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On parle souvent de mercato en termes de chiffres, de clauses et de rapports de force. L’histoire que rapporte L’Équipe sur Bamo Méïté rappelle que, parfois, tout se joue ailleurs. Utilisé par Bruno Genesio face à l’Olympiakos (0-1), le défenseur de 24 ans a retrouvé du temps de jeu, mais son été a été d’une tout autre nature. La course-poursuite dont il avait été victime à Marseille en 2024 l’a poussé à quitter son domicile avec sa compagne et leur bébé pour se réfugier à Paris, auprès des siens. Difficile, après une telle expérience, de refaire simplement ses valises pour la Canebière.
Selon le quotidien, le joueur s’est réellement demandé s’il pouvait revenir. Le Stade Rennais s’était renseigné, et la porte de sortie existait. Mais Mehdi Benatia a fixé le prix à 30 millions d’euros, une somme que Rennes n’a pas souhaité mettre sur la table. Le montant a de quoi surprendre pour un joueur qui n’avait pas encore reconquis une place solide dans la rotation. Il dit surtout que l’OM n’entendait pas brader un élément sous contrat, quel que soit son état d’esprit.
Le directeur sportif a toutefois joué la carte de l’accompagnement, en promettant à Méïté la possibilité de consulter un psychologue si le besoin s’en faisait sentir. Le geste est loin d’être anodin dans un milieu qui a longtemps traité ces questions avec pudeur, ou avec gêne. Il n’a pourtant pas suffi à dissiper la méfiance : le joueur serait resté sur ses gardes à son retour. Un club peut verrouiller un dossier sur le plan financier, mais pas décréter la confiance.
Reste la dimension sportive, qui reprend ses droits. En l’envoyant au front contre l’Olympiakos, Genesio lui offre une fenêtre, mais pas un statut, tant la concurrence est dense dans l’axe. Le dossier rennais appartient désormais au passé. Le vrai chantier, pour Méïté comme pour l’OM, est de lui redonner un cadre où il puisse jouer l’esprit libre, car c’est là que se gagnera la suite de son histoire marseillaise.