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L’arrivée du club bordelais, grandissime favori avec une équipe constituée de professionnels, est accueillie avec fatalisme par leurs probables concurrents. Qui ne s’avouent pas vaincus par avance
Il y a la partie organisationnelle, qui crée des nœuds au ventre à la plupart des présidents. Et puis il y a le sportif. L’arrivée des Girondins dans la poule B de Régional 1, avec leur entrée en lice vendredi à Bayonne pour la cinquième journée, n’est évidemment pas passée inaperçue. « Les joueurs en parlaient entre eux ces dernières semaines car beaucoup sont des supporters ou sont Bordelais. Moi, j’ai évité de le faire, car même s’ils arrivent évidemment avec...
Il y a la partie organisationnelle, qui crée des nœuds au ventre à la plupart des présidents. Et puis il y a le sportif. L’arrivée des Girondins dans la poule B de Régional 1, avec leur entrée en lice vendredi à Bayonne pour la cinquième journée, n’est évidemment pas passée inaperçue. « Les joueurs en parlaient entre eux ces dernières semaines car beaucoup sont des supporters ou sont Bordelais. Moi, j’ai évité de le faire, car même s’ils arrivent évidemment avec un budget énorme pour le niveau, c’est juste une équipe en plus parmi les autres » veut relativiser Archi Fataki, l’entraîneur de Saint-Paul-lès-Dax.
Actuel leader avec 10 points en quatre matchs (trois victoires et un nul), le club landais, redescendu de National en 2024 et 3e la saison dernière, fait partie des grands favoris pour la place de montée. Le SA Mérignac, passé près lors des deux dernières saisons (5e et 2e) et vainqueur de ses trois premières journées, ou l’ASMUR, 2e en juin et au ralenti sur cette entame (9e), aussi. Les concernés annoncent aussi une possible « surprise » - Marmande, les Croisés de Bayonne ou Saint-Médard-en-Jalles sont cités - mais le numéro un des bookmakers est désormais les Girondins, avec un effectif qui sera constitué d’une douzaine d’éléments ayant connu un niveau professionnel.
« C’est forcément un peu spécial : on a commencé une saison et tout d’un coup en octobre, l’équation n’est plus la même. On n’envie pas leur situation mais ça pose la question de l’équité avec une équipe qui a pu se constituer après tout le monde, avec des moyens et des structures de la N2 (devenue N1, NDLR), dit l’entraîneur mérignacais Clément Tapy. Nous, nous travaillons sur un cycle débuté il y a deux ans dont cette troisième saison doit être l’apothéose. Là, ça change la donne. Heureusement, ça reste une ambition raisonnée : chez nous, il n’y a pas d’argent (1), la montée n’est pas vitale pour le club. C’est un défi sportif pour récompenser le travail fait par le club depuis plusieurs années. »
Le technicien du SAM, à la tête d’une formation avec deux ex-pros (Salif Sané et Baïdy Dia), des expérimentés du niveau et des jeunes qui ont fait sensation avec deux 32es de finale de Coupe de France consécutifs, ne baisse pas pour autant les armes. « J’ai l’habitude de dire aux joueurs de se concentrer sur ce qu’on maîtrise. Là, c’est pareil. Si on affronte les Girondins alors qu’on est 5e, de toutes façons, on n’aura pas fait le travail. S’ils sont intouchables et qu’on finit 2e, on aura réussi la saison. Athlétiquement et techniquement, ils seront au-dessus. Mais c’était pareil lors de leurs deux saisons de N2. Ils vont avoir à gérer la pression sur chaque match et on ne sait pas comment ils vont réagir. Le Régional 1, c’est très, très dur. On l’a vu, nous, à Boulazac, qui ne joue pas la montée, mais où ça s’est joué à très peu de choses (1-2).”
Archi Fakati, qui peut s’appuyer à Saint-Paul sur des joueurs qui ont connu le niveau N1 (Florian Ducasse à Bayonne, Thomas Daguerre à Trélissac) ou sur un ex-espoir du centre de formation des Girondins (Rudy Orea), confirme. « On ne sait pas comment la mayonnaise va prendre. Ils doivent s’attendre à ce que ça soit difficile, notamment à l’extérieur », pointe celui qui, à 37 ans, a terminé meilleur buteur de la poule la saison dernière avant de passer coach principal cet été. Après 15 ans à évoluer dans les niveaux nationaux en France et à l’étranger, lui-même a expérimenté ce que les joueurs des Girondins vont découvrir cette saison. « Ce n’est pas évident quand on arrive des niveaux au-dessus car c’est un football différent, une lecture du jeu différente, une intensité différente, des coéquipiers différents. Il m’avait fallu quelques matchs pour m’adapter, ma première a été moyenne. La deuxième, j’avais appréhendé le niveau. » Les Girondins sont prévenus.