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TÉMOIGNAGES. Menacé de fermeture, l'hippodrome de Laloubère organise peut-être ses dernières courses ce dimanche : "Ici, c'est mieux qu'à la télé"
Il y avait foule ce dimanche pour la journée des Ministères dont la première remonte en 1900. Manon Adoue

l'essentiel Journée de courses ce dimanche à l'hippodrome de Laloubère malgré les incertitudes qui pèsent sur le site. La société France Galop pourrait bien décider de supprimer les courses, ce lundi. En attendant la décision, le public s'est déplacé en masse pour soutenir l'activité. Patrick Davezac, le président de la Société tarbaise, est optimiste pour la suite. On vous explique.

C'est peut-être la dernière course. Ce dimanche, il y a foule à l'hippodrome de Laloubère dans une ambiance festive malgré les craintes. La journée des arabos-andalous réunit les aficionados, mais l'incertitude du site sur son avenir réunit également des soutiens pas forcément familiers des pistes. Le 10 septembre dernier, la société France Galop qui organise les courses nationales a annoncé que 31 hippodromes de l'Hexagone étaient en sursis suite à une politique de réduction des coûts. Parmi les structures menacées : celle de Tarbes, pourtant l'un des plus anciens champs de course français. Une décision " stupide ", aux yeux de Daniel Faille qui a fait le déplacement depuis Mirande en soutien.

Bruno et Françoise font découvrir à leurs petits-enfants, Jean et Soline, l'hippodrome de Laloubère.
Bruno et Françoise font découvrir à leurs petits-enfants, Jean et Soline, l'hippodrome de Laloubère. Manon Adoue

" Je joue deux euros par course, autant dire que je ne suis pas un joueur invétéré. En fait, c'est plutôt un geste en appui, ma façon d'aider l'hippodrome qui est un site exceptionnel ", explique celui qui tient un centre équestre dans le Gers et qui prépare et vend des chevaux de sport. " En élevage équestre, toutes les bonnes souches sont issues du milieu des courses. On a tout intérêt à préserver ce site ", ajoute-t-il. Comme lui, ils étaient 450 à avoir fait le déplacement en début d'après-midi pour assister aux courses du jour. Six sessions comme celles-ci sont organisées par an. Mais à partir de ce lundi, elles pourraient bien être réduites à néant si France Galop décide de fermer sa vitrine tarbaise.

Le bon espoir de la Société tarbaise

" Ce serait une honte ", lance Jean, 75 ans, de Trie-sur-Baïse. Lui a pris l'habitude, depuis " X temps " de rejoindre son ami Hervé de Pau, sur les terrains hippiques. Au-delà des courses, l'hippodrome est un espace de rencontres. " La convivialité me manquerait si je ne venais plus assister aux courses. C'est un repère, un lieu où je trouve du lien social ", confie-t-il. Le retraité a pour coutume de jouer en " simple placé ". C'est-à-dire de miser sur les trois premiers chevaux arrivés. Autant dire une mise facile et un petit butin, dans le jargon hippique. " Je suis prudent, c'est seulement pour m'amuser et passer du bon temps ", explique-t-il, yeux rivés sur le programme avec son lot de points et de cotes. En ouverture, il a parié sur Entre Rosetnora, le favori.

Jean de Trie-sur-Baïse et Hervé de Pau ont l'habitude de se rejoindre pour les courses hippiques.
Jean de Trie-sur-Baïse et Hervé de Pau ont l'habitude de se rejoindre pour les courses hippiques. Manon Adoue

Françoise et Bruno, eux, n'iront pas parier. Ils font découvrir pour la première fois l'univers des courses hippiques à leurs petits-enfants de 7 et 10 ans. Une sortie en famille accessible : l'entrée est gratuite. " On a des chevaux à la maison. Mais les voir ici, courir, c'est impressionnant. En tout cas, c'est mieux qu'à la télé. Et puis en ce moment, les activités gratuites, ça ne court pas les rues ", se réjouit la famille de Tournay. Le destin du site sera scellé ce lundi lors d'une réunion de l'entité France Galop. Patrick Davezac, le président de la société, est plutôt optimiste. " Depuis l'onde de choc de la nouvelle, nous nous sommes battus avec un appui sans commune mesure des professionnels et des collectivités. La décision sera donnée ce lundi mais d'ores et déjà, la tendance semble plutôt favorable pour nous. Nous avons une note d'espoir ", exprime-t-il. Plusieurs élus avaient notamment fait le déplacement. Histoire que les courses de plat ne tombent pas à plat.

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