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Affaire Éric Olhats : « Dans la gueule du loup », le livre à l’origine de l’ouverture d’une nouvelle enquête pour viols et agressions sexuelles

L’enquête journalistique de Fabien Touati et Thomas Rabino, consacrée à la pédocriminalité dans le football, a entraîné l’ouverture d’une nouvelle enquête pour viols et agressions sexuelles visant l’ex-recruteur Éric Olhats, déjà condamné à six ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur mineurs. Il relate de nouveaux témoignages concordants de soumission chimique

« Dans la gueule du loup », de Thomas Rabino et Fabien Touati, livre-enquête sur la pédocriminalité dans le football, est paru le 30 septembre 2026.

La première partie de l’ouvrage, consacrée à Éric Olhats, ancien recruteur de la Real Sociedad et de l’Atlético Madrid, condamné par le tribunal judiciaire de Bayonne à six ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur neuf mineurs en novembre 2025, est édifiante. Elle révèle tout un pan inexploré des enquêtes judiciaires qui ont visé l’ex-entraîneur dans les catégories jeunes, de ses débuts au Pays basque (Genets d’Anglet, Hasparren FC, Aviron Bayonnais FC), en Béarn (Pau FC) puis pendant sa carrière de recruteur en Espagne.

Soumissions chimiques

Les auteurs ont notamment recueilli des témoignages concordants d’anciens joueurs affirmant avoir été drogués par Éric Olhats lorsqu’ils étaient mineurs. Ces nouvelles victimes potentielles évoquent toutes des soumissions chimiques. L’une d’elles, Olivier (prénom modifié), affirme avoir aperçu l’ex-mentor d’Antoine Griezmann en train de « touiller un Coca-Cola » à côté d’un « pot rempli de poudre blanche posé sur la table ». Un autre ancien joueur, Jordan, évoque un trou noir après avoir bu un verre d’eau et s’être réveillé avec des douleurs anales. Il avait déposé une plainte pour viol, classée sans suite. Une perquisition avait permis de découvrir 443 cachets de Temesta (un puissant somnifère) dans le coffre-fort du recruteur.

L’enquête relate également des violences physiques et psychologiques, ainsi que l’existence d’une « caisse noire » de la Real Sociedad qui rémunérait son recruteur en liquide pour héberger les enfants. Il pointe les loupés de la justice sur ses différentes affaires d’atteintes sexuelles sur mineurs lors de stages à Soulac-sur-Mer (Gironde) dans les années 1990 (une première condamnation non-inscrite à son casier judiciaire en 1991, puis une relaxe obtenue lors d’une deuxième affaire en 2011, après avoir obtenu des témoignages de soutiens locaux à l’audience) et les loupés de l’inspection de la jeunesse et des sports (IJS).

Omerta basque

Dans leur livre, les auteurs soulignent l’omerta de l’époque au Pays basque, celle des dirigeants de clubs qui étaient au courant des signalements de parents mais qui ont fermé les yeux, ou celle de la presse locale et sportive, qui a permis à Éric Olhats de publier une lettre mensongère pour se laver de tous soupçons après sa relaxe, et une autre lettre signée par trois joueurs hébergés chez lui, dont Antoine Griezmann, attestant la bonne foi de leur mentor.

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