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Dans cette famille près de Rouen, tout le monde est passionné de football américain : « C’est un peu zinzin »
Dans la famille Bourdiguel, près de Rouen (Seine-Maritime), le football américain est la passion de tous. Père, mère, fille et fils vivent autour de la pratique.
Dans la famille Bourdiguel, près de Rouen (Seine-Maritime), le football américain est la passion de tous. Père, mère, fille et fils vivent autour de la pratique.

Le dimanche à 19h, la télé est allumée sur la National Football League (NFL). Le samedi, à 18h, c’est le tour des matchs universitaires. Entre deux, place à la pratique pour une partie de la famille. Chez les Bourdiguel, à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), le football américain n’est pas qu’un loisir, c’est le fil rouge de la maison. Élodie, 44 ans, Sven 42 ans, Liv, 12 ans et Till, 7 ans y baignent depuis toujours, ou presque. Portrait de passionnés.

Une famille amoureuse du football américain

Tout commence en 2001, avec Sven. « On jouait au foot US à la console avec des potes et on s’est dit que ça serait cool d’en faire en vrai », raconte le père de famille. À 16 ans, il rejoint les Léopards de Rouen qui n’ont alors pas vraiment de section junior.

En 2002, au lycée, Sven rencontre Élodie, celle qui deviendra sa femme et la mère de ses enfants. Elle l’accompagne à l’entraînement et, alors qu’elle n’y connaît rien, décide de se lancer dans le flag, la « version douce » du sport, la seule, à l’époque, à proposer une équipe mixte. « Ça a matché », sourit-il, au sens propre comme au figuré.

Jeu, coaching, arbitrage, bureau… « On a tout fait »

Au fur et à mesure, le couple prend de la place dans le club. Sven joue au football américain et coach l’équipe de flag où est Élodie. Il passe aussi par la trésorerie et l’arbitrage. Élodie s’occupe du secrétariat, elle entraîne, elle aussi. « On a tout fait. On s’est investi, même de trop, mais on y trouvait notre compte », avoue la passionnée.

Football américain ou flag ?

Les deux sports partagent des bases communes, mais plusieurs différences sont à noter.

Le football américain : 11 joueurs par équipe, terrain de 91 mètres, plaquages et équipements complets.

Le flag : 5 joueurs par équipe, terrain de moins de 50 mètres, pas de contact, mais arrachage de ruban au niveau de la ceinture.

Pendant plus de dix ans, le couple est perfusé au football américain. « Avec le recul, c’est un peu zinzin, on ne va pas se le cacher. Tout tournait autour de ça », sourit Sven.

Le sportif arrête le jeu en 2012. Alors qu’il quitte Rouen, en troisième division (D3), pour monter à Amiens, en première division (D1), il se blesse : « Je suis parti six mois, mais je me suis fait les ligaments croisés. J’ai jamais pu rejouer », regrette-t-il.

Il se consacre donc au coaching, entre Barentin, où évolue Élodie aux Crazy Bees, et Rouen, chez les Léopards. Deux clubs tenus par des amis de longue date. D’un côté Samy Covo, passé lui aussi par le club de Rouen, et de l’autre Édouard Boivin, actuel directeur et manager des Léopards. Sa règle : « Si je coache chez l’un, je coache chez l’autre. »

Sven fini par se centrer sur les Léopards uniquement, gravit les échelons et devient entraîneur principal de 2015 à 2019. En trois ans, il contribue à faire passer l’équipe de la D3 à la D1.

En 2019, la naissance de Till et une certaine lassitude l’éloignent du banc. Mais il garde un œil sur le terrain : « Je râle quand je vois les Léopards jouer, comme un vieux con qui dit : ‘c’est pas comme ça que j’aurais fait’, mais j’aime ça. »

De son côté Élodie a continué le flag dans des équipes comme Évreux, Rouen ou Barentin.

Le virus se transmet

Liv a commencé le flag il y a deux ans, en regardant jouer sa mère. Till l’a suivi quelques mois plus tard. Leurs parents assurent ne pas les avoir forcés : « Ils baignent dedans depuis tout petits, mais on n’a pas demandé qu’ils en fassent », insiste Sven.

« Petite, j’avais même peur des joueurs de football américain avec leurs casques », complète Liv.

La jeune fille joue aujourd’hui en U13, soit la catégorie des moins de 13 ans, à raison d’1h30 par semaine. Le dimanche, place aux matchs. « On y passe la journée de 9 heures à 16/17 heures » lance Élodie.

Till aussi aime jouer, même s’il se fait plus discret.

Une famille « en décalage »

À la maison, on regarde des matchs, on râle contre les joueurs, on s’échange des vidéos. Sven explique les règles à sa fille, toujours gourmande de questions. Le sport US est partout.

« On aime, car il y a un côté un peu niche de faire un sport en décalage, pas comme tout le monde », note Sven.

C’est fou de voir qu’un mec de 70 kg peut jouer avec un mec de 180 kg dans le même sport. En plus, c’est beaucoup moins élitiste que le baseball.

Et puis, « c’est technique, comme des échecs, mais avec des humains », ajoute-t-il.

Il y a aussi la communauté : « Nous, au foot US, on retrouve une famille, un microcosme ». La passion est donc loin de s’arrêter chez les Bourdiguel.

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