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De la promesse à l’échec, le bilan de Romain Revelli au Bourges FC

La fin d’une promesse. Quand Romain Revelli s’installe sur le banc de Bourges, en décembre 2024, le club rêve en grand. Racheté un an plus tôt par Sadio Mané, le Bourges FC s’est fixé un cap : la Ligue 2 en 2030. Pour porter ce projet, la direction mise sur un technicien d’expérience, ancien adjoint de Christophe Galtier à Saint-Étienne. Le début de l’histoire lui donne raison, avec un maintien, une prolongation jusqu’en 2027, puis une deuxième place la saison dernière, à huit points de la montée.

Mais la marche n’a jamais été franchie. Cet automne, Bourges n’a toujours pas gagné en championnat et pointe au 15e rang de son groupe de National 1. Après la défaite 3-0 à Lyon-La Duchère, le samedi 17 octobre, Romain Revelli voulait encore s’accrocher. "Je ne suis pas un lâcheur", assurait-il auprès du journal Le Berry Républicain. Quelques jours plus tard, la séparation était actée. Près de deux ans après son arrivée, le constat est sévère : le projet a avancé, l’équipe première, elle, est restée au même étage.

Un projet taillé pour grandir

Né en 2021 de la fusion entre Bourges Foot et Bourges 18, le club change de dimension le 25 octobre 2023 avec l’arrivée de Sadio Mané comme propriétaire. "On va travailler ensemble pour développer et structurer le club", promet alors l’international sénégalais. L’objectif est posé dans la foulée : la Ligue 2 à l’horizon 2030. Sur le banc, la stabilité ne suit pas. Laurent Di Bernardo, William Prunier, Jamal Alioui, Stéphane Rossi puis Walid Aïchour se succèdent en trois ans et demi. Le 10 décembre 2024, Bourges, alors 9e de son groupe de National 2 (aujourd'hui National 1), fait appel à Romain Revelli. Passé par Andrézieux, Cholet, Dunkerque en Ligue 2 et Villefranche en National, le technicien connaît le niveau par cœur.

Les premiers mois lui donnent raison. Bourges s’offre même les Girondins de Bordeaux (4-3) en février 2025, avant d’assurer son maintien. Fin avril, la direction le prolonge jusqu’en 2027. Le club termine 8e avec 41 points. La saison 2025-2026 confirme la progression. Six défaites seulement en trente matchs, une victoire 4-1 chez le leader, Thionville, et une 2e place avec 52 points. Thionville monte seul, mais Bourges termine meilleur deuxième. Pour Antonin Bisson, journaliste au Berry Républicain qui suit le club au quotidien, la longévité de l’entraîneur était déjà en soi une avancée : jamais un coach n’avait duré aussi longtemps depuis la fusion, souligne-t-il à notre média.

Des standards à tenir

Avec la réforme des championnats, l’ancien National 2 est devenu cet été le National 1. Bourges reste au 4e niveau, dans un championnat où neuf clubs descendront en fin de saison. Le club recrute, notamment au Sénégal, avec Mouhamed Niang, Cheikh Malick Sambou et Maguette Diop. L’objectif fixé par la direction n’est pas forcément la montée. L’idée, selon Antonin Bisson, était plutôt de "rester dans ces standards qui étaient ceux de l’an dernier", confie-t-il à Foot National. Quant à la Ligue 2 en 2030, elle sert surtout de repère. "Au quotidien, ce n’est pas du tout une pression de se dire qu’il faut qu’on soit en Ligue 2 en 2030", précise le journaliste.

Sur le terrain, la machine se grippe vite. "Il y a eu pas mal de matchs avec des scénarios compliqués", raconte Antonin Bisson. Face à Andrézieux (1-1), Bourges mène mais écope d'un carton rouge juste avant la pause et se fait rejoindre au tableau d'affichage. Contre GOAL FC (0-0), le gardien se blesse et, faute de remplaçant à son poste, un joueur de champ termine quasiment toute une mi-temps dans les buts. Quatre nuls de suite, mais pas de quoi s'alarmer, selon le journaliste. "Les quatre premiers matchs étaient plutôt corrects", juge-t-il, avant de pointer le vrai tournant, contre Fréjus Saint-Raphaël (0-1), le 3 octobre : "Il y a eu la bascule de la première défaite." Le 3-0 encaissé à Lyon-La Duchère, promu de National 2, laisse Bourges à la 15e place sur 17 dans le groupe C, avec un seul but marqué en six matchs. Le président Cheikh Sylla affiche encore son soutien le week-end, puis les deux hommes se séparent en début de semaine. "Ce qui est invoqué, c'est surtout le problème de vestiaire", précise le journaliste du Berry.

Le chantier de la structuration

Au-delà du banc, le départ de Romain Revelli pose la question du fonctionnement du club. Antonin Bisson refuse de noircir le tableau. "On ne peut pas dire qu’en six ans, il n’y a rien qui a été fait", insiste-t-il. Mais le journaliste pointe un manque : "Des gens qui avancent tous dans le même sens. C’est un petit peu ça, je trouve, qui manque aujourd’hui dans ce club".

Le projet a pourtant avancé, avec notamment l’annonce en février 2026 du Sadio Mané International Institute, un centre de formation qui mêle football et métiers du territoire. Mais l’exigence est à la hauteur du propriétaire. "Quand on a un actionnaire comme Sadio Mané qui a autant de moyens, on a le droit d’attendre que les choses soient davantage carrées", estime Antonin Bisson. Pour lui, Bourges reste un club "dans lequel il y a toujours de très bonnes intentions", mais où "parfois, on peine à savoir qui fait quoi".

Un bilan loin des ambitions

Sur le papier, les chiffres de Romain Revelli sont loin d'être catastrophique : 21 victoires, 18 nuls et 14 défaites en 53 matchs officiels, un maintien et une place de meilleur deuxième. Mais l’objectif de l’été n’est pas atteint, et le club n’a pas changé d’étage. "On reste un peu sur notre faim sur certaines choses", résume Antonin Bisson.

En attendant un nouveau souffle, Bourges n'est pas allé chercher bien loin. Deux jours après la séparation, la direction a opté pour une solution interne en confiant l'équipe de National 1 à Davy Merabti, jusque-là directeur technique et entraîneur de la réserve. Un choix qui peut s'inscrire dans la durée, selon Antonin Bisson : "Il a les diplômes et il a entraîné la réserve." Pour le nouvel entraîneur du BFC, premier rendez-vous ce dimanche 25 octobre (14h30) sur le terrain de l'US Mer (R3), dans le cadre du sixième tour de la Coupe de France. Au successeur de Romain Revelli de replacer Bourges dans ses standards.

Pour résumer

Ce mercredi 21 octobre, le Bourges FC et Romain Revelli ont décidé de se séparer d’un commun accord. Arrivé en décembre 2024 pour faire grandir le club de Sadio Mané, le technicien s’en va sans avoir fait monter Bourges, qui n’a toujours pas gagné en championnat cette saison.

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