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À Singapour, la Red Bull RB22 s’est soudain révélée redoutable, offrant enfin à Max Verstappen une arme à la hauteur. Pour Isack Hadjar, cette métamorphose ouvre une phase bien plus périlleuse de son apprentissage en F1.
À Singapour, pendant que les regards se tournaient vers les néons de Marina Bay, c’est surtout dans les datas de Red Bull que le vrai feu d’artifice a eu lieu. La RB22, jusque-là capricieuse, a enfin retrouvé une vraie fenêtre de performance et offert à Max Verstappen une monoplace taillée pour son style agressif, y compris sur un tracé historiquement hostile à l’équipe de Milton Keynes.
Pour Isack Hadjar, l’histoire est un peu différente. Le Français découvre une voiture redevenue redoutable, mais surtout construite autour des préférences très marquées de son quadruple champion du monde de coéquipier. Et en voulant la ramener vers un comportement qui lui ressemble davantage, le rookie s’expose à un scénario bien connu dans le clan Red Bull, que certains résument déjà en deux mots : syndrome Sergio Pérez.
Le Grand Prix de Singapour a longtemps été le juge le plus sévère des monoplaces Red Bull : bosses, vibreurs agressifs, enchaînements lents, tout ce que la RB22 détestait. Cette fois, la voiture a affiché un net regain de compétitivité sur le circuit de Marina Bay, signe que l’écurie a fini par débloquer un problème d’exploitation qui la suivait depuis des années. Un détail pour le grand public, mais un changement majeur pour les ingénieurs comme pour les pilotes.
Tom Coronel, ancien pilote devenu consultant, souligne le travail accompli sur l’arrière de la monoplace, longtemps point faible de la RB22. "Ils ont résolu le problème qui leur donnait du fil à retordre depuis quatre ans", explique-t-il, cité par Nextgen-Auto. Derrière cette phrase se cache une réalité très claire : un train arrière enfin stabilisé permet à Red Bull de ressortir une arme qu’elle maîtrise mieux que personne, un train avant très incisif, extrêmement vif, exactement ce que recherche Max Verstappen pour faire la différence en entrée de virage.
Face à cette monoplace redevenue ultra-pointue, Isack Hadjar a exprimé le souhait d’ajuster la balance de sa voiture pour la rendre plus conforme à son propre style. En clair, calmer un peu ce train avant qui plonge très vite et rassurer le pilote à l’attaque. Pour Tom Coronel, c’est précisément là que le danger commence. "Si on redevient un peu plus lent... Une voiture avec un train avant très incisif semble être trop vive. Et c'est aussi ce que Max préfère", décrypte-t-il. Adoucir l’avant rassurerait sans doute le Français, mais "Il ne faut pas avoir peur de cet arrière de la voiture. [...] S'il règle la voiture comme il le souhaite, nous allons simplement retrouver des écarts compris entre trois dixièmes et une demi-seconde."
Derrière l’avertissement, le message adressé au rookie est limpide : chez Red Bull, on ne casse pas une voiture gagnante pour mettre à l’aise le deuxième pilote. C’est à ce deuxième pilote de s’ajuster à la référence maison. Pour Tom Coronel, la marche à suivre est claire pour le Français : "Qu'il reste simplement dans le sillage de Max en tout point. Qu'il regarde où il gagne du temps pour essayer de s'approprier ses sensations. Ne pas changer la voiture pour l'adapter à ses propres préférences. Parce que, tout simplement, cela ne fonctionne pas. En fin de compte, c'est le chronomètre qui fait foi." Une feuille de route brutale, surtout pour un débutant, mais qui résume assez bien ce qui attend désormais Isack Hadjar au volant de cette RB22 redevenue une arme très exclusive.