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La bonne nouvelle, c’est qu’il enchaîne les matches comme jamais depuis 18 mois. La mauvaise, c’est la qualité des deux derniers. Cela n’a pas empêché le sélectionneur Fabien Galthié de convoquer Tevita Tatafu pour le prochain rassemblement du XV de France, ni le staff bayonnais de le titulariser ce samedi face à Lyon. Car en forme, le pilier droit de 24 ans reste une évidence
C’est un petit événement. Tevita Tatafu va disputer son septième match de rang en Top 14, ce samedi avec l’Aviron face à Lyon (16 h 35). Il faut remonter dix-huit mois en arrière pour voir le pilier droit enchaîner autant de rencontres. C’était entre mars et mai 2025, et le Tongien s’était arrêté là, sans goûter au meilleur, le barrage face à Clermont et la demi-finale contre Toulouse, pour cause de cheville droite récalcitrante. Il semblait même être poursuivi par la guigne depuis sa prolongation de contrat avec Bayonne (2030) et l’imbroglio avec l’UBB. Depuis cet épisode en janvier 2025, il n’avait disputé qu’un tiers...
C’est un petit événement. Tevita Tatafu va disputer son septième match de rang en Top 14, ce samedi avec l’Aviron face à Lyon (16 h 35). Il faut remonter dix-huit mois en arrière pour voir le pilier droit enchaîner autant de rencontres. C’était entre mars et mai 2025, et le Tongien s’était arrêté là, sans goûter au meilleur, le barrage face à Clermont et la demi-finale contre Toulouse, pour cause de cheville droite récalcitrante. Il semblait même être poursuivi par la guigne depuis sa prolongation de contrat avec Bayonne (2030) et l’imbroglio avec l’UBB. Depuis cet épisode en janvier 2025, il n’avait disputé qu’un tiers des rencontres de championnat (13/39) avec le club basque. Jusqu’à cette rentrée.
« Ça fait plaisir de le voir sur le terrain », livrait Jean Monribot début septembre, après le match d’ouverture face à Toulon. Interrogé sur l’apport potentiel pour l’Aviron et le XV de France, l’entraîneur de la touche basque maniait la prudence : « C’est sûr qu’il a des ambitions en équipe de France mais il faut d’abord qu’il se concentre sur son club, qu’il fasse de bonnes performances, et les choses viendront naturellement après. » Elles sont venues, mais pas forcément grâce à ses prestations. Fabien Galthié a toujours convoqué Tevita Tatafu à Marcoussis dès qu’il le pouvait, voyant en lui l’avenir international au poste de pilier droit. Il n’a pas dérogé à sa règle dans sa liste de mercredi. Le joueur de 24 ans figure parmi les 42 élus. Il est même celui qui a le plus de chances de rester des quatre Bayonnais appelés (Capilla, Cramont et Fischer).
Tatafu dispose d’un crédit plus large que la concurrence. Parce qu’il est une promesse. C’est aussi une dette.
Il joue, il est convoqué en Bleu mais paradoxalement, ses dernières performances laissent à désirer. Lors de la victoire face au Stade Français (35-32) début octobre, il a tellement explosé en mêlée que le staff basque l’a sorti à la mi-temps. La semaine suivante, Gerard Fraser et ses adjoints lui maintenaient leur confiance à Toulouse (45-34). Pour un résultat quasi-identique. « Il a besoin de bosser en mêlée, et il le fait beaucoup avec Moretti (NDLR, Andrea, le coach des avants), insiste le manager néo-zélandais. Nous sommes contents de Tevita. C’est quelqu’un qui a besoin de jouer. Il a besoin de trouver ce rythme de match. C’est trop important, surtout pour les mecs lourds comme lui, parce qu’ils ne vont jamais retrouver la même intensité dans les entraînements. Le fait qu’il enchaîne, qu’il ne se blesse pas, qu’il soit motivé, c’est hyper positif. »
On pourrait croire que Tevita Tatafu a la carte. Celui qui facture 145 kilos les jours de sèche a pourtant une rude concurrence au poste, du polyvalent Emerick Setiano à Luke Tagi, son ami de barbecue aux mains d’or. Tatafu dispose d’un crédit plus large que la concurrence. Parce qu’il est une promesse. C’est aussi une dette. L’heure est à la confirmation. Peu de monde en doute si les blessures le laissent tranquille. Si son hygiène de vie devient celle d’un international qui espère plus que les trois sélections récoltées en un an et demi. « Sous son air un peu gentil, c’est quelqu’un qui sait se remettre en question et qui travaille fort, livre le talonneur Lucas Martin. Peu de personnes le voient mais au Campus, il ne dit rien et travaille dur. Honnêtement, ça reste une machine. S’il continue d’enchaîner, ça va être un gros client. »
« En deux ans, on l’a vu un peu moins de 16 fois avec l’Aviron. Ce n’est pas assez pour un joueur de ce niveau-là. Il doit nous apporter plus »
Léo Coly a la comparaison plus féroce. « C’est un animal, on ne va pas se mentir, rigole le demi de mêlée. Il est très puissant, avec des qualités physiques hors normes. » Le solide argentin de Clermont Marcos Kremer (1,95 m, 110 kg) pourrait en témoigner. Son compatriote Lucas Paulos le fait pour lui : « Quand ils sont venus ici (19 septembre), Tevita lui a mis un cul (sic) ! Je suis très proche de Marcos. À la fin, il m’a dit qu’il avait senti toute sa détermination. »
Lui maintenir cette confiance sert aussi à le booster. « Je le suivais ces dernières saisons et tu pouvais le voir livrer un match trois étoiles un week-end puis disparaître pendant trois semaines, insiste Coly. S’il est bien physiquement et mentalement, il peut s’installer dans cette classe de droitiers de niveau international. » Le capitaine Arthur Iturria partage l’analyse : « Certains disent qu’il est un peu fatigué par moments, mais en deux ans, on l’a vu un peu moins de 16 fois avec l’Aviron. Ce n’est pas assez pour un joueur de ce niveau-là. Il doit nous apporter plus. Mais il ne faut pas aussi oublier qu’il est jeune. On a tendance à croire qu’il a 30 ans (rires). C’est un joueur qui a aussi besoin aussi d’apprendre. Le fait qu’il enchaîne, c’est une très bonne chose pour lui, et pour nous. »
Quoi qu’il arrive, Tatafu ne fera pas la gueule. « Franchement, Tevita, c’est un plaisir de travailler avec lui parce qu’il a la banane tous les jours », apprécie Lucas Martin. « C’est un îlien, résume Léo Coly avec le sourire. Il est trop gentil, toujours sympa, toujours le smile (sic). Bon, il est un peu feignant parfois, mais ça fait aussi son charme. » Ce ne devrait pas être le cas à Marcoussis. Tom Spring (1 sélection) connaît la maison : « Ils vont être exigeants avec lui et ça ne va lui apporter que du plus. On va le récupérer encore plus en forme. » Avant cela, le joueur a une petite revanche à prendre sur lui-même.