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Ils étaient déjà loin. Au moment où Léa, Arnaud et Blandine ont franchi la ligne d’arrivée du marathon de Lille, les vainqueurs avaient quitté le podium depuis près de quatre heures. Deux courses en une, avec des enjeux bien différents. Récit de trois belles histoires de « finishers », nouveaux marathoniens, ce dimanche 25 octobre 2026.
6h, 20 min et 52 s : c’est le temps qu’a mis le sexagénaire habitué des courses, Claude Vaillant, pour parcourir les 42,195 kilomètres du marathon de Lille, ce dimanche 25 octobre 2026, fêté par quelques bénévoles à l’arrivée. Il était le 15683e participant à franchir la ligne, sur 20 000 partants environ. « J’ai vu un paquet de marcheurs, c’est dingue », confie une athlète amateure d’un club la métropole après sa course, relevant « l’enfer du vent dans la tronche ».
Et quelques minutes devant Claude, ce sont d’autres courageux qui se sont accrochés pour ne pas dépasser les 6 heures imparties. Parmi ceux que nous avons rencontrés, on vous présente trois histoires marquantes :
C’est en toutes petites foulées, léger sourire sur le visage, qu’Arnaud a regardé l’écran affichant le temps au moment d’en finir : 5h47 après son départ, boulevard de la Liberté, il a terminé son premier marathon, ce dimanche, à Lille.
« À 6″ ans, je me suis dit que c’était peut-être la dernière occasion de faire un marathon. J’ai eu du mal. Mon objectif c’était 5h30 mais j’ai marché les deux derniers kilomètres. J’ai été surpris par cette émotion en arrivant. »
Et c’est avec une humilité sans pareil, on ne peut plus étonné, qu’il confie, sous quelques larmes :
« Je suis content de l’avoir fait. On se demande pourquoi on se fait mal comme ça. Pour moi c’était un challenge, j’ai fait un infarctus y a 5 ans. 5 ans après, c’est bien… Je suis ému, c’est bizarre. »
Et le Lillois de profiter de ce « symbole » auprès de sa femme et de ses fils venus l’encourager.
Peu de temps avant qu’Arnaud arrive, c’est une ribambelle de t-shirts bleus qui ont illuminé l’arche du Champ-de-Mars affichant « 6h01 », après 5h46 de réel effort.
Au milieu de Léa, jeune Tourquennoise bientôt âgée de 7 ans, une dizaine de proches ont pris part au marathon de Lille. Tous l’ont fait pour l’association que ses parents ont créée en 2023 afin de financer les soins très coûteux qu’exige le syndrome de Mowat-Wilson qu’elle porte, une maladie génétique rare.
« On paie essentiellement des rééducations qui coûtent environ 3 000 euros la semaine. Avec le marathon, on avait un objectif de 5 000 euros récoltés dans la cagnotte. On en a finalement plus de 7 000. On pourra donc aider 7 enfants en situation de handicap ! »
Tout au long du parcours, quatre enfants aidés par l’association Pour les beaux yeux de Léa, dont cette dernière, se sont relayés dans la poussette tenue par la dizaine d’engagés portant un t-shirt aux couleurs de l’asso. La fille de Laetitia a quant à elle rejoint le groupe pour les 10 derniers kilomètres.
C’est finalement en marchant, chacune de ses mains tenue par l’un de ses parents, que Léa a terminé la course sous les applaudissements !
« C’est beaucoup d’émotion ! C’est une solidarité énorme qu’on ressent pour nos enfants. On peut parfois se sentir seuls dans notre quotidien de parents aidants et en fait d’avoir une association qui nous soutient comme ça et qui se donnent à fond pour nos enfants c’est extraordinaire ! »
Après le semi-marathon de Marcq-en-Barœul fin septembre, l’association ne s’arrête donc pas et marque là une étape historique dans son aide apportée aux enfants en situation de handicap.
Dernier portrait de cette série avec une histoire atypique ! Blandine Mallevaey, originaire de Saint-André-lez-Lille, a terminé la course sans chaussures, après plus de 5h50 d’effort !
Fille et compagne de marathoniens, elle se lançait elle aussi pour la première fois à l’assaut d’une telle distance. Mais près du parc Jean-Baptiste Lebas, en toute fin de course, son parcours aurait pu prendre fin :
« J’ai senti que j’avais une douleur terrible dans le pied ! Peut-être un ongle cassé… J’allais arrêter et quelqu’un m’a conseillé de finir sans les chaussures. J’ai donc couru 3 kilomètres en chaussettes. On se sent porté à la fin et j’avais ma famille donc ça allait mais ça fait quand même bien mal ! »
Et son père de reconnaître : « elle a bien mérité sa médaille ! » Avant que sa fille apprécie également : « Pouvoir dire ‘je l’ai fait’, c’est exceptionnel ! C’était le plus grand défie de ma vie ! »