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Tout est parti d’une défaite. Après le revers de Manchester United face à l’Atlético de Madrid, Lisandro Martínez a décidé de sortir du rang. Publiquement, l’Argentin a attaqué la direction mancunienne, lui reprochant notamment de ne pas avoir suffisamment renforcé l’effectif. Une charge rare de la part d’un cadre en activité. Jeudi, une réunion a été organisée au centre d’entraînement de Carrington entre le joueur, son entraîneur Michael Carrick et plusieurs responsables du club. Dans la foulée, le défenseur de 28 ans a publié un message d’excuses sur Instagram.
Le ton a radicalement changé. « Tout le monde sait que je suis une personne passionnée et que je vis le football avec une grande intensité. La frustration de la défaite m’a conduit à exprimer ce que je ressentais à un moment et un endroit qui n’étaient peut-être pas les plus appropriés, et pour cela, je veux m’excuser. Notre club est à son meilleur lorsque nous sommes tous unis, et je reconnais que mes mots à ce moment-là n’ont pas contribué à cela », a-t-il écrit.
La nuance mérite d’être relevée. Martínez s’excuse du moment et du lieu. Pas vraiment du contenu. Ce qui, au fond, laisse entendre que le constat demeure.
Selon la presse anglaise, l’affaire ne se serait pas arrêtée à un simple mea culpa : une sanction financière aurait été infligée au joueur. Manchester United n’a toutefois rien confirmé officiellement. Michael Carrick, lui, a voulu mettre un terme à la polémique, soucieux de préserver l’unité d’un vestiaire déjà sous tension.
Rarement Old Trafford aura offert autant de prétextes aux moqueries. Foot Mercato résume l’ambiance d’un mot : Manchester United serait devenu un « cirque ». Et la semaine a apporté son lot de rebondissements, jusque dans le passé. Vendredi, Louis van Gaal accusait ainsi Manchester City d’avoir indirectement provoqué son licenciement en 2016, estimant que les irrégularités financières reprochées aux Citizens l’avaient privé d’une qualification en Ligue des champions.
Le présent n’est pas plus rassurant. Le club encaisse les critiques sur sa gestion, son recrutement, sa direction. Précisément ce que Martínez avait pointé du doigt.
C’est sans doute là que se situe le vrai enjeu. Quand un joueur aussi respecté que l’Argentin, connu pour son engagement total, décide de parler, il exprime rarement un avis isolé. Le vestiaire va forcément en parler. Ou plutôt, il en parlait déjà.
Les excuses ont permis de sauver les apparences. Elles n’effacent pas la question de fond posée par le défenseur : United s’est-il donné les moyens de ses ambitions ? Tant que les résultats ne suivront pas, le feuilleton continuera. Et la prochaine colère ne viendra peut-être pas d’un joueur.