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Top 14 : "Tant que ça fonctionne, c’est qu’on est dans le vrai"… Depuis le début de saison, l’USAP fait le choix d’aligner une troisième ligne aérienne et mobile
Noé Della Schiava fait partie des joueurs les plus utilisés de l'effectif. MICHEL CLEMENTZ

C’était un souhait du staff de l’USAP : avoir des troisièmes lignes aériens, bons en touche. Depuis le début de saison, Laurent Labit et Mathieu Cidre alignent des troisièmes lignes plutôt mobiles pour démarrer, avant de terminer par du plus massif.

Dans le rugby actuel, on a plutôt l’habitude de voir des troisièmes lignes avec des profils assez massifs. Toulon, par exemple, joue avec deux numéros 8 (Zach Mercer et Lewis Ludlam). À l’USAP, depuis le début de saison, c’est plutôt une troisième ligne aérienne et mobile qui est privilégiée. Un choix qui correspond aux qualités de plusieurs joueurs de l’effectif, mais qui pose aussi la question de la puissance dans les phases de combat.

La grosse blessure de Joaquín Oviedo à la jambe et à la cheville, ainsi que le manque de rythme de Lachlan Swinton, ne facilitent pas la présence d’un numéro 8 puissant dans le XV de départ. Laurent Labit et Mathieu Cidre se sont donc tournés vers Mattéo Le Corvec pour évoluer au poste de troisième ligne centre. Ce n’est pas son poste de prédilection, mais le capitaine est toujours volontaire pour répondre aux besoins du collectif. "Le fait de faire tourner les joueurs sur des postes qui ne sont pas les leurs, ce n’est pas ma tasse de thé. Mais en même temps, je me dis que ça peut être utile", avoue Gérard Majoral, ancien troisième ligne de l’USAP entre 1987 et 1999.

Le staff fait également beaucoup confiance à Noé Della Schiava, désigné capitaine de touche. Troisième joueur le plus utilisé de l’effectif avec 430 minutes disputées, le Gardois est précieux avec son numéro 6 dans le dos. Il a participé à toutes les rencontres de Top 14 depuis le début de la saison. Un retour au premier plan d’autant plus remarquable qu’il avait passé plus de dix mois sans jouer après sa rupture des ligaments croisés en octobre 2025. Cette régularité témoigne de sa force de caractère, mais aussi de la confiance que lui accorde le staff catalan.

Enfin, José Madeira, deuxième joueur le plus utilisé avec 501 minutes, alterne entre la deuxième et la troisième ligne. Lorsque le Portugais descend en flanker, il apporte une grosse activité sur le terrain et dans les couloirs. Il fait aujourd’hui partie des joueurs cochés en premier sur la feuille de match. Mais tous ces profils ne possèdent pas forcément la même capacité à porter le ballon que Joaquín Oviedo. "Une troisième ligne qui n’est pas très puissante peut compenser par autre chose. Par exemple, dans l’agressivité, à beaucoup plaquer", analyse Majoral. L’USAP mise donc davantage sur la mobilité, l’activité défensive et la capacité de ses joueurs à se déplacer pour compenser un déficit de puissance.

Peceli Yato doit-il être cantonné à un rôle de finisseur ?

Car c’est bien là que se situe l’une des interrogations autour du pack catalan : l’USAP manque-t-elle de puissance, notamment en début de rencontre ? Le staff aime densifier son banc pour pouvoir faire évoluer le rapport de force au fil du match. L’excellent Peceli Yato a ainsi été remplaçant à six reprises sur les sept premiers matches et ne passe que 29 minutes en moyenne sur la pelouse. Un temps de jeu qui lui suffit pour faire des dégâts, tant son impact physique peut peser sur les défenses adverses. Mais cette utilisation soulève aussi une question : ne pourrait-il pas apporter davantage en restant plus longtemps sur le terrain ? "Pour le moment, on commence avec du léger et on fait entrer du lourd après. C’est confortable d’avoir autant d’options selon l’adversaire. Mais, tant que ça fonctionne, c’est qu’on est dans le vrai", martèle "Majo".

D’autant plus que Laurent Labit et Mathieu Cidre peuvent désormais compter sur Posolo Tuilagi en sortie de banc. Le retour du deuxième ligne apporte une solution supplémentaire pour renforcer le pack et donner davantage de poids au jeu catalan dans les moments importants. Il est vrai que la possibilité de faire entrer Yato avant l’heure de jeu, lorsque le match est mal embarqué, reste tentante. La rencontre face à Vannes, il y a trois semaines (21-12), en a notamment illustré l’intérêt. Le Fidjien a parfois été utilisé en 8, mais c’est plutôt au poste de numéro 4 que le staff aime l’aligner. La preuve, encore, à Toulouse : il a formé l’attelage avec Tuilagi en seconde période, tandis que Bastien Chinarro glissait en 6 et Jules Coulon en 8. Ce dernier, qui va affronter son ancien club samedi (21 h), a d’ailleurs une carte à jouer après sa bonne entrée à Ernest-Wallon. Sa capacité à évoluer à tous les postes de la troisième ligne, associée à ses qualités en touche, constitue un atout supplémentaire dans les choix du staff.

Lucas Velarte, titulaire contre Vannes, ne doit pas non plus être écarté de la course à une place dans l’équipe qui affrontera Toulon ce week-end. Avec le retour en bonne forme de Bastien Chinarro, le bon match de Mathieu Tanguy à Toulouse et la polyvalence de José Madeira ou encore de Jacobus van Tonder, les possibilités ne manquent pas. Le staff catalan aura de sacrés choix à faire cette semaine !

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