Retour
On l’imaginait sur le banc de Manchester United, d’un grand club de Premier League, ou d’une autre sélection. Gareth Southgate, lui, a d’autres projets. Invité du podcast The Amol Rajan Connection, l’ancien sélectionneur de l’Angleterre a fermé la porte à un retour sur un banc. « Je ne vois pas dans quel scénario je ferais ça », a-t-il confié, selon des propos rapportés par Orange Sports.
Une déclaration sans ambiguïté. Et une confession rare.
Car Southgate ne s’est pas contenté de parler d’avenir. Il est revenu sur la fin de son mandat avec les Three Lions, avec une franchise désarmante. « À la fin, je ne savourais même plus les victoires plus de quelques minutes », a-t-il reconnu, expliquant qu’il avait cessé de prendre du plaisir.
Une phrase terrible pour un homme qui a ramené l’Angleterre au premier plan. Ou plutôt, une phrase qui dit tout de la pression qui pèse sur un sélectionneur anglais.
Rarement un technicien de ce calibre aura décrit aussi crûment l’usure du haut niveau.
Southgate avait quitté ses fonctions deux jours après la finale de l’Euro 2024, perdue face à l’Espagne le 14 juillet. Une deuxième finale continentale perdue en trois ans, après celle de 2021 face à l’Italie. Entre-temps, il avait aussi mené l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde 2018. Un bilan remarquable. Mais jamais couronné.
Depuis, il a pris ses distances. Au point de reconnaître qu’il ne regarde presque plus de football. Il a assisté à la finale de la Ligue des champions 2025 et à celle de la FA Cup, la même année, quand son club de cœur, Crystal Palace, a remporté le premier trophée de son histoire. Mais il n’est plus retourné dans un stade depuis.
Loin des pelouses, Southgate s’est trouvé de nouveaux terrains de jeu. Il a présenté un documentaire de la BBC consacré aux difficultés des jeunes hommes et des garçons au Royaume-Uni, et a enseigné comme professeur invité à la Harvard Business School. « J’ai adoré les 18 derniers mois de ma vie », assure-t-il.
Le contraste est saisissant avec l’image qu’il renvoyait sur le banc : celle d’un homme calme, posé, mais rongé de l’intérieur par l’enjeu.
Son envie d’être impliqué dans le football a changé, explique-t-il. Et on le comprend. Mais le football anglais perd une voix singulière, celle d’un entraîneur qui préférait les hommes aux systèmes.
Personne ne s’y attendait vraiment. Et pourtant, à l’entendre, la décision semble évidente. Le verdict est tombé : Gareth Southgate ne reviendra pas. Du moins, pas sur un banc.