Retour
C’est une première dont l’OM se serait bien passé. L’été dernier, le club phocéen n’a recruté aucun joueur, un cas inédit pour un club sans sanction administrative en cours, souligne Foot Marseillais. Et pour janvier, rien n’est encore acquis : le directeur sportif Grégory Lorenzi a révélé qu’une audition devant la DNCG aura lieu en décembre. Sans feu vert, aucune recrue ne pourra arriver cet hiver.
Pour comprendre l’impasse, il faut regarder les chiffres. L’OM s’est engagé à vendre pour environ 150 millions d’euros de joueurs d’ici juin 2027. La moitié seulement a été réalisée. Il reste donc quelque 75 millions à trouver, selon OM Mercato. Un gouffre.
La masse salariale a empêché toute arrivée cet été, et plusieurs pistes, comme Yann Gboho ou Cristian Cásseres, ont été abandonnées faute de marge. Le club aurait eu besoin de quatre départs supplémentaires pour débloquer un budget.
Pourtant, le recrutement ne s’est pas totalement arrêté. Selon le journaliste Matteo Moretto, l’OM s’intéresserait à Tosin Adarabioyo, défenseur central de Chelsea. Des premiers contacts auraient aussi été évoqués pour Elia Caprile, gardien de Cagliari valorisé autour de 15 millions d’euros et sous contrat jusqu’en 2029.
Deux postes ciblés, donc : l’axe de la défense et les cages. Mais aucune offre n’a été transmise, et pour cause : tant que la DNCG ne s’est pas prononcée, Lorenzi a les mains liées.
Sur le terrain, la pression monte. Battu lourdement par Besiktas (4-1) pour son entrée en Ligue Europa, l’OM s’est rassuré à Troyes (0-2) avant de recevoir l’Olympiakos ce jeudi. Mais l’effectif, privé de renforts, reste fragile, et la moindre blessure peut tout dérégler.
Bruno Genesio le sait : sans arrivées en janvier, il devra faire avec ce qu’il a jusqu’en juin. Ou plutôt, avec ce qu’il restera après d’éventuelles ventes forcées.
Au fond, le mercato de l’OM ne s’ouvrira pas le 1er janvier. Il se jouera dans le bureau de la DNCG, quelques semaines plus tôt. Un feu vert, et Lorenzi pourra enfin activer ses pistes. Un feu rouge, et l’hiver sera exclusivement consacré aux départs.
Pour un club habitué à animer chaque fenêtre de transferts, le contraste est saisissant. Le temps des coups d’éclat semble loin. Les dés ne sont pas encore jetés, mais à Marseille, on a appris à compter avant de rêver.