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Route du Rhum, Vendée Globe : pourquoi le marché des Imoca surchauffe, fragilisé par la course à l’innovation
Le skipper français Corantin Horeau navigue à bord de son monocoque Imoca MACSF lors de l’épreuve des runs du Défi Azimut, en amont de la course en solitaire de la Route du Rhum reliant Saint-Malo à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), au large de Lorient, le 16 septembre 2026.

Dix-huit mètres de carbone qui s’arrachent de l’eau et filent à 75 km/heure en survolant la mer. Ce dimanche 1er novembre, 22 bateaux de la classe Imoca s’élanceront de Saint-Malo pour la Route du Rhum. Une étape clé pour la préparation du Vendée Globe, ce mythique tour du monde en solitaire, sans escale ni assistance, dont la prochaine édition aura lieu en 2028.

Véritables Formule 1 des mers, ces monocoques incarnent le summum de la performance nautique, surtout depuis l’arrivée des « foils » en 2016. Ces appendices en forme d’ailes ou de moustaches – c’est selon – soulèvent la coque et propulsent les bateaux au-dessus de l’eau, ouvrant une nouvelle ère de vitesse. En janvier 2025, le skipper Charlie Dalin a ainsi bouclé le Vendée Globe en 64 jours, pulvérisant de plus de neuf jours le précédent record. En modifiant profondément la physique des bateaux, les foils ont provoqué une rupture de performance avec les anciens modèles à simples dérives. Ironie de l’histoire, l’obsolescence frappe aujourd’hui les bateaux à foils eux-mêmes : sur la vingtaine d’Imoca d’occasion à vendre sur le circuit, treize « foilers » peinent à trouver preneur.

Le cas Maître CoQ V, un Imoca à foils conçu pour courir le Vendée Globe de 2024 avec le skipper Yannick Bestaven, est un signal fort. Construit à la pointe de l’innovation pour 7 millions d’euros, il a été mis en vente à l’été 2025 pour 5 millions, puis descendu à 3,5, avant de rester plus d’un an sur son quai à La Rochelle sans susciter d’offre. Le skipper a fini par le racheter lui-même pour le confier à un jeune marin dont l’identité reste à dévoiler. « Que des foilers compétitifs restent en vente aussi tardivement, c’est nouveau », reconnaît Antoine Mermod, président de la classe Imoca (International Monohull Open Class Association). « Le secteur favorise l’innovation, donc l’obsolescence des bateaux est très rapide », note de son côté l’économiste du sport Jean-Pascal Gayant.

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