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Tout s’est accéléré en quelques heures. Vendredi 16 octobre, la procureure de la République de Troyes, Isabelle Verissimo, a confirmé l’ouverture d’une enquête visant Jocelyn Blanchard, directeur sportif de l’Estac, une information révélée par L’Est-éclair. Dans la soirée, le club promu en Ligue 1 annonçait la fin de leur collaboration « avec effet immédiat ».
L’enquête, confiée au commissariat de Troyes, fait suite à plusieurs signalements de salariées du club. Elles dénoncent des propos et des gestes physiques à caractère sexiste, qui se seraient répétés dès les premières semaines suivant l’arrivée du dirigeant, cet été. Les faits restent à établir, et Jocelyn Blanchard demeure présumé innocent.
Le communiqué du club tient en deux phrases : « L’Espérance Sportive Troyes Aube Champagne et Jocelyn Blanchard, directeur sportif, ont mis fin à leur collaboration avec effet immédiat. L’ESTAC s’attachera à assurer la continuité de son projet sportif et entamera prochainement le processus de recrutement d’un nouveau directeur sportif. » Pas un mot de plus. Sobre, presque clinique.
Le malaise, lui, ne date pas de cette semaine. Le City Football Group, propriétaire du club aubois, avait ouvert une enquête interne dès le 30 septembre. Pourtant, le dirigeant avait continué d’exercer normalement ses fonctions. Il était même présent dimanche dernier lors de la rencontre entre Troyes et l’Olympique de Marseille.
C’est bien là que le bât blesse. Pendant plus de deux semaines, rien n’a bougé en apparence, alors qu’une procédure était en cours. Il aura fallu que le parquet entre dans la danse pour que le couperet tombe. La question de la réactivité du club et de son actionnaire face aux signalements sera forcément posée.
À 54 ans, l’ancien milieu de terrain n’est pas un inconnu. Directeur sportif du RC Lens à deux reprises (2011-2012, puis 2013-2017), il est ensuite passé par le RFC Seraing, en troisième division belge, puis par l’USL Dunkerque, alors promue en Ligue 2. Son arrivée à Troyes cet été devait accompagner le retour du club dans l’élite, sous l’égide du réseau City.
Le projet tourne court. Et de la pire des manières.
Ironie du calendrier, l’Estac reçoit ce samedi soir… le RC Lens, son ancien club. Le vestiaire va forcément en parler, mais devra se concentrer sur le terrain pendant que la direction cherche un successeur.
Pour Troyes, le chantier est double. Sportif, d’abord : un promu ne peut pas s’offrir de longues semaines de flottement dans son organigramme, surtout à l’approche du mercato d’hiver, où le directeur sportif est d’ordinaire en première ligne. Institutionnel, ensuite, car le club et le City Football Group devront démontrer que la parole des salariées a été entendue.
De l’extérieur, personne ne l’avait vu venir. En interne, visiblement, l’alerte avait été donnée bien plus tôt. L’enquête dira désormais ce qu’il en est réellement.