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Les tergiversations des autorités et les divers recours juridiques ont contraint les nouveaux organisateurs des arènes de Saragosse à monter une Feria dans l’urgence. Organisé à quelques semaines de l’échéance, et après l’annulation de la San Jorge en début de saison, l’événement présentait jusqu’alors un bilan artistique très satisfaisant.
Néanmoins, l’annonce du bétail pour la clôture laissait poindre quelques inquiétudes : six élevages différents étaient à l’affiche, dont quatre d’encastes Domecq (José Vazquez, Zalduendo, Garcigrande, Victoriano del Rio), un Nuñez (Alcurrucén) et un Murube (Carmen Lorenzo).
Cette diversité a donné lieu à la sortie d’un lot particulièrement hétérogène (allant de 487 à 607 kg) au jeu très limité, à l’exception des deux exemplaires dévolus à El Mene. Pour son alternative, le jeune Aragonais a coupé une oreille au terme d’une faena variée, dont les plus beaux passages ont été dessinés sur la corne droite. El Mene (oreille et silence) aurait même pu doubler la mise face au dernier toro, un exemplaire brave de Carmen Lorenzo, mais sa prestation volontaire s’est heurtée à un échec avec les aciers.
De son côté, Morante de la Puebla (salut et bronca) a connu une fin de temporada délicate, faisant ressurgir à Saragosse de travers que l’on croyait oubliés. Face à son premier opposant (un second sobrero, après le renvoi aux torils des deux premiers), le Sévillan a d’abord refusé de parer le toro à sa sortie avant de délivrer trois belles séries de naturelles.
La suite s’est avérée bien plus expéditive : après avoir exagérément fait piquer son second toro, Morante a abrégé sa faena. Une prestation de seulement une minute trente, estocades comprises, sous les huées du public.
Enfin, Diego Urdiales (applaudissements après avis et silence) n’a guère été favorisé par le sort, héritant de deux toros manquant de fond et de charge. Le public retiendra seulement quelques séries droitières élégantes, fidèles à son style classique.