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Ils élèvent, dans le Gers, depuis une dizaine d'années des chevaux arabes et anglo-arabes, spécialistes de l'endurance
Lordkila Al Mounjoye et Arnaud Somers ont remporté la compétition sur la distance de 80 km. Photo Les Garennes

l'essentiel L'élevage Al Mounjoye, situé à Préchac-sur-Adour dans le Gers, a remporté le 9 octobre à Lignières un titre national en endurance avec Lordkila Al Mounjoye. Fondé en 2016 par Virginie Trapp et Éric Carsana, cet élevage familial se distingue par sa passion pour les chevaux arabes et anglo-arabes.

Une passion, de belles rencontres et, dix ans plus tard, un titre national. Aux confins du Gers, à Préchac-sur-Adour, est né, en 2016, sur une motte féodale, l'élevage Al Mounjoye. Il vient de décrocher une victoire nationale, dans la discipline "endurance", avec Lordkila Al Mounjoye. Une récompense qui vient saluer des années de travail et une vraie aventure familiale autour des chevaux arabes et anglo-arabes.

"Mon mari, Eric Carsana, a toujours été un passionné des chevaux et il pratique l'endurance équestre depuis 1988", explique Virginie Trapp. Elle est préparatrice en pharmacie, il est charpentier. Sans se professionnaliser, le couple se lance dans l'expérience de l'élevage en parallèle de leurs activités professionnelles. Leur temps libre, ils le passent auprès de leurs chevaux.

L'élevage s'est spécialisé dans les chevaux arabes et anglo-arabes.
L'élevage s'est spécialisé dans les chevaux arabes et anglo-arabes. Photo Al Mounjoye

Le point de départ d'Al Mounjoye vient d'une rencontre avec Pierre-Dominique Fourcade. "C'est un éleveur de chevaux arabes de course de Soues dans les Hautes-Pyrénées, indique Virginie Trapp. Il nous a confié notre première jument, Djalkia." De cette dernière naît Djham Al Mounjoye qui devient leur premier champion de France modèle et allures à 3 ans. Le haras de Nautiac, installé à Tosse dans les Landes, leur confie ensuite deux juments, Seydnaya de Nautiac et Lorria de Nautiac, qui contribuent à bâtir les lignées de l’élevage, aujourd'hui fort de 18 chevaux arabes et anglo-arabes.

L'endurance, une discipline exigeante

Cet élevage qui se concentre sur une discipline spécifique : l'endurance. "Cela consiste à parcourir de longues distances à cheval, de 20 à 160 kilomètres en une journée, définit Virginie Trapp. C'est un peu comme le trail pour les humains." La discipline exige une préparation rigoureuse et une attention constante à la santé de l’animal. À chaque étape, des contrôles vétérinaires vérifient notamment son métabolisme et ses allures. "Il faut que tout soit vert pour que l'on puisse soit repartir, soit être qualifié. Même à la fin, s’il y a un moindre défaut, on est éliminé", explique l'éleveuse.

L'élevage compte désormais 18 équidés, chaque année deux ou trois poulains naissent.
L'élevage compte désormais 18 équidés, chaque année deux ou trois poulains naissent. Photo Al Mounjoye

La préparation est donc un enjeu majeur pour que les chevaux puissent parcourir de longues distances : les éleveurs organisent des sorties environ tous les deux jours dans les chemins alentours. À l’approche des échéances, ils se rendent aussi dans les Landes pour travailler le galop sur des pistes naturelles, plus adaptées à un effort continu.

Un titre national

Et cette exigence et ce savoir-faire ont tout récemment porté leurs fruits. Lordkila Al Mounjoye a remporté, le 9 octobre à Lignières (Cher), la finale nationale de la Société hippique française du cycle classique des 5 ans, sur 80 kilomètres. Fils de Lorria de Nautiac et de Calcium Artagnan, il s’est notamment distingué par ses temps de récupération et son mental impressionnants, puisqu'il a parcouru 50 kilomètres seul.

"On a souvent été près du podium, mais on n’avait jamais eu le premier prix", souligne l’éleveuse. Cette victoire a donc une saveur particulière : "C’est une immense fierté pour nous. Elle vient aussi illustrer la qualité de la lignée de Lorria qui continue de nous offrir des chevaux capables de briller aussi bien en modèle et allures qu'en endurance."

Cette victoire ouvre désormais de nouvelles perspectives à Lordkila, qualifié pour poursuivre sa progression vers des épreuves internationales, notamment sur 100 kilomètres.

Une aventure familiale à taille humaine

Une récompense qui vient ainsi encourager le travail réalisé par Virginie Trapp et Eric Carsana. Car cet élevage est une vraie aventure familiale à laquelle leur fille, Licia, 17 ans, participe pleinement, tout comme Arnaud Sommers, "un ami proche, qui est un peu comme notre fils adoptif". Ensemble, ils montent et entraînent les chevaux de l’élevage.

Pour autant, malgré ces bons résultats, Virginie Trapp et Éric Carsana ne veulent pas agrandir leur structure. "Nous souhaitons rester à taille humaine. On fait naître deux à trois poulains par an maximum", précise-t-elle. Leur priorité reste de faire progresser leurs lignées et de valoriser leur travail. Avec une ambition simple, continuer à voir leurs chevaux briller, sans perdre de vue ce qui a fondé l’élevage : la passion, des rêves et des rencontres.

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