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Ancré au cœur du quartier des Hauts de Rouen, le club de football du Rouen Sapins FC endosse plusieurs casquettes : son rôle social et éducatif auprès de la jeunesse, mais aussi celui de réservoir de talents. Ces derniers mois, plusieurs de ces anciens pensionnaires à l’avenir prometteur ont signé dans des grands clubs, que ce soit le RB Leipzig, le Losc ou encore le FC Metz. Autre preuve de la qualité de la formation du club des Hauts de Rouen, huit de leurs jeunes se trouvaient au Pôle espoir y a trois saisons. Simplement un record.
Prosper Kingue, ce nom doit peut-être vous rappeler quelque chose. En juin 2026, on vous annonçait la signature de ce jeune joueur de 16 ans chez le club allemand de Leipzig en Bundesliga. Le jeune attaquant, qui évoluait au Rouen Sapins FC, a signé un contrat professionnel avec cette grande écurie européenne.
Un an plus tôt, Maykel Gomis, un de ses anciens coéquipiers, avait rejoint le centre de formation du FC Metz, pensionnaire de Ligue 2. Avant de partir pour l’Alsace, le jeune footballeur était passé par le FCR, avant de rejoindre le Rouen Sapins FC et d’être repéré.
Et tout récemment, Owen Vangu Kala, un jeune de 13 ans qui évolue chez QRM (Quevilly Rouen Métropole), mais qui est passé au Rouen Sapins FC. L’ailier au fort potentiel vient de s’engager avec le LOSC, club de Ligue 1.
Alors, comment ce club amateur, qui compte environ 400 licenciés est-il devenu un véritable incubateur à pépites ? « C’est un travail collectif », souligne dans un premier temps Mohamed Fehim, président du Rouen Sapins FC.
Arrivé au club en 2022, il constate que « des bons joueurs dans ce club, il y a en a toujours eu, mais il y a en a aucun qui était sorti. Nous, on veut vraiment leur donner cette chance ».
La première réussite du Rouen Sapins FC, c’est avant tout l’équipe d’encadrants sportifs. « On a mis les bonnes personnes aux bons postes. On a mis les bons ingrédients pour accompagner au mieux les enfants », insiste Mohamed Fehim. Bien accompagner les jeunes, c’est leur offrir la possibilité d’explorer tout leur potentiel.
Il y a une ADN footballistique dans ce quartier. Notre envie, ce sera toujours de laisser partir l’enfant s’il a une opportunité. On veut toujours faire passer l’intérêt du gamin avant l’intérêt du club.
Et pour l’encadrement sportif, Mohamed Fehim peut compter sur Bruno Correa, coordinateur général du Rouen Sapins FC et véritable « chef d’orchestre » de la réussite du club. « Tout passe par lui, c’est l’un des plus anciens ici. C’est notamment lui qui est à l’origine du succès de la section féminine », appuie-t-il.
De son côté, Bruno Correa vante la « grande diversité culturelle des Hauts de Rouen. C’est une chance. On a des jeunes qui arrivent chez nous avec déjà des aptitudes variées, sur le plan technique et athlétique ».
La clé, c’est aussi de laisser une certaine liberté. Autant du côté des joueurs que des encadrants. « Les entraîneurs, quand ils arrivent chez nous, il n’y a pas énormément de directives. On essaye d’avoir une identité, mais les coachs ne sont pas cloisonnés. On veut leur laisser de la liberté. Et aussi laisser de la liberté aux joueurs de s’exprimer sur le terrain pour leur offrir la possibilité de progresser », complète-t-il.
Quand on voit qu’un joueur à le potentiel de rejoindre une structure professionnelle, on essaye de tout mettre en œuvre pour qu’il y arrive. On met en place les moyens logistiques pour l’aider lui et sa famille. Il y a un vrai travail d’accompagnement.
Bruno Correa le rappelle, « quand on vient d’un quartier, le football peut être un moyen de s’en sortir. Même si on ne veut pas vendre du rêve ».
Si le club se donne à 100 % pour ses talents, pas question de délaisser les autres, « on accompagne tout le monde. Même si on voit un potentiel et qu’on y croit, on ne va pas pour autant mettre de côté les autres ».
Grâce à tout ce travail, le Rouen Sapins FC semble désormais bien identifié par les recruteurs. « Les clubs regardent beaucoup l’Île-de-France pour recruter. Nous, on essaye d’inverser la tendance et de donner de la visibilité à nos jeunes », explique Bruno Correa.
Le dernier exemple de Propser, un pur produit du club présent au club depuis l’âge de 5 ans, illustre ce basculement. Mais il n’est pas le seul. « Aujourd’hui, on a encore des sollicitations pour d’autres joueurs, il y a encore d’autres jeunes qui vont partir faire des essais », conclut à son tour Mohamed Fehim, le président du club.
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