Retour
Certains joueurs répondent aux rumeurs par communiqué. Endrick, lui, a choisi le terrain. Entré à l’heure de jeu à la place de Vinícius, alors que le Real Madrid perdait 3-1 à Rome, le Brésilien a pesé sur deux des trois buts de la remontada (4-3) : sa tête repoussée par le gardien a permis à Carlos Espí de réduire le score, avant qu’il ne marque lui-même de la tête sur un corner d’Arda Güler. Le tout quelques jours après que José Mourinho a publiquement refusé de le laisser partir.
Car le dossier Endrick agitait le marché. Le journaliste espagnol Juan Jesús affirmait début octobre que Manchester United s’intéressait à l’attaquant pour le mercato d’hiver. L’AC Milan et le Borussia Dortmund suivaient aussi la piste, et Milan avait même identifié le Brésilien comme renfort idéal via un prêt de quelques mois. Ses représentants ont d’ailleurs rencontré le club pendant la trêve internationale pour discuter de son avenir.
La réponse de Mourinho a été limpide. « Je ne pense pas qu’Endrick ait besoin d’être prêté », a tranché le Portugais, convaincu que le joueur peut connaître beaucoup de succès à Madrid. Avant le déplacement à Rome, interrogé sur son faible temps de jeu, il avait encore insisté sur l’avenir prometteur du Brésilien. Selon TEAMtalk, la direction du Real n’a de toute façon aucune intention de le laisser filer cet hiver.
Le paradoxe est réel. Recruté pour une somme estimée à 70 millions d’euros, Endrick a longtemps attendu sa chance derrière Kylian Mbappé et Vinícius. Un joueur que tout le monde veut, sauf… pour jouer. Ou plutôt : un joueur que son entraîneur veut garder, sans pouvoir lui garantir des minutes.
Sauf que la donne vient peut-être de changer. Avec la suspension de Vinícius en Liga pour quatre matchs, dont le Clasico du 25 octobre, une place se libère sur le front de l’attaque. Le timing est presque trop beau. Endrick, lui, garde un discours sobre : il assure travailler chaque jour pour aider l’équipe. Pas de revendication, pas de coup de pression. Juste un but au bon moment.
Pour Mourinho, cette prestation tombe à pic. Le Portugais a toujours aimé les joueurs qui répondent aux critiques par l’effort, et il tient là un argument de poids face à ceux qui jugeaient un prêt inévitable. Bloquer un départ pour ensuite laisser le joueur sur le banc aurait été difficile à justifier. Ce ne sera peut-être plus le cas.
Reste à transformer l’essai. Un but en coupe d’Europe ne fait pas une saison, et la concurrence reste féroce au Real. Mais une chose est sûre : à Milan comme à Manchester, le message a été reçu. Endrick n’est pas à vendre, et il compte bien le prouver.
Premier test dès samedi contre Séville, sans Vinícius. Les dés sont jetés.