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Richard Araujo et Gérald Piton ont réalisé une belle performance parmi les professionnels, lors de l’une des épreuves reine du circuit européen. Le résultat d’une équipe de potes qui a son propre championnat
« Quand j’y pense encore, j’ai les poils des bras qui se hérissent… » L’Agenais Richard Araujo, 55 ans, se souviendra longtemps de son premier EPT (European Poker Tour), disputé du 22 au 29 août à Barcelone. L’une des étapes les plus prestigieuses du circuit de poker européen, avec Paris, Dublin et Monaco. Et il n’était pas tout seul à se distinguer parmi des professionnels venus du monde entier, puisque son copain Gérald Piton, 48 ans, également Agenais, a lui aussi terminé ITM (« in the money », c’est-à-dire dans les places...
« Quand j’y pense encore, j’ai les poils des bras qui se hérissent… » L’Agenais Richard Araujo, 55 ans, se souviendra longtemps de son premier EPT (European Poker Tour), disputé du 22 au 29 août à Barcelone. L’une des étapes les plus prestigieuses du circuit de poker européen, avec Paris, Dublin et Monaco. Et il n’était pas tout seul à se distinguer parmi des professionnels venus du monde entier, puisque son copain Gérald Piton, 48 ans, également Agenais, a lui aussi terminé ITM (« in the money », c’est-à-dire dans les places payées), à quatre places de distance. Ils finissent respectivement 57e et 61e, sur 1 823 inscrits.
Mais ceux qui ont suivi en direct l’EPT de Barcelone, sur la chaîne YouTube de Poker Star, ont vite constaté que les animateurs Benny et Yu ont fait des deux Agenais leurs chouchous, au fur et à mesure qu’ils franchissaient les journées couperet. Car ici, on tchatche en direct via Internet et d’autres Lot-et-Garonnais se sont empressés de raconter la belle histoire de Gégé et Richie, qualifiés par l’intermédiaire d’un « EPT des Copains ». Participer à un EPT n’est, en effet, pas à la portée de tous, le ticket d’entrée étant de 5 300 euros.
Cet EPT des Copains a fêté ses 10 ans cette année, un groupe fondé au départ par Romain Quirosa, François Macé et Didier Barthe (ce dernier, récemment disparu, avait réalisé jusqu’ici la plus belle performance du groupe en finissant 61e à l’EPT de Monaco). La plupart ont été ou sont membres de l’association Agen Poker Team (devenue le mois dernier Poker Team 47), mais ils ont aussi formé de leur côté un groupe de 13 joueurs qui se réunit une fois par mois chez l’un ou chez l’autre, en toute convivialité. « On se fait un petit repas entre nous et c’est l’occasion de passer un bon moment », explique Gérald Piton.
Les 13 potes se sont organisé un mini-championnat en 10 étapes, et le vainqueur final empoche son entrée à un EPT, s’engageant à redistribuer aux autres copains un tiers de ses gains (19 000 euros à Barcelone pour chacun des deux Agenais). Le tandem s’est retrouvé dans la cour des grands, jouant parfois à quelques chaises de distance. « Il fallait surtout ne pas se mettre la pression, ne pas avoir peur des adversaires, jouer notre poker comme si c’était un tournoi à 200 euros, sinon on se bloque », explique Gérald Piton. Ils ont croisé quelques têtes connues du milieu, comme le très bon Français Arnaud Enselme, « avec qui on a pu discuter, mais on avait surtout la tête dans notre jeu… »
Et vient le moment où on annonce à Richard Araujo que sa table « casse », et qu’il va jouer à la table télévisée, celle-là même où se disputera la finale entre une poignée de joueurs, avec plus d’un million d’euros à la clef. « Ça a été un moment de stress, presque de panique, confie Richard. Lorsqu’on arrive à cette table, on nous supprime le téléphone qui est placé dans une boîte hermétique, on regarde si on n’a pas une montre connectée et on nous pose un micro. Bref, c’est la tension, je m’assois et en face, je vois John Juanda… » Une légende du poker qui a remporté des titres prestigieux.
Durant les trois premières journées, les deux Agenais parviennent à entasser les jetons au-dessus du tapis moyen : « C‘est une histoire de chance, mais surtout de bon timing, explique Gérald Piton. On a joué le bon jeu au bon moment. » Et si c’est physiquement assez rude, chacun s’est organisé au mieux, en se faisant assister pour la logistique par un neveu ou une copine, car « on commence à midi, on finit à 22 heures, et comme on faisait la synthèse de la journée, on n’était pas couchés avant 2 heures du matin. Heureusement, on avait la matinée pour se reposer. »
Puis la chance tourne, le stack (le nombre de jetons de chaque joueur) diminue comme peau de chagrin. Gérald perd avec une bonne main, As dame, contre roi dame, plus faible, « mais mon adversaire touche son roi à la river » (l’ultime carte) ce qu’on appelle un « bad » dans le jargon, « mais bon, c’est le poker… » Richard doit abdiquer avec As valet. « J’ai beaucoup réfléchi car j’étais 57e, et qu’à partir du 55e on sautait d’un palier, avec un gain plus important. J’ai fait boîte (tapis) mais je suis tombé contre As dame… »
Les deux Agenais sautent à une demi-heure d’intervalle, mais ils gardent le souvenir « d’un moment irréaliste », et s’ils sont allés aussi loin, « c’est qu’on a su faire faire preuve de patience », le nerf de la guerre au poker. Maintenant qu’ils y ont pris goût, il va leur falloir gagner de nouveau l’EPT de Copains pour se remettre à table avec les meilleurs.