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Footballeur et résistant patriote, fusillé par les nazis, Rino Della Negra, après le Panthéon, entre au musée
Rino Della Negra, footballeur de talent, recruté par le Red Star, a sacrifié une carrière sportive pour entrer dans la lutte armée contre l'ennemi nazi.
Rino Della Negra, footballeur de talent, recruté par le Red Star, a sacrifié une carrière sportive pour entrer dans la lutte armée contre l’ennemi nazi. ©Dr.

Footballeur et résistant, Rino Della Negra était les deux à la fois. Cet Argenteuillais, dont la famille avait fui l’Italie fasciste, était un grand espoir du Red Star, le club de foot de Saint-Ouen, qui ne l’a pas oublié. Une tribune porte son nom au stade Bauer.

Fauché en pleine jeunesse, le jeune Rino faisait partie pendant la Seconde Guerre mondiale du groupe des 23 résistants FTP-MOI (Francs tireurs partisans, Main d’œuvre immigrée) du groupe Manouchian. Une plaque commémorative où leurs noms sont gravés, est entrée le 21 février 2024 au Panthéon en même temps que Missak Manouchian et sa femme Mélinée. Le groupe de patriotes, que l’armée d’occupation allemande dénonçait sur l’affiche rouge, pour discréditer la Résistance, comme « l’armée du crime », a été fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien (Suresnes).

Don de photos et d’écrits

Reste le nom d’une rue à Argenteuil dans le quartier où il vivait avec les siens, une salle et un monument commémoratif en granit installé en 2009 par la municipalité d’Argenteuil. Rino Della Negra vient maintenant d’entrer au musée national de la résistance nationale à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.

« Le bonjour et l’adieu à tout le Red Star »

Ses descendants ont en effet fait don au musée de photos, vingt-quatre clichés inédits de sa jeunesse sportive, des documents, comme une carte de réfractaire au Sto (Service du travail obligatoire), des écrits, notamment sa lettre d’adieu avant d’être exécuté, celle où il envoie « le bonjour et l’adieu à tout le Red Star », où il embrasse les siens, soulignant n’avoir « jamais manqué de rien », une lettre et qu’on peut voir dans l’exposition « Résistants d’ailleurs… et pourtant oubliés ».

Un travail pour montrer le rôle des étrangers dans la résistance, via des missions de renseignement, de sabotage voire l’exécution de collaborateurs, comme ce que faisait Rino Della Negra, dont la nature athlétique incitait ses chefs à envoyer sur le terrain pour des actions dangereuses. Jusqu’à se faire attraper lors de l’une d’elles, l’attaque d’un convoyeur de fonds allemand.

Un espoir du foot

Dans le quartier Mazagran, rebaptisé alors Mazzagrande, Rino est le fils d’un briquetier originaire du Frioul, une région du Nord-Est de la péninsule italienne, près de Venise. Fuyant le fascisme, la famille est venue en France, d’abord dans le Pas-de-Calais puis à Argenteuil en 1926, cette ville de banlieue conquise par le Pcf neuf ans plus tard.

En 1937, Rino a 14 ans et entre à l’usine, malgré de bons résultats scolaires, comme apprenti ajusteur chez Chausson, à Asnières-sur-Seine. Sa passion, c’est le football. Il démarre au Football club Argenteuillais. Puis il intègre l’équipe de Chausson, qui remporte la Coupe de la Seine en 1938. Il gagne la Coupe du Matin-Fsgt en 1941 avec la Jeunesse sportive Jean-Jaurès d’Argenteuil, puis rejoint l’Union sportive athlétique de Thiais.

En 1942, réquisitionné pour le Sto, Rino refuse de partir en Allemagne. Il rejoint en février 1943 les Ftp d’Argenteuil puis le 3e détachement italien des Ftp-Moi de la région parisienne commandé par Missak Manouchian. Il participe à des attentats, notamment au siège du parti fasciste italien, à Paris.

C’est à ce moment-là qu’il est recruté par le Red Star. Il fera peu de matchs mais son souvenir reste intact. Et son exécution en fera un des héros de la résistance.

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