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« Je me sens bien, bien intégrée, en confiance alors ça aide. Mais je sais que je vais devoir surveiller et travailler cette régularité », glisse la jeune femme au visage juvénile, qu’accentuent un peu plus les macarons qu’elle a adoptés pour coiffer ses cheveux. Une candeur qui ne masque pas complètement sa volonté de fer. Si elle est arrivée à Mont-de-Marsan, chez le double champion de France en titre, cet été, ce n’est pas pour faire de la figuration.
« Elle est venue chez nous pour passer un cap donc on va l’accompagner. Elle est plutôt sur une bonne phase et c’est très bien. On commence à la trouver un peu mieux, je suis contente pour elle. Mais ce n’est que le début. Elle aura aussi sûrement des mauvaises phases et ça fait partie du process », prévient son entraîneure Julie Barennes, rappelant l’exigence qu’impose le statut du club. Mariama se sent prête à l’assumer. « Je travaille depuis quelque temps avec un préparateur mental et ça me fait du bien. Le cerveau, c’est comme un muscle : il faut l’entraîner régulièrement. » Côté muscles plus classiques, la joueuse d’origine guinéenne est également affûtée. « Je sais que j’ai encore pas mal de boulot mais j’aime m’activer des deux côtés du terrain. »
Mariama, avec cette foulée si particulière, aurait-elle derrière elle un passé plus ou moins secret d’athlète pour sembler ainsi toujours prête à franchir une haie, ou survoler quelque bac à sable de saut en longueur ? Elle éclate de rire : « Ah non, pas du tout ! Je n’aimais pas du tout l’athlé à l’école. » N’empêche : du haut de son mètre 80, entre ses grands compas et ses bras tout aussi impressionnants lorsqu’ils sont déployés, la jeune ailière de 24 ans (depuis le mois d’août) possède des qualités physiques certaines.
Julie Barennes ne cache pas avoir été séduite par ce potentiel à polir au moment de songer à l’effectif 2026-2027. « Elle a des qualités naturelles qui sont intéressantes, confirme la technicienne. Offensivement, elle est capable de faire plein de choses. Défensivement, elle est aussi capable de beaucoup. Il y a des choses à greffer pour aller sur du haut niveau. Et puis, surtout, c’est une super jeune femme. » À l’écoute, prête à se remettre en question.
Parce que le truc de Mariama, c’est vraiment le basket, point. Ça aurait aussi pu être le football, qu’a pratiqué son père : chez les Daramy, la fratrie, composée de cinq frères et deux sœurs, est coupée en deux dans le choix du sport. La native de Laval corrige tout de suite : « Non, je n’ai jamais eu envie de faire du foot. J’hésitais avec le tennis. » C’est sa maman qui a un peu choisi pour elle au moment de l’inscrire. « Il y avait un club de basket à côté de la maison. C’était le plus simple. » Dans une famille nombreuse, le pragmatisme possède une place non négligeable. L’inspiration maternelle s’est révélée judicieuse.
« Au début, j’étais juste contente de jouer avec les copains. Je n’avais pas forcément confiance en moi mais des coachs ont eu confiance pour moi et m’ont aidée à avancer. » Même au moment d’intégrer le pôle espoirs de Nantes, Mariama peine à réaliser. Son ressenti est bien plus terre à terre : « Il a fallu laisser ma famille et ça n’a pas été facile. Quand on est nombreux, on passe beaucoup de temps ensemble, on s’entraide beaucoup les uns les autres. Je suis la troisième dans la fratrie et la fille aînée alors je suis un peu comme la deuxième maman. J’aime gâter, faire des cadeaux. »
Son plus grand plaisir ? « Rendre fiers mes parents. Je suis consciente de tout ce qu’ils ont donné et fait pour moi, de tous les sacrifices que cela représente d’avoir un enfant qui fait du sport. On s’appelle souvent. Même s’ils ne sont pas basketteurs, ce sont un peu comme des deuxièmes coachs. » Ils l’ont ainsi regardée faire ses premières armes à Angers (2015-2018), intégrer le pôle France 2017-2020), continuer son parcours à Rezé, en Ligue 2 (2020-2021) puis Aulnoye (2021-2024), avant de débarquer à Charnay, de l’autre côté de la France.