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l'essentiel France Galop a annoncé le 19 octobre une réforme des courses hippiques, impactant notamment l'hippodrome d'Agen-La Garenne. Dès 2027, 27 hippodromes cesseront leurs activités de galop, dont cinq réunions à Agen. Jean-Philippe Semeillon, président de l'hippodrome, critique une décision incohérente et craint une perte de parieurs.
France Galop a quasiment créé un séisme dans le monde hippique en annonçant, lors de son conseil d’administration du 19 octobre, une refonte des dispositifs de courses. Sont concernés plusieurs sites régionaux, comme Auch dans le Gers ou Montauban dans le Tarn-et-Garonne. Mais le coup est particulièrement dur pour l’hippodrome d’Agen-La Garenne.
« France Galop a présenté un projet de réforme de la cartographie des hippodromes au galop, de façon assez brutale, sans concertation préalable, et surtout sans étude d’impact sur les hippodromes et les territoires », relate l’équipe du site agenais.
Les responsables pointent un projet « totalement incohérent », entraînant l’arrêt de l’activité du galop sur 27 hippodromes au total, dès 2027, avec pour conséquence la fermeture de plusieurs champs de courses. Tous les ans, Agen-La Garenne organise 25 réunions de course. Avec la réforme, cinq de ces réunions disparaîtront, soit 35 courses.
« Nos infrastructures sont plus que correctes, nous avons un restaurant, de très bons vestiaires, et nous ne méritons pas de ne plus voir de courses ! » proteste Jean-Philippe Semeillon, président de l’hippodrome d’Agen.
Il pointe les atouts du champ de courses, dont sa position centrale dans le sud-ouest. « Pile à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse, les déplacements des chevaux sont parfaits, notre piste peut être irriguée, et ce n’est pas le cas de toutes les pistes. Nos parcours de cross sont très pédagogiques. Pas forcément très grands, mais idéaux pour faire débuter les chevaux. »
Par ailleurs, l’un des grands points forts du site, sur lequel compte l’équipe pour maintenir la tête hors de l’eau, c’est sa forte activité nationale dans les courses de trot.
« C’est regrettable pour notre hippodrome, mais ça ne remet pas en cause notre pérennité », tient toutefois à tempérer Jean-Philippe Semeillon. « On va s’en sortir. Certes, on observe un déficit sur les paris hippiques depuis des années. Mais il faut garder à l’esprit que ce sont les hippodromes qui permettent de recruter les parieurs, en plus des futurs cavaliers professionnels ! Si on commence à fermer des hippodromes, on va perdre encore plus de parieurs. »
Des fermetures censées créer des économies pour les organisations hippiques. « Économies dérisoires », rétorque Jean-Philippe Semeillon. « Au regard d’un budget national d’environ 400 millions d’euros, c’est ridicule. Pour les hippodromes, ce ne sera qu’une perte de revenus. »
Le président dénonce un projet faisant l’unanimité contre lui, et estime essentiel de continuer à s’opposer contre lui, ou « a minima demander son report », jusqu’aux prochaines élections du conseil d’administration de France Galop, à venir au second semestre 2027.
Du point de vue de France Galop, le nouveau dispositif vise à rendre les courses «plus lisibles, attractives et pérennes». Le conseil d’administration défend sa décision comme «l’aboutissement d’un important travail de réflexion» mené au cours des dernières semaines. Ils considèrent remplir les objectifs fixés d’une carte des courses plus fluide pour les professionnels, les parieurs et le grand public. Ils mettent aussi en avant une meilleure cohérence territoriale de l’offre de courses, ainsi qu’une optimisation «nécessaire dans le contexte actuel des investissements et des moyens de fonctionnement». Selon eux, la nouvelle carte, plus robuste, offrirait une vision à long terme pour assurer l’avenir des courses de galop. Une manière de préparer les esprits? Nombreux sont ceux qui jugent le modèle actuel du PMU désuet...
Le galop est la première catégorie touchée par cette réforme, mais le trot pourrait se retrouver impacté à son tour d’ici deux ans. A l’instar d’Agen, l’hippodrome de Montauban, par exemple doit cesser son activité galop.
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