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Stade Toulousain : "Avoir quelqu'un à qui parler de temps en temps, c'est quand même bien" Comment Ange Capuozzo accompagne Tommaso Menoncello dans sa nouvelle vie à Toulouse
Ange Capuozzo et Tommaso Menoncello prennent la pose dans le Jardin des Plantes à Toulouse. NATHALIE SAINT AFFRE

l'essentiel Tommaso Menoncello a débarqué à Toulouse il y a deux mois. Au mois d'août, l'international italien a découvert Ernest-Wallon, le Stade Toulousain et la Ville rose, bien aidé par Ange Capuozzo qui a joué un rôle non négligeable dans l'arrivée du natif de Trévise au sein du club "rouge et noir". La Dépêche a réuni les deux joueurs pour en savoir plus sur leur complicité en dehors du terrain. Entretien.

C'est au milieu du Jardin des Plantes, dans le centre de Toulouse que le rendez-vous était donné. Peu avant le match face à Exeter lors duquel Tommaso Menoncello s'est blessé à l'épaule, les deux Italiens du Stade Toulousain ont joué le jeu de l'interview croisée. Ange Capuozzo était prêt à faire le traducteur mais c'était compter sans la progression bluffante du trois-quart centre pour maîtriser le français. C'est donc dans la langue de Molière que le nouveau venu a raconté son intégration au sein du collectif "rouge et noir" et dans ce nouvel environnement au sein duquel Ange Capuozzo (qui a rejoint Toulouse en 2022) occupe une place importante. 

Tommaso, ce que vous vivez au Stade Toulousain depuis votre arrivée correspond à ce qu'Ange vous avait décrit ?

T. M. : Oui. L'ambiance ici est vraiment bonne. C'est une très belle équipe avec de très bons coéquipiers, tous gentils. Ils ont tout le temps le sourire et je suis très content d'être venu ici. 

Quelque chose vous a-t-il surpris ?

T. M. : La simplicité du club malgré ce qu'il dégage de l'extérieur et le fait que ce soit presque une "usine". Il y a vraiment une simplicité, une ambiance familiale. Que ce soient les joueurs ou même le staff, tout le monde est disponible pour tout le monde. 

Comment se sont passés les premiers contacts et comment en êtes-vous venu à signer à Toulouse ?

T. M. : Quand j'étais dans ma dernière année de contrat à Trévise, beaucoup de clubs ont pris contact avec moi. Quand le Stade Toulousain m'a approché, j'ai tout de suite voulu approfondir le contact. Les propositions des autres clubs étaient également très intéressantes (La Rochelle et Toulon, NDLR) et je n'ai pas fermé la porte de suite mais je voulais voir ce qui pouvait se passer avec le Stade. J'ai été séduit par le sérieux du club et le fait qu'il gagne des titres.

Le fait qu'Ange joue à Toulouse a-t-il aidé ?

T. M. : Oui, c'est sûr. C'est un appui important.

A. C. : Après, je le dis souvent, cette décision était beaucoup trop importante pour lui, pour sa carrière et sa vie, pour que j'aie le moindre impact dessus. Il y a maintenant pas mal d'Italiens dans les clubs en France, que ce soit à Toulon, Perpignan... Je pense que cela n'a pas été l'élément le plus important dans sa prise de décision. Après, je me mets évidemment à sa place pour avoir aussi connu l'inverse, quand on arrive dans un autre pays, c'est sûr que de pouvoir avoir quelqu'un à qui parler de temps en temps, c'est quand même bien. Même si je ne parle pas parfaitement italien, je pense que ça lui fait du bien d'entendre un peu d'italien quelques fois dans la journée. Cela lui demande beaucoup d'efforts. 

Avez-vous appris l'italien quand vous avez pris la nationalité sportive en 2019 ?

A. C. : Je l'avais appris à l'école et j'avais forcément des expressions du milieu familial. Mais vraiment bien le parler, c'est une fois que j'ai été là-bas.

Même s'il n'y avait pas la barrière de la langue quand vous êtes arrivés de Grenoble en 2022, y a-t-il quelque chose qui vous a manqué et que vous apportez aujourd'hui à Tommaso ?

A. C. : C'est surtout dans la connaissance du club que j'essaie d'apporter mon point de vue. Sur le fonctionnement du club, du groupe. Quand on arrive dans un nouvel environnement, et c'est pareil pour tout le monde dans n'importe quel métier, on est en phase de découverte. Je ne vais pas dire qu'on perd du temps mais cela prend de l'énergie. Donc sans trop perturber ce qu'il doit découvrir par lui-même, j'essaie au maximum de lui apporter quelques détails de fonctionnement. Que ce soit sur sa récupération, sur notre mode d'entraînement qui est quand même très différent des autres clubs. Mais encore une fois, j'essaie de ne pas non plus empiéter sur ce qu'il a à découvrir seul.

Tommaso Menoncello sort blessé face à Exeter, ici réconforté par Ange Capuozzo.
Tommaso Menoncello sort blessé face à Exeter, ici réconforté par Ange Capuozzo. MARC SALVET

Dans le vestiaire, comprenez-vous les consignes ou Ange doit-il faire la traduction ?

T. M. : Au début, il me traduisait mais je comprends tout aujourd'hui. À mon arrivée, ça a été un peu dur par rapport à la barrière de la langue. Avec le temps, je commence à parler français et je peux communiquer avec mes coéquipiers, avec Ange.

A. C. : Lors du stage en Espagne, il y avait beaucoup de réunions, c'était assez lourd et je me mets à sa place. À la fin, le soir, je pense qu'on a envie de dormir (rires) ! Mais au final, je pense que cela a été un stage intensif de langue également et pas seulement sportif. Il a pu progresser très vite à ce moment-là. Aujourd'hui, il comprend tout lors des réunions et pourtant, dans le rugby, il y a quand même pas mal d'expressions ou de mots qu'on n'utilise pas dans la vie de tous les jours (sourire).

Prenez-vous des cours ?

T. M. : Oui. J'en fais trois par semaine.

Cela fait deux mois que vous êtes arrivé. Qu'est-ce qui est le plus difficile aujourd'hui ?

T. M. : Le style de jeu. Le championnat est très différent de l'URC. C'est une autre façon de jouer et c'est ce qui est le plus difficile pour moi. Mais mes coéquipiers sont tous très gentils avec moi.

Devez-vous réapprendre à jouer au rugby ?

T. M. : Non mais juste m'adapter pour le style de jeu en Top 14.

Et le plus difficile dans votre vie à Toulouse ?

T. M. : C'est assez similaire avec ce que j'ai connu à Trévise. Je vais au stade pour m'entraîner et je reviens à la maison.

A. C. : Ce qu'il veut dire par là, c'est que cela ne change pas du quotidien qu'il avait à Trévise. C'est quelqu'un de sérieux qui va à l'entraînement, qui récupère après chez lui. Donc pour l'instant il n'y a pas de gros changement.

L'avez-vous aidé ou orienté pour choisir une maison ?

A. C. : Pas tant que ça. Oui, j'ai essayé de l'aider un peu mais il n'y a pas eu beaucoup de choix pour lui. Il a trouvé une maison et il n'a pas trop eu la possibilité de choisir. Mais j'ai essayé de le guider un peu et je pense qu'il est bien. 

T. M. : Très bien (sourire) !

A. C. : Deux mois, c'est nouveau. Quand je vois qu'avec ma chérie, cela fait quatre ans et demi qu'on est à Toulouse et la vitesse à laquelle c'est passé, je me dis que deux mois, c'est zéro pour pouvoir prendre ses marques. Cela va venir avec le temps.

Ange Capuozzo et Tommaso Menoncello peuvent parler en français.
Ange Capuozzo et Tommaso Menoncello peuvent parler en français. NATHALIE SAINT AFFRE

Vous avez d'ailleurs découvert très tard le Jardin des Plantes...

A. C. : Oui (rires) ! Et franchement j'adore. C'est pour ça que je pense que ce qui lui plaît aussi, c'est que Toulouse est une grande ville mais il y a une ambiance qui est relativement cool. Pour être allé à Trévise, c'est une plus petite ville mais il y a une ambiance sereine, calme. Et quand on vient à Toulouse, on peut y trouver ce genre d'endroits. 

Connaissiez-vous Toulouse avant d'arriver ?

T. M. : Non mais l'équipe oui (sourire).

Servez-vous de guide, Ange ?

A. C. : Je lui envoie quelques endroits, pour aller manger aussi mais pour le coup, nous ne sommes pas des exemples avec ma chérie pour sortir dans Toulouse, encore plus depuis qu'on a un enfant. Pour l'instant, je pense que sa priorité est beaucoup plus sur le rugby et c'est sur ça qu'il a mis son énergie.

Avez-vous testé des restaurants ?

T. M. : Non, je n'ai pas encore mangé dehors, seulement chez Ange. 

Il cuisine bien ?

T. M. : Oui, oui (rires) !

A. C. : J'essaie (rires) !

Êtes-vous souvent ensemble en dehors du Stade ?

A. C. : Non mais de temps en temps, quand il se retrouve seul, cela peut être sympa de lui proposer. Par exemple, ce soir (courant octobre, NDLR), il a un gage avec l'équipe. Il doit recevoir 10 personnes chez lui. On va y aller, voir ce que ça donne et noter (sourire). Je connais le menu à l'avance et ça a l'air pas mal.

Quel sera le menu ?

T. M. : Carbonara et tiramisu.

Avec de la crème la carbonara ?

T. M. : Non, sans crème (rires) !

Une interview dans le sourire.
Une interview dans le sourire. NATHALIE SAINT AFFRE

Y a-t-il une communauté italienne que vous fréquentez à Toulouse ?

A. C. : Je ne la fréquente pas forcément mais je sais que dans le milieu de la restauration notamment, il y a une communauté napolitaine notamment. Mais des communautés italiennes, il y en a partout, dans toutes les villes du monde (sourire). Après, encore une fois, c'est une grande ville et on a la chance d'avoir notre communauté au sein du club. Et avec le temps, je sais très bien que Tommy va avoir son cercle au sein du club.

Tommaso, connaissez-vous tous les internationaux italiens qui ont joué à Toulouse ?

T. M. : Plus ou moins, oui. Je connais Ghiraldini et... (Il réfléchit) Il y a Ange, Martin (Page-Relo)...
A. C. : Ah, je n’ai pas les autres non plus.

Il y avait aussi Salvatore Perugini et Andrea Lo Cicero…

T. M. : Ah oui c’est vrai.
A. C. : Plus ou moins dans la même période en plus !

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