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« Tout est allé très vite. L’Imoca, c’était mon objectif, mon rêve même. Et aujourd’hui, je vais partir sur le Rhum, en solo, avec un super bateau ».
Élodie Bonafous, première Française à monter sur le podium d’une étape de La Solitaire du Figaro, nourrie depuis l’enfance par les exploits d’Ellen MacArthur, candidate au Vendée Globe 2028, s’apprête à prendre le large direction la Guadeloupe pour sa première Route du Rhum.
À bord de l’Imoca Association Petits Princes – Queguiner, après sa 4e place derrière Violette Dorange sur la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne en juin dernier, « où je me suis sentie bien, sereine, confiante, où j’ai pris énormément de plaisir » – la Lanmeurienne se dit prête pour la plus légendaire des transats. « Je suis là où j’espérais être ».
Marc Boizard, aujourd’hui maire de Saint-Jean-du-Doigt, directeur de l’école de voile de Locquirec à cette époque, se souvient parfaitement des premiers bords de la petite Élodie en Optimist :
Elle avait 7 ou 8 ans. La première fois où elle est arrivée, c’était un jour de très gros mauvais temps. Je me suis dit : elle ne va jamais tenir le route la pauvre gamine. Mais elle a croché dedans tout de suite. C’était comme inné chez elle. Une révélation !
Ensuite, en tant qu’entraîneur, il a suivi son parcours en compétition. Au niveau départemental, puis régional, national… « Elle n’a jamais réalisé de grands exploits, à l’instar de la majorité de ceux qui se révèlent très tôt. Mais comme eux, elle a gardé un niveau constant, moyen supérieur, avec cette foi qui les anime dans tout ce qu’ils font après ».
Et celui qui a vu passer des gamins qui plus tard ont fait le Rhum ou le Vendée Globe, de préciser, humblement :
Nous, à l’école de voile, on est juste là pour leur mettre le pied à l’étrier. Ensuite ils tracent leur chemin.
Si Marc Boizard confesse avoir décroché du monde de la compétition, notamment pour exercer son mandat à plein temps, il gardera un œil sur l’écran le temps de la Route du Rhum, surtout pour la fille du pays : « On va la suivre à la culotte », assure-t-il en rigolant.
Marc Bramton, fondateur de Borde ta Voile, une école de voile habitable qui a pour mouillage le port de Locquirec, garde lui aussi un excellent souvenir de celle qui fut sa monitrice à l’école de voile de cette même commune, là où elle a découvert petite la navigation sur le bateau de ses parents.
C’est Élodie qui m’a donné envie d’intégrer la filière voile compétition.
Il parle d’une professionnelle « très autonome, avec un niveau d’enseignement et d’apprentissage à la pointe. Elle a su aussi s’entourer de moniteurs compétents, expérimentés, pour faire une école de voile très performante. »
Et sur l’aspect humain, le marin n’est pas en reste :
C’est quelqu’un de très abordable, très humble, et en même temps bienveillante, souriante, solaire.
Et ce n’est pas l’équipe des Petits Princes qui dira le contraire. L’association, qui a pour mission de réaliser les rêves des enfants et adolescents gravement malades, voit ses valeurs de solidarité, de courage et de partage portées haut par la navigatrice bretonne.
Elle apporte aux enfants sa force, son énergie, son courage. Elle leur permet, en la suivant, de s’évader de la chambre d’hôpital.
À l’instar du petit Augustin, presque 12 ans, qui à Saint-Malo a pu monter jeudi 29 octobre 2026 à bord de l’Imoca pour une petite visite privilégiée.
Autant d’encouragements de la part de ces enfants qui s’ajouteront à ceux des petits Trégorrois, notamment de l’école de voile de ses débuts, en baie de Morlaix…