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PSG - FC Barcelone : « Nous sommes la meilleure équipe du monde »… Le Barça, ce grand arrogant qui se soigne doucement

La confrontation entre le PSG et le Barça mardi soir en Ligue des champions revêt un enjeu symbolique : celui de déterminer qui est l’équipe la plus sexy d’Europe actuellement

Impossible, pour qui aime le foot, de trouver une affiche européenne plus excitante sur le papier que le PSG-Barça de ce mardi soir au Parc des Princes. Le double champion d’Europe en titre a encore prouvé la semaine dernière sur la pelouse de Manchester City que l’odeur des grands rendez-vous restait son principal carburant, tandis que les Catalans font sauter toutes les défenses à la nitroglycérine depuis le début de saison.

Il y a dans l’air une histoire de suprématie à régler, sur fond de titre officieux d’« équipe la plus sexy d’Europe ». C’est comme ça qu’on le voit à Barcelone en tout cas, même si l’arrivée de Hansi Flick sur le banc il y a deux ans a adouci la traditionnelle arrogance catalane héritée de l’époque Johan Cruyff.

La jalousie a changé de camp

Depuis quelques années, le Barça a développé une sorte de jalousie vis-à-vis des succès parisiens. Le club blaugrana a longtemps représenté ce que voulait devenir le PSG, avant que la tendance ne s’inverse du fait des victoires du club français sur les terrains sportif (deux Ligues des champions, signatures de Neymar et Messi, Thiago Silva ou Verratti retenus à Paris) et politique (ascension de Nasser Al-Khelaïfi dans les instances européennes). Or, il y a cette croyance profondément ancrée chez les Barcelonais : leur équipe doit être la plus belle et la plus forte.

Cela affleure régulièrement dans les discours, on l’a vu avec Pedri l’an dernier ou Lamine Yamal encore la semaine passée (« Nous sommes Barcelone, nous sommes la meilleure équipe du monde »). Notez que l’exemple vient d’en haut aussi. « Je pense que nous pratiquons le meilleur football d’Europe, et donc le meilleur au monde, disait le président Joan Laporta après la victoire à Galatasaray lors de la deuxième journée de Ligue des champions (1-4). D’autres équipes réalisent également de très bonnes performances, comme le PSG ou le Bayern de Munich, mais en termes de qualité footballistique, je pense que pour l’instant, c’est nous qui jouons le mieux. »

Cruyff et la confiance en lui « presque pathologique »

C’est sans doute un hasard mais à chaque fois ou presque, ce type de déclaration intervient juste avant de rencontrer Paris, nouvelle capitale du beau dans le foot européen depuis l’arrivée de Luis Enrique. Un état de fait insupportable pour le Barça, dont l’histoire moderne est bâtie sur « une conviction profonde de détenir la vérité footballistique », comme l’explique un très bon article du magazine britannique New Statesman consacré au club catalan il y a quelques années.

L’architecte de ce dogme se nomme donc Johan Cruyff. Le triple Ballon d’or a enchanté le Barça en tant que joueur dans les années 1970, avant d’en faire une machine à gagner depuis le banc de touche entre 1988 et 1994. Le Néerlandais a apporté en Catalogne son génie, ses idées sur le jeu, qui devait être basé sur la maîtrise du ballon et le mouvement permanent, mais aussi… son arrogance légendaire. Comme le Cruyff joueur, le Cruyff entraîneur était habité par « une confiance en lui presque pathologique », rappelle l’auteur de l’article.

Cruyff legacy.
Cruyff legacy. - Capture d'écran 20 Minutes

Cette morgue a été l’ingrédient clé pour renverser la domination du grand Real Madrid de la fin des années 1980. Emmené par Emilio Butragueno et sa « Quinta del Buitre » dopée par Hugo Sanchez et Bernd Schuster, le rival était intouchable (cinq titres de champion d’affilée) lorsque Cruyff est arrivé sur le banc. Ce dernier s’est évertué à redonner au Barça sa fierté catalane, en faisant du Camp Nou et de son style de jeu offensif des symboles d’identité et de résistance culturelle face au club représentant la monarchie espagnole.

Et ça a fonctionné : champion d’Espagne seulement deux fois en vingt ans, le FCB a été sacré quatre fois d’affilée de 1991 à 1994, tout en remportant la première Ligue des champions de son histoire en 1992. Une époque vécue comme une « libération » car elle a mis fin au « fatalisme historique » qui rongeait le club, comme l’explique l’ancienne légende Carlos Rexach dans un article du Guardian.

Johan Cruyff et Carlos Rexach fêtent le titre de champion d'Espagne du Barça avec Romario, le 14 mai 1994.
Johan Cruyff et Carlos Rexach fêtent le titre de champion d'Espagne du Barça avec Romario, le 14 mai 1994. - SIPA

Le leg de Cruyff, qui a rendu le Barça à la fois attachant et agaçant, est toujours bien vivant aujourd’hui. Mais il se veut sans doute moins cabotin qu’à une certaine époque, sous l’influence grandissante de Hansi Flick. L’entraîneur allemand, nommé à l’été 2024, affiche un style de jeu résolument barcelonais mais se distingue par ses discours modestes. Une humilité qui infuse peu à peu dans le club.

L’influence de Flick sur Yamal

Flick est connu pour être un apôtre de la discipline collective stricte, qu’il enrobe avec une profonde empathie pour ses joueurs. Une philosophie propre qu’il a lui-même expliquée dans son autobiographie Im Moment (Au moment présent, en VF), publiée en 2022. L’ancien sélectionneur de la Mannschaft (2021-2023) place la loyauté et la considération envers l’autre au centre de tout et réclame un vestiaire sans ego. Pour lui, un entraîneur ou une star empêche tout le monde d’avancer s’il se met seul devant.

« Il veut que ses joueurs se comportent comme des êtres humains normaux », synthétise Günter Klein. Ce grand reporter pour le quotidien allemand Münchner Merkur a suivi le technicien de près depuis Hoffenheim jusqu’à l’équipe nationale, en passant par le Bayern Munich. Il l’a vu évoluer et a pu saisir ce qui fait sa force derrière une façade plutôt austère. Il développe :

« Il ne semble pas très démonstratif en public mais il communique beaucoup avec les joueurs et les personnes qui gravitent autour de l’équipe. Par exemple, il connaît toutes les dates d’anniversaire. Il achète des cadeaux aux joueurs, et même au chauffeur de bus. »

Flick ne serait ainsi pas étranger, selon la presse catalane, au changement d’attitude récent de Lamine Yamal. Englué dans les polémiques en 2025, le prodige espagnol a fait un peu ménage dans son entourage, recentré sa communication sur le terrain et remodelé son quotidien en y intégrant des spécialistes de la préparation physique et mentale. Avec succès. Irréprochable joueur d’équipe pour aider l’Espagne à conquérir le titre mondial l’été dernier, il réalise pour l’instant un début de saison canon (9 buts et 10 passes décisives en 11 matchs).

« Il a désormais confiance en lui mais en plus, son attitude est incroyable. Ici, même à l’entraînement, il est parmi les meilleurs. Il deviendra le meilleur joueur du monde à 100 % s’il conserve cette attitude, cette mentalité d’entraînement, de dépassement de soi, de progression quotidienne. C’est la bonne mentalité et, pour l’instant, il est sur la bonne voie », a récemment salué l’Allemand à propos de son joueur… tout en ajoutant qu’il « aurait préféré » qu’il évite quelques déclarations autocentrées dans la course au Ballon d’or. L’humilité, toujours. En tout cas, Flick a réussi à tisser un vrai lien avec le prodige.

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Why Hansi Flick changed Lamine Yamal’s shorts in front of everyone… 😳👀 #hansiflick #lamineyamal #barcelonafc

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Le coach allemand n’est pas fan des effets d’annonce. Il privilégiera toujours le travail et une exigence de tous les instants en interne pour faire avancer l’équipe dans le bon sens. Une méthodologie singulière que Günter Klein ne pensait d’ailleurs pas transposable dans un club comme le Barça.

« J’ai été surpris qu’il y aille, ne cache pas le journaliste allemand. J’ai toujours été convaincu qu’il ne travaillerait jamais à l’étranger, car la langue et la communication sont ses outils les plus importants dans son travail avec ses équipes. » Hansi Flick est en train de prouver qu’il sait s’adapter. Et avec lui, le Barça de se rendre compte qu’on peut faire partie de l’élite sans avoir besoin de le crier chaque jour sous tous les toits.

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