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« C’est un peu comme footballeur, sauf qu’on n’a pas le même salaire » : au cœur de la préparation du parachutiste girondin Matéo Limnaios, avant les championnats du monde aux États-Unis

Originaire de La Réole dans le Sud-Gironde, Mateo Limnaios va participer aux championnats du monde de parachute freestyle aux États-Unis avec son partenaire Lucas Colin. Immersion au cœur des derniers préparatifs, à l’aérodrome de Pamiers en Ariège

Les deux compères travaillent ensemble depuis deux ans en parachute freestyle, une discipline artistique où un cameraman et un performeur ont 45 secondes de chute libre pour réaliser un enchaînement de figures, noté ensuite, comme en gymnastique...

Les deux compères travaillent ensemble depuis deux ans en parachute freestyle, une discipline artistique où un cameraman et un performeur ont 45 secondes de chute libre pour réaliser un enchaînement de figures, noté ensuite, comme en gymnastique. Récemment champions de France, le Girondin, dans le rôle du cameraman, et le Bourguignon, en tant que performeur, préparent les championnats du monde, qui se déroulent aux États-Unis du 18 au 24 octobre, où ils viseront le titre. « Je suis très confiant », glisse au téléphone l’entraîneur Sébastien Chambet, qui accompagnera l’équipe de France de l’autre côté de l’Atlantique.

Le parachutiste girondin Mateo Limnaios (à droite) et son partenaire Lucas Colin, à l’entraînement avant les championnats du monde.
Le parachutiste girondin Mateo Limnaios (à droite) et son partenaire Lucas Colin, à l’entraînement avant les championnats du monde.

Durant leur préparation, ils ont passé huit jours à l’aérodrome de Pamiers en Ariège, pour perfectionner leur performance. « C’est assez intense, on saute entre 10 et 12 fois par jour », détaille Matéo Limnaios, rencontré sur place le 6 octobre dernier. À 9 h 30, la journée est déjà bien entamée : « On vient de terminer le quatrième saut ! »

4 000 mètres

À Pamiers, ils s’entraînent en autonomie, et sautent en même temps que l’équipe de France de vol relatif, où cinq parachutistes réalisent des figures en synchronisé. À peine le temps d’expliquer le déroulé de la matinée qu’il faut déjà remonter dans l’avion. 10 h 10 : cinquième décollage de la journée. L’atterrissage se fait quinze minutes plus tard, après un saut à 4 000 mètres. À 10 h 27, Mateo et Lucas se pressent pour enlever leur matériel, le temps de lâcher avec un sourire : « Tout roule parfaitement ! » Un nouveau parachute sur le dos et à 10 h 30, revoilà les sportifs déjà dans l’avion en train de décoller. La mécanique ne s’arrête pas jusqu’à 11 h 30 et l’heure de la pause, avec huit sauts au compteur.

Les deux parachutistes enchaînent les sauts à l’entraînement.
Les deux parachutistes enchaînent les sauts à l’entraînement.

Au sol, pour permettre de garder ce rythme, plusieurs plieurs préparent les parachutes qui viennent d’être enlevés et qui seront remis juste après. « C’est intense, mais il faut bien leur filer un coup de main ! », glisse Enzo, transpirant, en train de plier la voile de Matéo. Le tout se fait en musique et sous le soleil ariégeois.

La compétition se déroulera en trois phases : deux enchaînements imposés et un parcours libre.
La compétition se déroulera en trois phases : deux enchaînements imposés et un parcours libre.

Depuis la piste, on aperçoit au loin l’avion dans les airs et à un certain moment, deux petits points noirs tombant dans le vide pendant quarante-cinq secondes, le tout à plus de 250 km/h. La chorégraphie terminée, les deux jeunes se séparent, puis déclenchent leur parachute en étant encore à environ 1 000 mètres du sol. Après quelques rotations pour prendre de la vitesse, les voilà déjà les deux pieds sur terre.

« Être prêt dans la tête »

Après la pratique, vient le temps de l’analyse des vidéos, autant du côté de la réalisation des figures que de celle des images. « C’est vraiment du vol à deux, précise le Réolais. Mon rôle c’est d’embellir en images ce qu’il fait dans le ciel. » Une préparation millimétrée, qui s’accompagne d’un entretien sportif, même s’« il n’est pas nécessaire d’avoir un physique d’athlète pour faire du parachute », selon Lucas Colin. « C’est surtout dans la tête qu’il va falloir être prêt, tempère Sébastien Chambet. Le premier saut va être très important (ils en feront sept au total), les frustrations peuvent arriver très rapidement », selon l’entraîneur national.

Atterrissage tout en douceur pour Mateo Limnaios.
Atterrissage tout en douceur pour Mateo Limnaios.

Sauter en parachute plusieurs fois par jour n’est pas non plus sans conséquence : risque d’accidents, de blessures à l’atterrissage, changement de pression atmosphérique, ou encore risque d’hypoxie. « On n’a pas commencé à faire 12 sauts par jour d’un coup, il y a une préparation et une habitude », détaille Matéo Limnaios. « Mais c’est très fatigant. Disons qu’on est aussi content quand la saison se termine. »

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