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« Maintenant, je rêve de ceintures mondiales en professionnel » : Imane Khelif a préparé à Royan son retour sur le ring pour la première fois depuis son titre olympique
Après un mois et demi de travail physique en Algérie, Imane Khelif a trouvé à Royan le calme et un club de qualité pour retrouver le ring.

La championne olympique en titre des moins de 66 kilos n’a plus boxé officiellement depuis le 9 août 2024. Accusée d’être un homme, la boxeuse algérienne prépare son retour à la compétition. Sans esprit de revanche, juste parce qu’elle est « née pour combattre »

Un jeudi soir presque ordinaire, ce 22 octobre, dans la salle du Roc Boxe de Royan. Sous l’œil d’un Makan Traoré tourné vers le 31 octobre et cette ceinture de champion de France des super-weltersque l’olympique royannais veut ravir, chez lui, au tenant du titre Yamin Bartolo, l’entraîneur du club, Mickaël Weus, travaille avec une autre pépite du club, Arthur Aslanian. À côté du ring, une quinzaine de femmes de tous âges entame...

Un jeudi soir presque ordinaire, ce 22 octobre, dans la salle du Roc Boxe de Royan. Sous l’œil d’un Makan Traoré tourné vers le 31 octobre et cette ceinture de champion de France des super-welters que l’olympique royannais veut ravir, chez lui, au tenant du titre Yamin Bartolo, l’entraîneur du club, Mickaël Weus, travaille avec une autre pépite du club, Arthur Aslanian. À côté du ring, une quinzaine de femmes de tous âges entame un cours d’aéro-boxe.

Le « presque ordinaire » tient à la présence d’une autre boxeuse. Une athlète longiligne, 1,80 mètre pour un peu plus de 66 kilos, qui ne frappe pas dans le vide, elle. Imane Khelif, championne olympique 2024 des moins de 66 kilos, achève sa troisième séance spécifique de la semaine, sous la houlette de l’un de ses deux entraîneurs, Kamel Abdesselem. « Pour casser avec le cycle des sollicitations » qui assaille Imane Khelif à Paris, ce Rochefortais d’origine savait trouver à Royan, la tranquillité propice à la nouvelle phase de la préparation d’Imane Khelif, après un mois et demi de travail physique chez elle, en Algérie. Avec un objectif : réussir son entrée en professionnel, en décembre probablement, à Paris. Son premier combat officiel depuis son titre olympique.

« Le monde est méchant »

Le 9 août 2024, la vie d’Imane Khelif a basculé. Sacrée championne olympique, elle savoure ce rêve assouvi, mais prend dans la foulée plus de coups hors du ring que pendant la compétition. Attaquée sur sa prétendue masculinité, au sens génétique même du terme, la boxeuse algérienne a récemment expliqué au quotidien L’Équipe être porteuse du gène SRY, qui déclenche la différenciation sexuelle masculine, et avoir suivi un traitement hormonal pour abaisser son taux de testostérone avant de participer aux Jeux olympiques.

« Imane, c’est l’une des rares boxeuses qui a dépassé les frontières de son sport »

En dépit de ses explications répétées, Imane Khelif est tenue à l’écart des rings amateurs depuis son titre olympique. « Ce n’est pas moi qui ai choisi ça. Moi, après les Jeux olympiques, j’aurais aimé continuer à combattre, en amateur ou en professionnel. Mais le monde est méchant, un peu… » Kamel Abdesselem intervient. « Disons juste qu’après les Jeux, psychologiquement, Imane avait besoin de se reposer. Et maintenant, elle a fait le choix de passer professionnel. »

Une licence française

La page de la boxe amateur est tournée. « L’objectif de la médaille olympique, ça, c’est fait. Maintenant, je rêve de ceintures mondiales en professionnel ! », affirme avec détermination Imane Khelif. Son entourage annoncera en novembre la date exacte de son premier combat. Un combat rendu possible par le soutien de la Fédération française de boxe, qui a accepté de lui délivrer une licence professionnelle française.

La championne olympique 2024 des 66 kilos sera attendue, pas uniquement pour les raisons qui l’ont contrainte à cette longue absence. « Imane, c’est l’une des rares boxeuses qui a dépassé les frontières de son sport, admire Kamel Abdesselem. Aujourd’hui, elle est sollicitée dans le monde entier. Elle n’est pas cantonnée au monde de la boxe, elle a vraiment un rayonnement mondial. Il faut être à côté d’elle dans son quotidien pour le voir ! » À elle maintenant de rayonner à nouveau aussi sur les rings.

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