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Il a longtemps gardé le silence. Plus maintenant. Dans un entretien publié par L’Équipe ce vendredi 16 octobre, Jean-Pierre Papin accuse Ali Zarrak, ancien responsable de la Pro 2 de l’OM (l’équipe réserve), de lui avoir fait subir « du harcèlement moral pendant un an et demi ». Une charge frontale : la légende olympienne le désigne comme la cause principale de son départ du club, en mai 2025, lorsqu’il dirigeait la réserve.
« Ce monsieur décide de tout. Qui doit jouer, ou pas, qui punir, ou pas. Il sapait complètement mon autorité », lâche l’ancien buteur. Et de poursuivre, sans filtre : « Avoir joué autant d’années à l’OM et terminer sur des ragots alimentés par des mecs qui ne connaissent rien au football, rien au club, ça fait chier, ça gâche la fin. »
En voilà une sortie qui va faire du bruit sur la Canebière.
Le récit de Papin commence pourtant comme une jolie page de football. Revenu à Marseille comme conseiller, il hérite ensuite d’une réserve en difficulté, remet de la simplicité dans le jeu (un 4-4-2, des certitudes à reconstruire) et termine deuxième, derrière Istres. Puis tout se grippe au moment d’attaquer sa deuxième saison, avec l’arrivée de ce nouveau responsable de la Pro 2, alors proche de Medhi Benatia.
Pablo Longoria n’est pas épargné. « J’ai alerté dix fois Pablo, il m’a promis dix fois de s’en occuper, rien n’a changé », affirme Papin, qui dit avoir senti l’ancien président « devenir différent » avec lui au bout d’un an. Plus d’un an après, la pilule ne passe toujours pas.
Rarement une icône du club aura réglé ses comptes avec une telle franchise.
La réplique n’a pas traîné. Vendredi, peu avant minuit, Ali Zarrak, aujourd’hui responsable du scouting de l’OM en Île-de-France, a publié sur X un message qui ne nomme personne : « Quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier, elle met plus de temps mais finit toujours par arriver. »
Pas de démenti point par point. Pas de communiqué. Juste une phrase. Mais une phrase lourde de sous-entendus, qui laisse clairement entendre que le dirigeant conteste la version de l’ancien entraîneur. Ou plutôt, qu’il la conteste sans vouloir, pour l’instant, entrer dans le détail.
À ce stade, il faut le rappeler : les accusations n’engagent que Jean-Pierre Papin.
Au-delà du conflit de personnes, l’affaire pose une question qui dépasse largement le cas de la réserve marseillaise. Quelle autorité reste-t-il à un entraîneur lorsqu’un dirigeant pèse sur la composition et les sanctions, et que ses alertes répétées auprès du président restent lettre morte ?
Pour Papin, le goût est amer. Celui qui a porté le maillot olympien de 1986 à 1992, avec quatre titres de champion de France à la clé, rêvait de boucler la boucle à la maison. Il en garde le souvenir d’un rendez-vous gâché. Quant au bras de fer avec Zarrak, il ne fait sans doute que commencer.