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Pour Samir Nasri, le palmarès de l’entraîneur change la façon d’accepter le banc. Son expérience avec Guardiola nourrit son explication.
Comment faire accepter le banc à des joueurs du calibre d’Ousmane Dembélé, de Khvicha Kvaratskhelia ou de Désiré Doué ? La question a été évoquée ce mercredi sur Canal+, avant PSG-Manchester City. Samir Nasri y a répondu avec franchise : la réaction d’une star dépend aussi de l’entraîneur qui lui annonce sa décision. Dans le cas parisien, les succès européens du coach lui donnent, selon le consultant, des arguments particulièrement solides pour imposer ses choix.
« Un coach qui vient de gagner deux Ligues des champions, tu acceptes », a tranché l’ancien international français. Le propos renvoie à la confiance acquise grâce aux résultats. Un joueur peut être déçu de ne pas commencer une rencontre, mais il lui est plus difficile de remettre en cause les arbitrages d’un technicien dont les méthodes ont conduit l’équipe au sommet. Luis Enrique assume justement une rotation beaucoup plus large dans son groupe. Le statut individuel, même celui d’un Ballon d’Or, ne garantit donc pas une place à chaque coup d’envoi.
Nasri s’est appuyé sur son propre passage à Manchester City pour illustrer cette relation. « Je suis bien placé pour le savoir. Quand Guardiola te parle dans le vestiaire, tu l’écoutes », a-t-il expliqué. Son témoignage porte sur le poids de la parole de l’entraîneur : la réputation et les succès de Guardiola donnent une force particulière à ses explications, y compris lorsqu’elles concernent des joueurs expérimentés, habitués à occuper une place importante dans leur équipe.
Le consultant est allé plus loin en assumant une différence de traitement selon l’interlocuteur. « Ça dépend du coach qui te parle. Quand c’est un entraîneur moindre, tu n’acceptes pas, tu vas parler avec lui », a-t-il poursuivi. Par cette formule, Nasri décrit une hiérarchie de crédibilité dans le vestiaire. Une même décision peut susciter de la retenue ou ouvrir une discussion selon le parcours de celui qui la prend.
Appliquée au PSG, son analyse place Dembélé, Kvaratskhelia et Doué devant une exigence collective : accepter que leur entraîneur puisse parfois privilégier une autre option. La concurrence offensive s’est encore renforcée cette saison, tandis que Dembélé a déjà été ménagé à plusieurs reprises par Luis Enrique.
Nasri n’a pas affirmé que ces joueurs avaient contesté leur utilisation. Il explique pourquoi, dans un groupe habitué à gagner, les vedettes doivent aussi composer avec la concurrence et les choix du banc. Le palmarès du coach ne supprime pas leur frustration, mais lui donne une légitimité difficile à ignorer.