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La crise mancunienne gagne désormais les étages supérieurs. Selon ESPN, relayé par Foot Mercato, la famille Glazer, actionnaire majoritaire de Manchester United, commence à s’agacer de la gestion de Jim Ratcliffe et d’Ineos, en charge des opérations sportives depuis février 2024. Une source interne au club n’a pas mâché ses mots.
« Il n’aurait pas pu orchestrer une situation pire. »
Toujours selon cette source anonyme citée par ESPN, les choix d’Ineos seraient « fondamentalement l’inverse de ce qu’il avait annoncé comme stratégie ». Une critique sévère pour un homme d’affaires arrivé avec la promesse de remettre United au sommet, en rationalisant la gestion du club.
Les griefs s’accumulent : recrutements stratégiques jugés ratés, environ 500 suppressions d’emplois, baisse des budgets consacrés aux transferts et aux salaires. Le tout pour des résultats sportifs catastrophiques. United pointe à la 16e place de Premier League, avec sept points en huit journées.
Le constat est aussi financier. Lorsque Ratcliffe a acquis 28 % du club, il a payé l’action environ 33 dollars. Elle ne valait plus que 20,61 dollars à la Bourse de New York. Une dépréciation qui touche directement les Glazer, toujours majoritaires, et qui alimente leur frustration.
Pour l’heure, les propriétaires américains n’ont pas agi. Mais selon l’article, Ineos pourrait bientôt devoir rendre des comptes si la situation continue de se dégrader. Un scénario qui rebattrait les cartes de la gouvernance du club.
CARRICK AU MILIEU DE LA TEMPÊTE
Dans ce contexte, la situation de Michael Carrick paraît de plus en plus fragile. Maintenu en poste après la défaite face à Bournemouth (0-3), il dirigera l’équipe à Chelsea. Mais la direction prépare déjà sa succession, avec une division interne entre partisans d’Eddie Howe et de Julian Nagelsmann, selon The Guardian.
Les supporters, eux, ont déjà désigné leurs cibles. À Old Trafford, ils ont applaudi Carrick avant de huer les joueurs, tout en exprimant leur colère contre les Glazer. La famille américaine, longtemps contestée, se retrouve aujourd’hui à contester à son tour la gestion de son partenaire. Ironie du sort.
L’arrivée de Ratcliffe avait pourtant suscité un immense espoir chez les supporters. Enfin un actionnaire britannique, passionné, décidé à moderniser le club. Près de trois ans plus tard, l’enthousiasme a laissé place à la défiance, et les résultats sportifs n’ont jamais suivi les promesses.
Les supplices de United ne se limitent plus au terrain. Ils touchent désormais le cœur même de la gouvernance du club.
Reste à savoir jusqu’où ira cette crise de gouvernance. L’un des clubs les plus titrés d’Angleterre vit l’un des moments les plus sombres de son histoire récente. Et le dialogue entre ses propriétaires semble de plus en plus tendu. Le feuilleton ne fait que commencer.