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« Je veux apporter quelque chose de différent » : le Bordelais Adam Siao Him Fa range son salto et lance sa route vers les JO 2030
Adam Siao Him Fa a mis « un peu de temps à reprendre » l’entraînement.

Huit mois après sa septième place aux JO de Milan-Cortina, le patineur français affiche la volonté d’explorer de nouveaux thèmes dans son programme avant d’entamer sa probable dernière olympiade

À l’aube d’un nouveau cycle olympique, le Bordelais Adam Siao Him Fa a choisi de laisser de côté son célèbre salto cette saison, tout en poursuivant un travail de fond sur son patinage en vue des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises. « J’ai quatre ans pour me préparer », dit-il dans un entretien à l’AFP.

Vous démarrez votre saison internationale samedi à Angers. Voyez-vous cette saison post-olympique comme le début d’un nouveau cycle ? Un nouveau départ en vue des JO 2030 en France ?

Totalement. J’ai quatre ans pour me préparer et j’essaie de prendre un peu plus de temps. Cette saison est vraiment une saison d’entraînement pour moi, pour essayer d’avoir une nouvelle approche sur la compétition, sur les entraînements, sur la façon d’aborder les choses. C’est beaucoup de travail, mais c’est un travail que je peux essayer de mettre en place maintenant, parce qu’au moment des Jeux, ce sera trop tard. Par exemple, actuellement, je suis en train de changer toute ma technique sur l’Axel. Ce n’est pas simple, parce que ça me demande beaucoup de temps, mais c’est du temps que j’ai.

Que s’est-il passé pour vous depuis la fin de la saison dernière ?

Beaucoup de choses. Depuis les Mondiaux, j’ai pris de vraies vacances. Je n’en avais pas pris depuis très longtemps, ça m’a fait beaucoup de bien. Mais je me suis blessé à l’intersaison [fissure à une cheville, NDLR]. J’ai mis un peu de temps à reprendre, et finalement c’était plutôt sympa de faire autre chose que simplement m’entraîner. J’ai eu le temps aussi de me préparer physiquement. Du coup, j’ai un peu déconnecté de la glace cet été. Ça m’a permis de m’entraîner différemment et aussi de travailler sur moi-même. On voit surtout la partie entraînement et compétition. Mais en réalité, il y a tellement plus de choses hors de la glace, la planification de la saison, la recherche de sponsors… J’ai pu prendre un peu de recul et faire autre chose. J’ai pu aussi travailler sur différents projets personnels, car mine de rien, j’arrive en fin de carrière et c’est important de préparer l’après. J’ai 25 ans, on est plus près de la fin que du début ! Il y a 75 à 80 % de chances que j’arrête après les JO 2030. Ça dépendra de plein de choses.

« Cette année, on ne verra pas le salto en compétition. Je considère que ce n’est pas ce qui me définit »

Cette saison, vous vous démarquez avec des programmes assez différents de vos habitudes. Comment les avez-vous élaborés ?

Le court, c’est un thème assez fun, assez dansant qui change de ce que j’ai pu faire. C’était l’idée de cette saison : explorer des thèmes vraiment nouveaux, où je peux vraiment m’exprimer et montrer que je prends du plaisir à patiner. Mon entraîneur Cédric Tour a proposé « Take Five » [célèbre standard de jazz de Dave Brubeck, NDLR]. Au départ, je ne voulais pas patiner dessus. Je me disais que j’en aurais marre d’entendre cette musique, et au final, on a fait plusieurs essais et ça a bien matché. Pour le libre, pendant des années, j’ai toujours eu des programmes qui montaient en puissance. Là, on voulait faire quelque chose de différent en prenant une musique très calme, qui apporte un peu de douceur et d’artistique.

Vous avez également décidé de ne pas inclure votre marque de fabrique, le salto, dans vos programmes. Pourquoi ce choix ?

Cela n’avait pas de sens de le mettre dans le programme. Ça n’allait pas avec la musique, avec le thème. Selon nous, ça n’avait pas d’intérêt de le mettre juste pour le mettre. Cela ne veut pas dire que je n’en ferai plus jamais, mais cette année, on ne le verra pas en compétition. Je considère que ce n’est pas ce qui me définit. J’essaye d’apporter quelque chose de nouveau, mais maintenant que c’est autorisé, de plus en plus de patineurs le font. Si tout le monde le fait, ce n’est pas non plus une bonne chose. J’essaye de me différencier et je veux apporter quelque chose de différent autrement qu’avec un backflip.

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