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Entré dans la légende au Tour de Lombardie en devenant le plus jeune vainqueur de l'histoire du cyclisme, Paul Seixas éveille la suspicion chez certains.
Le cyclisme est un sport qui, cycliquement, est rattrapé par les démons du passé, et la performance y est toujours scrutée avec un mélange de fascination et de suspicion. La récente victoire de Paul Seixas sur le Tour de Lombardie, une performance de haut vol qui l’a propulsé au sommet de l’un des Monuments du cyclisme, n’a pas échappé à la règle (tacite). Pour les pourfendeurs du dopage, chaque performance exceptionnelle est potentiellement un signal d’alarme, et la victoire du jeune coureur tricolore a immédiatement activé les radars des observateurs les plus critiques.
Christophe Bassons, figure emblématique de la lutte contre le dopage et ancien coureur lui-même, a partagé son scepticisme dans une publication sur Facebook. Invité à donner son avis par un internaute, celui qui avait osé s’opposer à Lance Armstrong su temps de sa splendeur a pointé du doigt la performance majuscule du natif de Lyon et plus globalement celles de son équipe.
« Difficile à dire mais j’avoue que les résultats de cette équipe attirent mon attention ! Beaucoup de jeunes très performants ! Il y a sûrement une raison mais j’ai du mal à la trouver », a-t-il écrit, insinuant ainsi à demi-mots que la réussite collective de Decathlon-CMA CGM pourrait cacher une méthode d’optimisation encore inexpliquée.
Concernant Paul Seixas, il ajoute ironiquement: « Quant aux performances du vainqueur du jour, je suis sûrement un vieux con qui ne comprend plus rien au vélo ! » La critique de Bassons s’articule autour d’une logique implacable qu’il applique à l’ensemble du peloton. « J’ai tout de même une certitude: tu ne peux pas dire à la fois qu’il y a encore du dopage dans le cyclisme (et donc douter de Pogacar) et croire aux performances de Seixas ! »
Pour l’ancien coureur, il y a une contradiction à dénoncer le dopage en visant certaines têtes d’affiche tout en acceptant aveuglément les exploits d’autres, simplement parce qu’ils sont « nouveaux » ou de la bonne nationalité. Son message est clair: la suspicion doit être universelle tant que des doutes subsistent sur l’intégrité globale du sport.
« Parce qu’il est français, dans une équipe qui ‘domiciliera ses contrats’ en Suisse (neutre) pour Decathlon-CMA CGM, Paul devrait bénéficier de mansuétude avec la culture d’un sport qui a toujours, sauf exceptions reconnues et identifiées, reposé sur la tricherie ? », a d’ailleurs écrit sur X Antoine Vayer, ajoutant au sujet de la performance de celui qu’il présente depuis de nombreuses années comme un prodige: « 11min 54s pour Paul Seixas sur le Civiglio, c’est 36s de moins que Pogacar en 2022. Mais Pogacar s’est transformé en mutant-alien fin 2023, il est bien plus fort aujourd’hui. D’ailleurs Enric Mas avait réussi à le suivre en 2022. »