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Après avoir obtenu le titre national de l’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS) en avril à Limoges, Paul Vicquelin, originaire de Maisons, près de Bayeux (Calvados) et ses camarades de la section football du lycée Littré d’Avranches, se sont envolés pour l’Asie du 18 au 25 octobre 2026.
En Chine, à Suzhou, ils ont représenté la France et atteint le stade des quarts de finale du championnat du monde organisé par l’International School Sport Federation (ISSF).
Paul et ses coéquipiers étaient de retour en France mardi 27 octobre 2026. Pour La Renaissance le Bessin, il revient sur cette expérience hors normes.
Paul, vous avez 17 ans et vous passez votre bac général cette année au sein de la section football du lycée Emile Littré d’Avranches. Une année qui restera gravée dans votre mémoire, puisque vous avez décroché le titre de champions de France avec vos camarades et venez de disputer le mondial des lycéens à Suzhou, en Chine, du 18 au 25 octobre 2026. Vous terminez à la 7e place du tournoi. Comment est née cette incroyable aventure ?
Notre équipe a d’abord disputé le championnat scolaire départemental et battu Cherbourg et Saint-Lô sans encaisser de but. Idem en régional, avec une victoire (6-0) devant Sotteville-lès-Rouen, une belle équipe ! En championnat interacadémique, nous étions opposés à la Bretagne et, là encore, on bat 6 à 0 une belle équipe de Saint-Brieuc.
Pour le titre national, direction Limoges où on perd (2-1) notre premier match face à Lille. On parvient à battre (3-2) Béziers dans les dernières secondes et à dominer (2-0) Monaco pour se qualifier en quarts de finale du championnat de France. On rencontre alors Angoulême et le match démarre mal : on prend un carton rouge dès le départ et un but juste après. Mais nous avons su nous remobiliser pour égaliser et passer devant (2-1). Après ce match-là, on se dit que rien ne peut nous arrêter !
On bat (2-1) Toulouse en demi-finale puis Cholet sur la plus petite des marges avec, au bout, le titre de champions de France. C’est là que l’on apprend que nous pourrons disputer le mondial en Chine ! Seulement, l’UNSS nous annonce qu’il faut trouver 50 000 € pour boucler le financement… Comme on a su le faire sur le terrain, notre équipe s’est alors serrée les coudes : cagnotte en ligne, recherche de sponsors… On a tout tenté et grâce à la mobilisation de tous (le lycée, les familles, les sponsors, le club d’Avranches qui a prêté son bus), on y est arrivés.
Après 14 h de vol, vous atterrissez à Shanghai à la veille de la compétition. Quelles ont été vos premières impressions en arrivant ?
Nous avons embarqué dans l’avion le vendredi matin (16 octobre) et on est arrivés le samedi matin. Le décalage horaire (Ndlr : +7 h entre Paris et Shanghai) nous a fait mal !
Ce voyage nous a permis de concrétiser ce que signifie l’expression « aller à l’autre bout du monde » !
Sur place, on a vite réalisé que tout est immense et grandiose. Après 2 h de bus, on atteint Suzhou et le site de la compétition, avec une dizaine de terrains et des pelouses de rêve. C’était ça, le plus impressionnant ! On a été accueillis comme des rois dans un complexe hôtelier d’une dizaine d’immeubles.
On s’y était un peu préparés, mais les organisateurs ont vraiment mis la barre très haut ! Notre entraîneur nous avait prévenus que l’élément important à gérer, ce serait l’émotion. Côté nourriture, on n’a pas été secoués : le buffet était relativement international !
On a pu échanger avec les autres nations, ce qui était très sympa. Franchement, on ne peut vivre ça qu’une fois dans sa vie.
Quel parcours avez-vous réalisé durant ce tournoi qui réunissait 33 équipes masculines et 16 féminines ?
La compétition a débuté le lundi 18 octobre avec les matchs de poules. On a rencontré le Chili, c’était le match vedette de la journée et, comme on s’y attendait, ça ressemblait à France-Paraguay lors de la Coupe du Monde. On n’a pas eu de casse à déplorer, mais c’était chaud !
On gagne (2-1) dans les dernières minutes de cette rencontre très rugueuse et dans laquelle je prends un but sur penalty et sur lequel je ne peux rien faire. On était dans une poule de 5. Nos trois autres matchs de qualification nous opposaient à Haïti (victoire 6-0), au Québec (victoire 5-1) et à la Guinée, qui sera finaliste et battue par la Croatie, pays vainqueur de ce mondial. On fait match nul (2-2) face à cette équipe guinéenne très, très athlétique. Je n’ai pas joué ce match-là.
En huitième de finale, on est opposés à la Bulgarie et on gagne (3-0) sans faire un super match. Enfin, nous avons été logiquement battus par la Turquie en quarts de finale. En matchs de classement, on perd (2-1) devant le Bénin. Une défaite logique et le score aurait pu être lourd. Mais on finit sur une bonne note en dominant (2-0) la Thaïlande, ce qui nous évite de prendre une valise avant de remonter dans l’avion !
Nous sommes 7e de la compétition sur 33 équipes. On finit à notre place, de l’aveu même de notre coach, Jean-Noël Le Buzullier. Ce qui fait la force de notre équipe (Ndlr : 18 des 20 lycéens de la section foot avranchinaise représentaient la France au mondial en Chine), c’est que nous partageons tout dans notre vie lycéenne.
Que retenez-vous de cette compétition ?
Que la débauche d’énergie est immense pour participer à ce genre de tournoi avec des matchs tous les jours et durant une semaine. Qu’on finit par payer la fatigue musculaire même si on parvient à passer les coups durs au mental. On est forcément déçus, mais on est à notre place.
C’était la deuxième participation au mondial du football scolaire pour notre lycée, qui avait disputé cette compétition à Prague en 2017 et qui avait été éliminé également au stade des quarts de finale. Ce mondial est organisé depuis 1972.
Cette année, c’est Orléans qui représentait la France côté féminines. Avec les autres nations qui disputaient la compétition, nous avons pu échanger et nous offrir des petits cadeaux qui représentaient nos pays et nos régions. Comme des petits drapeaux normands.
Nous avons aussi découvert une nouvelle culture grâce à des après-midi (un sur deux) consacrés à la découverte de la Chine. Par exemple, nous nous sommes essayés à l’écriture des caractères chinois, ce qui est très difficile. Nous avons fabriqué des éventails et visité un musée d’art moderne.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que, grâce au foot, vous avez vu du pays. Quel est votre parcours personnel ?
J’ai débuté le football à l’ES Portaise, à Port-en-Bessin, jusqu’en U10. Au départ, je n’aimais pas du tout le football ! Mais mon père et mon frère étaient vraiment à fond. Alors, j’ai fini par jouer. J’ai toujours voulu jouer au poste de gardien de but.
J’ai été repéré par le Stade Malherbe Caen alors que j’évoluais à Port-en-Bessin et j’ai rejoint le Bayeux FC où j’ai joué quatre ans avant de rejoindre le SM Caen en U14-U15. Mais je n’ai pas été conservé par le club professionnel, qui m’a conseillé d’intégrer la section football du lycée Littré à Avranches, qui est réputée comme filière d’excellence. Il y a 20 places pour 300 dossiers ! Le tri se fait sur les résultats scolaires. Les journées types comprennent deux heures d’entraînement par jour.
Vous allez passer votre bac cette année. Qu’aspirez-vous à faire ensuite ?
J’aimerais m’orienter vers la maîtrise d’œuvre ou l’architecture, en gardant le football à côté comme passion. Ma scolarité a toujours été ma priorité. Après, je verrai si j’ai des opportunités. Comme 90 % des élèves de la section football du lycée, je joue sous les couleurs de l’US Avranches MSM, en R1 senior, parfois en U18 R1. J’ai eu la chance aussi de jouer avec les U17 nationaux la saison dernière.