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Interview - "Genesio sait comment aborder ce type de rendez-vous et...", ce spécialiste grec décortique l'Olympiakos avant l'OM (exclu MadeIn)

Retrouvez notre interview exclusive de Vassilis Konstantopoulos, journaliste spécialisé dans le football grec et notamment dans l’actualité de l’Olympiakos, l’adversaire de l’OM ce jeudi en Ligue Europa.

Ligue Europa - Phase de groupe

À l’occasion de la deuxième journée de la phase de ligue de la Ligue Europa, l’OM recevra l’Olympiakos au Vélodrome. Les Marseillais espèrent enchaîner un deuxième succès consécutif toutes compétitions confondues, trois jours après leur victoire face à l’ESTAC Troyes en Ligue 1. Pour mieux connaître leur adversaire grec, Vassilis Konstantopoulos, journaliste, nous présente dans une interview accordée à MadeInFOOT.com, l’Olympiakos et décrypte son début de saison, les forces et les faiblesses de son effectif, le travail de son entraîneur Imanol Alguacil ainsi que les principaux joueurs internationaux du club, parmi lesquels Remo Freuler et Lorenzo Pirola.

MadeinFOOT : Éliminé par le NEC Nimègue lors des tours préliminaires de la Ligue des champions, alors qu’il occupe actuellement la troisième place du championnat grec, comment évalueriez-vous le début de saison du club ?

Vassilis Konstantopoulos : le début de la saison a été difficile et plutôt décevant, notamment au regard des attentes autour de l’Olympiakos. L’élimination contre le NEC Nimègue lors des tours préliminaires de la Ligue des champions a constitué un véritable coup dur. Le club avait beaucoup investi dans son effectif et espérait rivaliser avec les meilleures équipes européennes. La situation en championnat grec a également été compliquée. L’Olympiakos a perdu des points et n’a pas toujours affiché le niveau attendu. Cela a finalement conduit à un changement d’entraîneur, avec l’arrivée d’Imanol Alguacil à la place de José Luis Mendilibar en septembre.

Cependant, la récente victoire 1-0 contre le Panathinaïkos a été extrêmement importante. L’Olympiakos a remporté le plus grand derby du football grec malgré une infériorité numérique pendant près d’une demi-heure. Ce résultat a permis à l’équipe de retrouver de la confiance et de se relancer dans la course au titre. 

"L’Olympiakos possède un effectif très solide..."

L’Olympiakos compte plusieurs joueurs de renommée internationale, comme Remo Freuler, Lorenzo Pirola et Leon Bailey, ainsi que Mouandilmadji, qui s’est illustré en Turquie. Quel regard portez-vous sur cet effectif ? Quelles sont ses principales forces et ses éventuelles faiblesses ?

Sur le papier, l’Olympiakos possède un effectif très solide, certainement l’un des plus chers et des plus expérimentés du football grec. Je pense que l’une des principales forces de l’équipe se situe au milieu de terrain. Remo Freuler apporte son expérience, son intelligence de jeu et son équilibre, tandis que Gustavo Puerta offre de l’énergie, de l’impact physique et une grande capacité à couvrir le terrain. Le Colombien a été particulièrement impressionnant contre le Panathinaïkos, notamment si l’on tient compte de son retour de sélection et de son long voyage transatlantique peu avant la rencontre.

Sur le plan défensif, je mettrais en avant l’association entre Panagiotis Retsos et Lorenzo Pirola. Retsos est le capitaine et s’est imposé comme un véritable leader, tandis que Pirola se montre extrêmement fiable. La principale inquiétude concerne la régularité de l’équipe. L’Olympiakos possède de la qualité, mais cherche encore à développer une identité de jeu claire sous les ordres de son nouvel entraîneur.

"Marseille est un club très respecté en Grèce..."

Après avoir passé sept ans à la tête de la Real Sociedad, Imanol Alguacil a pris les commandes de l’Olympiakos. Comment jugez-vous ses débuts en Grèce ? A-t-il déjà réussi à mettre en place sa philosophie de jeu et à imprimer sa marque sur l’équipe ?

Nous pouvons déjà observer certains éléments de sa philosophie. Il souhaite que son équipe se montre agressive sans le ballon, exerce un pressing haut et réagisse immédiatement après une perte de balle. Ces principes ne sont pas totalement nouveaux pour l’Olympiakos, puisque Mendilibar exigeait lui aussi de l’intensité et du pressing. Alguacil essaie néanmoins d'apporter ses propres idées, notamment dans l'utilisation du ballon et l'organisation collective. Je pense que la victoire contre le Panathinaïkos a été particulièrement importante pour lui. Il a pris des décisions intéressantes, notamment en titularisant Gustavo Puerta malgré le long voyage de retour de sélection du joueur. Ce choix s'est révélé payant, et l’Olympiakos a fait preuve de caractère et de discipline après son passage à dix. Bien évidemment, une seule victoire ne signifie pas que tout est parfait ni que l’Olympiakos a déjà pleinement adopté sa philosophie de jeu. Le travail est encore en cours.

Comment l’Olympique de Marseille est-il perçu en Grèce, notamment par les supporters de l’Olympiakos ? 

Marseille est un club très respecté en Grèce. Il possède une grande histoire, des supporters passionnés et un stade célèbre dans toute l’Europe. Les amateurs de football grecs connaissent très bien l’OM, et les supporters de l’Olympiakos comprennent l’importance d’affronter un club doté d’une identité aussi forte.

"Le Vélodrome est un stade particulier..."

Il existe des liens forts entre le Commando Ultra 84, un groupe de supporters marseillais, et les supporters de l’AEK Athènes, l’un des rivaux historiques de l’Olympiakos. Cela rend-il le match contre Marseille particulièrement spécial pour l’Olympiakos ?

Bien sûr, l’amitié entre le Commando Ultra 84 et les supporters de l’AEK Athènes apporte une dimension intéressante à cette rencontre. L’AEK est l’un des principaux rivaux nationaux de l’Olympiakos, et cette relation est donc forcément connue des supporters. Cependant, je ne pense pas qu’il faille exagérer son importance. Pour l’Olympiakos, il s’agit avant tout d’un grand rendez-vous européen face à un club français historique. Les liens entre supporters ajoutent de l’émotion et une dimension particulière à l’événement, mais l’essentiel restera le football et le résultat.

L’Olympiakos va découvrir l’atmosphère du Vélodrome, considéré comme l’un des stades les plus intimidants d’Europe. Comment les joueurs abordent-ils ce type de déplacement ? Sont-ils habitués à évoluer dans des stades où le public crée une ambiance aussi intense ?

L’Olympiakos dispute ses matchs à domicile au stade Karaiskakis, qui peut lui aussi être l’un des stades les plus bouillants d’Europe, notamment lors des grands derbies et des soirées européennes. Le récent match contre le Panathinaïkos en est un parfait exemple. L’ambiance était incroyable et les joueurs ont dû gérer une pression énorme, particulièrement après le carton rouge.

L’Olympiakos possède également une expérience européenne considérable, tandis que plusieurs joueurs de l’effectif actuel ont évolué au plus haut niveau international. Je ne pense donc pas qu’ils seront intimidés par l’atmosphère. Bien sûr, le Vélodrome est un stade particulier. Les supporters marseillais créent une ambiance exceptionnelle, et l’équipe locale peut devenir très dangereuse lorsque le public la pousse. Pour l’Olympiakos, la clé sera de rester calme, notamment en début de rencontre, et d’éviter de donner à Marseille l’occasion de prendre confiance et de faire monter la pression.

"Je pense que son expérience (Genesio ndlr) constitue un avantage important pour Marseille..."

Sur le papier, l’effectif marseillais est nettement moins fort que la saison dernière, même si le club compte toujours quelques joueurs de niveau international, comme Amine Gouiri, Nayef Aguerd et Timothy Weah. Quel regard portez-vous sur l’équipe actuelle de Marseille ?

Je pense que Marseille traverse une période de transition. Le club ne possède peut-être plus la même qualité globale ni la même profondeur d’effectif que la saison dernière, mais il compte toujours des joueurs capables de faire la différence au niveau européen. Amine Gouiri est un attaquant très dangereux, tandis que Timothy Weah apporte de la vitesse et de l'énergie. Nayef Aguerd apporte également de l'expérience et de la qualité à la défense marseillaise.

Du point de vue de l’Olympiakos, Marseille reste un adversaire très difficile, particulièrement au Vélodrome. La qualité individuelle peut faire la différence dans les matchs européens, même lorsqu'une équipe n'évolue pas à son meilleur niveau. Dans le même temps, je pense que l’Olympiakos peut trouver des opportunités s’il reste bien organisé et parvient à exploiter les espaces que Marseille pourrait laisser en attaquant. Je m’attends à une rencontre très disputée.

Bruno Genesio est réputé pour sa capacité à battre certaines des plus grandes équipes européennes. Que pensez-vous du travail qu’il réalise à Marseille ? Son expérience et sa manière de préparer les grandes échéances européennes peuvent-elles représenter une menace pour l’Olympiakos ?

Genesio est un entraîneur très expérimenté qui connaît parfaitement le football français. Il a également montré par le passé qu’il était capable de préparer efficacement ses équipes pour les grands matchs européens. Je pense que son expérience constitue un avantage important pour Marseille. Il sait comment aborder ce type de rendez-vous et comprend qu’un match européen ne repose pas uniquement sur la qualité individuelle, mais aussi sur la discipline tactique et la gestion des différents temps de jeu.

Pour l’Olympiakos, cela signifie qu’il faudra se préparer à un affrontement tactique exigeant. Alguacil et Genesio sont deux entraîneurs qui accordent beaucoup d’importance à l’organisation et au pressing. Je m’attends donc à ce que la bataille du milieu de terrain soit particulièrement importante.

"Je ne qualifierais pas l’Olympiakos de grand favori..."

Marseille sera privé de Pierre-Emile Højbjerg, de Derek Cornelius et potentiellement d’autres joueurs. Cela fait-il de l’Olympiakos le grand favori de cette rencontre, notamment après sa victoire contre le Panathinaïkos malgré son infériorité numérique ?

Non, je ne qualifierais pas l’Olympiakos de grand favori. Marseille joue à domicile, au Vélodrome, et cela représente toujours un avantage majeur. Bien sûr, l’absence de joueurs importants comme Højbjerg et Cornelius pourrait avoir des conséquences pour Marseille, et l’Olympiakos cherchera certainement à en profiter. La victoire contre le Panathinaïkos a donné un important regain de confiance à l’équipe grecque. Mais les rencontres européennes sont différentes. L’Olympiakos doit rester réaliste. Je pense qu’il possède la qualité nécessaire pour rivaliser avec Marseille et obtenir un résultat positif, mais l’OM reste un adversaire dangereux, surtout à domicile.

Enfin, pouvez-vous nous donner des nouvelles de l’état physique de l’effectif ? Y a-t-il des joueurs blessés, incertains ou susceptibles de faire leur retour avant cette rencontre ?

La principale absence de l’Olympiakos est celle d’Ayoub El Kaabi. Il a subi une fracture de la jambe et devrait être indisponible jusqu’aux alentours du mois de mars. C’est évidemment une énorme perte, car il a été l’un des joueurs les plus importants de l’Olympiakos et son principal buteur ces dernières saisons. En dehors d’El Kaabi, la situation est beaucoup plus positive. Les joueurs qui avaient quelques soucis physiques ont été retenus dans le groupe pour le derby contre le Panathinaïkos. Alguacil dispose donc de la plupart de ses options pour affronter Marseille.

Le principal problème pourrait davantage être la fatigue que les blessures. Plusieurs joueurs étaient en sélection, et Gustavo Puerta, par exemple, est revenu après un voyage transatlantique avant de débuter le derby sans avoir réellement pu s'entraîner avec le groupe. Malgré cela, il a probablement réalisé sa meilleure prestation depuis son arrivée à l’Olympiakos.

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