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D’entrée de jeu, un éclair. Premier match de Top 14 le 4 septembre, 17 minutes à peine, et un exploit de 50m contre La Rochelle. Seule recrue de l’intersaison au Stade toulousain, Tommaso Menoncello explosait déjà, confirmant très vite les espoirs placés en lui : du talent, de la classe et de l’efficacité. Sans oublier une polyvalence chère à Ugo Mola. « Il va jouer n°12, n°13, et même un peu à l’aile. C’est quelque chose qui nous plaît beaucoup », affirmait le manager de Toulouse. Mais voilà, le soufflé est très vite retombé, entre performances mitigées, pépins physiques, suspension évitée et une blessure sérieuse qui devrait le tenir éloigné des terrains un bon bout de temps. Le début d’une histoire d’amour qui ne prend pas, pour l’instant, le chemin escompté.
Dimanche contre Exeter, le match de Menoncello n’a duré que 5 minutes. Dans un ruck, le déblayage d’un joueur anglais l’a sérieusement touché à l’épaule gauche. Sa grimace et ses traits tirés à sa lente sortie du terrain ne laissaient rien augurer de bon.
« Je ne connais pas encore le diagnostic définitif, mais il s’est fait au moins une subluxation ou quelque chose comme ça », annonçait à l’issue de la rencontre l’entraîneur des avants du Stade Toulousain, Jean Bouilhou.
Des examens complémentaires en ce début de semaine en diront plus sur la nature de la blessure. Son absence pourrait être longue. Le point d’orgue d’un début de saison chaotique, des pépins musculaires à un mollet l’ayant déjà privé de trois matchs de Top 14.
Outre ses problèmes physiques, Tommaso Menoncello est apparu en difficulté dans le jeu courant, peu à l’aise offensivement malgré des qualités intrinsèques évidentes.
« C’est un plan de jeu totalement différent de celui qu’il connaissait avec l’Italie ou Trevise », constatait à juste titre Kalvin Gourgues, avec qui il est en concurrence au centre.
« Il a un talent considérable, et je suis sûr qu’il va rapidement s’intégrer dans notre système et dans le groupe », rétorquait auprès d’Actu Rugby son compatriote Ange Capuozzo, qui a facilité l’intégration du meilleur joueur du Tournoi des 6 Nations 2024.
Le carton jaune pour plaquage haut qu’il a reçu contre Bayonne a quelque peu crispé en interne. À tel point que Menoncello n’est pas revenu sur le terrain après ses 10 minutes de purgatoire. Cité, l’Italien échappait finalement à la suspension, la Commission de discipline et des règlements a décidé que son acte ne passait pas le seuil/test dit « du carton rouge ». Un soulagement.
Bref, Tommaso Menoncello n’a pas le rendement espéré pour un joueur de son standing, et sa grave blessure à une épaule va retarder son intégration dans un groupe de joueurs pourtant fascinés par le physique et les qualités rugbystiques du centre italien (41 sélections).
« Son travail au quotidien est impressionnant car il se donne énormément », soulignait le pilier Rodrigue Neti. « C’est un très bon joueur, vraiment, il va nous apporter beaucoup de choses, j’en suis certain », appuyait le centre Santiago Chocobares.
« Sa venue, c’est une concurrence saine qui nous fera tous grandir. C’est cool d’avoir recruté un joueur de cette classe là, maintenant c’est à nous de le mettre encore plus à l’aise pour qu’il puisse s’épanouir sur le terrain », lâchait vendredi dernier Kalvin Gourgues.
« Ce sur quoi il est incroyable, c’est son mélange de puissance et de vitesse. Il ne se contente pas de déchirer le premier rideau, il est finisseur derrière. Ça, c’est assez fou. […] C’est un joueur très dur à l’impact et qui possède un mental à toute épreuve », appuyait Ange Capuozzo.
Son mental va être sollicité au cours des prochaines semaines, pour récupérer le plus vite possible et démontrer qu’il ne sera pas à ranger dans la catégorie des « flops ».