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Suite à un projet de rénovation des courts refusé, le comité directeur du club de tennis des Sables-d’Olonne démissionne
Gilles Brossard, président du Tennis club sablais, dans l'enceinte des courts couverts A et B.
Gilles Brossard, président du Tennis club sablais, dans l’enceinte des courts couverts A et B. ©Journal des Sables

C’est un mail qui n’est pas passé inaperçu auprès des adhérents du club de tennis des Sables-d’Olonne et qu’ils ont reçu il y a quelques jours. Dans celui-ci, les membres du comité directeur du Tennis club sablais annoncent qu’après une réunion qui s’est tenue le 8 octobre dernier, ils ont « décidé à l’unanimité de présenter leur démission qui sera effective à compter de la prochaine assemblée générale ordinaire » qui se tiendra au mois de décembre.

Quatre courts à rénover

Mais que s’est-il passé pour que les dix membres du comité en soient arrivés à prendre une telle décision ? Pour le comprendre, il faut remonter plusieurs mois en arrière lorsque le comité se lance dans un projet de rénovation des terrains couverts A et B et de remise à neuf des courts extérieurs en terre battue 3 et 4.

« Les terrains A et B datent de 1988. Ce sont des terrains que l’on doit rénover pour les mettre aux normes existantes », déclare Gilles Brossard, le président du TCS.

Quant aux deux courts extérieurs en terre battue, ils datent de 1969.

Normalement, on les refait à neuf tous les 40 ans. Nous avions donc un peu de retard…

Ce projet de rénovation a été travaillé avec la Fédération française de tennis (FFT) mais aussi avec le service des sports de la Ville des Sables-d’Olonne, propriétaire des infrastructures du club. « Nous avons tenu la mairie informée régulièrement », affirme le président du TCS.

Concernant les deux courts couverts A et B, plus qu’une simple rénovation, c’est un changement de surface qui est envisagé. Gilles Brossard explique : « La fédération nous a conseillé de les mettre en terre battue. Cela fait partie de leur politique, que les jeunes jouent sur terre battue. Elle veut passer la part du nombre de terrains en terre battue en France de 16 % actuellement à 60 % en 2030. Et donc la fédération n’aidera plus financièrement les clubs dans leurs travaux s’ils ne concernent pas des terrains en terre battue. »

Une décision inattendue pour le TCS

Budget prévisionnel de la réfection de ces quatre courts : 188 000 euros. Un projet auquel la FFT a alloué une aide de 51 000 euros. « Via son service des sports, la Ville avait accepté de participer financièrement à ces travaux à hauteur de 60 000 euros si le club était capable d’apporter les 77 000 euros restants sur ses fonds propres, ce qui est le cas », assure le président du TCS.

Le dossier semblait donc sur de bons rails.

Le service des sports nous avait même demandé qu’il soit prêt en septembre pour qu’il soit présenté en conseil municipal.

Cela n’a finalement pas été le cas. Et pour cause : « Nous avons été reçus par Monsieur Hecht (N.D.L.R. : adjoint au maire en charge des sports) qui nous a annoncé que la mairie ne souhaitait pas poursuivre le projet. »

La terre battue au cœur des divergences

La raison de cette volte-face de la part de la Ville ne serait pas financière selon le président du TCS, mais plutôt en lien avec la transformation des courts couverts en courts en terre battue.

La mairie et une part des adhérents (le club compte environ 480 licenciés) ne seraient pas favorables à la conversion en terre battue des deux courts couverts. « Pour le club, il est logique d’avoir quatre courts couverts en terre battue, assure le président. Ce projet est complètement cohérent avec l’activité du club. Nous accueillons tous les ans le critérium régional et, en plus, cette année, nous accueillerons la coupe de Vendée, justement en raison de nos terrains en terre battue. »

Robert Garrigues, le trésorier du club, ajoute : « Les touristes viennent au club pour ses terrains en terre battue. » Selon les deux dirigeants, le manque de terrains couverts en terre battue freinerait de niveau des compétitions pouvant être accueillies par le TCS, notamment en cas de pluie.

Je ne cherche pas entrer en conflit avec la mairie, je cherche à imaginer l’avenir du club pour les dix ans à venir. Nous avons beaucoup travaillé sur ce projet et, d’un coup, une décision tombe qu’on n’attendait pas du tout.

La démission du comité directeur sera effective en décembre. Reste à savoir si, d’ici l’assemblée générale, un nouveau comité pourra se former et se présenter pour prendre la suite et rebondir…

La Ville défend son choix

Si Gérard Hecht comprend la déception du comité directeur du TCS, il resitue les choses : « Concernant la réfection des courts A et B, la Ville a travaillé avec le club sur différentes options, dont la terre battue. Il s'agissait d'un travail de réflexion et d'études mais pas d'une validation. » Il reconnaît une divergence : « Le TCS dispose de seize courts dont neuf en terre battue. Si la Ville a refusé la conversion des terrains A et B en terre battue, c'est pour garder une diversité de surfaces et pour répondre aux attentes de beaucoup de licenciés. Cela ne nous a pas semblé opportun », explique l'adjoint aux sports. Selon lui, le club des Sables dispose déjà de plus de terrains en terre battue qu'ailleurs. Il ajoute : « Nous avons fait le choix de rénover ce qui existe déjà, c'est-à-dire les courts extérieurs en terre battue 3 et 4 et les courts en terre battue sous la bulle. » Gérard Hecht précise que « la Ville a investi plus de 950 000 euros pendant le dernier mandat : toiture des courts A et B, grillages des courts extérieurs, relamping, etc. Le TCS est un club auquel nous sommes très attachés. Il contribue pleinement au dynamisme sportif des Sables. Je souhaite aussi saluer l'engagement de Gilles Brossard et des membres du comité directeur. »

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