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Il aura fallu attendre l’heure de jeu, sur la pelouse du stade Michel-Bendichou de Colomiers, ce vendredi soir, pour voir le Racing Club Narbonnais enfin investir l'en-but adverse. Malgré la lourde défaite en Haute-Garonne (49-28), les orange et noir ont de quoi retenir du positif.
Deux visages distincts. Une première mi-temps complètement apathique, sans saveur, sans point inscrit d’ailleurs et surtout en laissant Colomiers se balader dans une défense comme dans du beurre (35-0, 40e). Et puis, le Racing Club Narbonnais a voulu refaire une Aix-en-Provence (33-14 à la mi-temps, 47-42 au coup de sifflet final). Mais cette fois, en Haute-Garonne, les Audois partent de plus loin, de trop loin pour obtenir un résultat positif au tableau d’affichage (49-28).
Pourtant, à l’issue de la rencontre, l’ailier de Narbonne Clément Clavières ne voulait pas voir le verre à moitié vide. "Il faut garder le positif, sinon nous allons avoir la tête dans le seau toute la semaine à l’entraînement. Il faut garder les 30 dernières minutes. Nous sommes revenus, le banc nous a fait un bien énorme. Quand nous mettons notre jeu en place, ça fonctionne. C’est frustrant parce que nous n’avons pas réussi à le faire en première mi-temps. Le souci était dans la tête, tout le monde se regardait les pompes. Et puis, ensuite, il y a eu des encouragements, du relâchement dans le jeu", évoque le Narbonnais qui a beaucoup tenté pour secouer son équipe.
Le message du manager du Racing a été entendu à la pause, Jacques Delmas avait clairement donné une consigne à ses joueurs : "Nous ne risquons rien, soyons solidaires, plus efficaces et jouons au rugby. Ne jetons pas les ballons, si nous le tenons, ça viendra". En livrant ses mots dans le vestiaire audois à la pause, le technicien ne voulait qu’une seule chose, une réaction. Et sur le terrain, la différence a été faite.
Le banc nous a fait un bien énorme.
Il aura quand même fallu l’intervention de l’arbitrage vidéo, 100 mètres plus loin, pour voir que le capitaine du soir Dan Jooste avait bien passé la ligne de marque (35-7, 60e). Noa Zinzen ira aussi de son essai, le premier depuis son arrivée, au bout d’un puissant travail des avants (42-14, 69e). Thomas Crétu plongera aussi dans cet en-but en fin de match pour donner un peu plus de baume au cœur à cette équipe (42-21, 77e). Et après le septième essai encaissé de la soirée, Jules Veyrier conclura la soirée par un quatrième essai (49-28, 80e).
Après un 35-0 encaissé sur les 40 premières minutes, le Racing venait de gagner le second acte (14-28). Si ça ne fait pas gagner de points comptablement au classement, dans les têtes narbonnaises, ça fait la différence à la fin. "Nous nous sommes resserrés et lâchés dans le jeu. Nous n’avions plus rien à perdre et c’était mieux. Quand nous avançons, nous gagnons nos duels, c’est plus facile parce que nous avons de bons joueurs. Mais c’était trop tard", concède le troisième ligne Loan Lavergne.
Les entrants ont donné un visage différent au Racing. C’est clair et net. Jacques Delmas ne le cachait pas en conférence de presse : "Le banc nous a fait un bien énorme, Thomas Crétu notamment sur les collisions. Simon Huchet a amené quelque chose de par sa puissance. Noa Zinzen a apporté quelque chose, Pablo Barbaste a éclairé le jeu. Ce sont des points très positifs".
Pour grandir, avancer et construire, Narbonne doit se servir de cette seconde période. Surtout, cette équipe doit comprendre qu’en étant précise, appliquée et rigoureuse ballon en main, elle peut avoir un contenu totalement différent. Le Racing doit se lâcher comme elle l’a fait pendant les 40 dernières minutes à Colomiers. Le salut des orange et noir passera par le jeu, c’est certain.