecteur qu'offre le simple fait d'être associé à cette course emblématique qui véhicule de nombreuses valeurs.
"Pour nos jeunes, ouvrir le champ des possibles"
"Du sport à l'emploi pour les jeunes" ou la vocation de Sport dans la ville qui œuvre dans les quartiers prioritaires de Marseille. "On a la conviction que le sport est un formidable levier pour gagner en confiance et développer des compétences, souligne Sophie Duparc, responsable partenariats, entreprises et événementiel.
"Notre première mission, c'est de construire ou rénover des terrains de sport au pied des immeubles. On organise des séances de sport gratuites tous les mercredis après-midis et les samedis pour tous les enfants âgés de 6 à 25 ans. Là, ils apprennent la persévérance, l'esprit d'équipe, le respect des règles et des autres… autant de compétences qui les accompagnent bien au-delà du terrain.
"Notre mission ne s'arrête pas à ce volet sportif. On accompagne les jeunes dans la durée vers la formation et vers l'emploi par diverses actions. Notamment deux programmes : Job dans la ville et Entrepreneurs dans la ville avec un objectif simple qui est d'ouvrir le champ des possibles pour ces jeunes des quartiers. On organise des rencontres inspirantes, des actions où ils identifient leurs envies."
Faire partie de Marseille-Cassis solidaire fait sens pour cette association bien ancrée sur son territoire. "C'est une course qui fédère, permet le dépassement de soi… Des valeurs qu'on pousse auprès de nos jeunes."
L'an dernier, ils ont initié un programme autour de la course à pied. Deux d'entre eux prendront le départ dimanche de ce mythique 20km. Une grande fierté et une source d'inspiration pour bien d'autres.
"Des soins de qualité accessibles à tous"
Pour la Fondation Ambroise Paré, tout a débuté en 1839 quand Suzanne Favier a créé une infirmerie destinée à accueillir et soigner les femmes malades et sans ressources. En 1875, l'institution est reconnue d'utilité publique. "Elle se développe en restant toujours fidèle à sa vocation d'origine : proposer des soins de qualité accessibles à tous avec une attention particulière portée aux personnes les plus fragiles", explique Emilie Balaguer-Cordesse, directrice générale adjointe de l'Hôpital Européen.En 2013, les hôpitaux Ambroise Paré et Paul Desbief se réunissent pour devenir l'Hôpital Européen, géré par la Fondation Ambroise Paré, en plein cœur du 3e arrondissement de Marseille.
"Le choix de l'implantation répond à une volonté forte : contribuer à rééquilibrer l'offre de soin sur le territoire marseillais et rendre une médecine d'excellence accessible au plus grand nombre. L'Hôpital Européen prolonge, dans un établissement moderne et ouvert sur la ville, la mission humaniste portée par la fondation. En venant ici, on savait qu'on rendrait un service majeur à la population et c'est notre raison d'être depuis toujours." Par an, ça représente 70 000 séjours, 450 000 consultations. Les dons récoltés dans le cadre de Marseille-Cassis solidaire aideront à financer des soins de support, un tiers des patients étant ici suivis en oncologie.
"C'est une grande fierté d'être sur la course et l'occasion de faire connaître nos bonnes œuvres, en sachant qu'on est toujours à la recherche de financement pour mener des actions en faveur du développement des soins, l'innovation et le confort de nos patients."
"Ce n'est pas juste une course mais toute une nature à préserver"
Que faire de tous ces déchets récoltés ? C'est la question que s'est posée Emmanuel Laurin après sa traversée à la nage à vocation écologique entre Marseille et Toulon. De là sont nés le documentaire Le Grand Saphir mais aussi, en 2019, l'association Sauvage Méditerranée. "Le but est de recycler le plastique abandonné, de lui donner une seconde vie, pose Noémie Espanet, membre de l'équipe. On trie les copeaux de plastique, les lave, les broie, les assemble… sans ajouter de matière."
Trophées, bijoux, objets en tous genres… Les idées ne manquent pas. "On utilise notre imagination hyper participative. On a même lancé une monnaie sauvage, soit des pièces en plastique distribuées aux bénévoles mobilisés sur nos différentes opérations qu'ils peuvent utiliser dans nos magasins partenaires locaux et engagés." Être l'une des associations retenues dans le cadre du Marseille-Cassis solidaire donne un formidable coup de projecteur sur leur mission. "Ça a vraiment du sens pour nous, poursuit Noémie Espanet. En plein parc national des calanques, ce n'est pas juste une course mais toute une nature à préserver."
Eux, ils s'y emploient au quotidien côté mer. "L'impact du micro plastique est énorme dans nos villes et sur nous. On fait beaucoup de sensibilisation, on travaille avec des associations partenaires pour la récolte des déchets. Les courses solidaires, avec des personnes mobilisées, sont de plus en plus nombreuses et c'est hyper important pour nous."
Parmi les ambassadrices, Sauvage Méditerranée peut compter sur Miss Martini, première Drag Queen à courir Marseille-Cassis.
"Pour nous, une première dans le sport"
"Vous êtes une femme et vous êtes, ou avez été, victime de violences ? Nous prenons soin de vous." Tout est dit dans le slogan de la Maison des femmes Marseille Provence rattachée à l'APHM. "Grâce à l'aide d'une équipe pluridisciplinaire d'une vingtaine de personnes, on les accompagne sur différents plans : médical, psychologique, social et juridique", explique Fanny Pillard, chargée de développement de la structure née en 2022 sur Marseille.
Un lieu ressources où chacune peut venir trouver de l'aide auprès de professionnels qui travaillent main dans la main. "On accueille environ 30 femmes par jour. 800 sont suivies à l'année pour un accompagnement en moyenne de deux ans. Elles arrivent par différents moyens, via des professionnels de santé ou d'autres associations, mais aussi de plus en plus spontanément."
Calqués sur le modèle de Saint-Denis, 35 Maisons des femmes existent actuellement en France. "La violence subie a des conséquences sur la santé : physique, mentale, somatique. L'aspect psychologique peut aussi aggraver des maladies chroniques. On intervient à tous les niveaux. Au-delà du soin, on leur explique beaucoup de mécanismes et l'idée est de proposer un arrêt de parcours quand elles ont retrouvé leur autonomie et se sentent en capacité de ne pas retomber dans un schéma de violence."
Faire partie du Marseille-Cassis solidaire offre alors une belle visibilité à leur action. "Une première dans le champ du sport, souligne Fanny Pillard. On fait de plus en plus de prévention mais ça ne diminue pas pour autant. On ne sait pas l'expliquer."