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Alors que le Rwanda vient d'obtenir un contrat de dix ans avec la F1, l'Afrique du Sud dénonce l'idée de limiter tout un continent à un seul Grand Prix.
Le retour de la Formule 1 en Afrique se précise, mais il suscite déjà des tensions. Alors que le Rwanda vient d'obtenir un contrat de dix ans pour accueillir un Grand Prix au début des années 2030, l'Afrique du Sud refuse de considérer cette annonce comme la fin de ses propres ambitions. Son ministre des Sports, Gayton McKenzie, estime qu'un continent de 54 pays mérite bien plus qu'une seule course.
La dernière épreuve de Formule 1 organisée sur le continent africain remonte à 1993, sur le circuit de Kyalami, en Afrique du Sud. Depuis, plusieurs projets ont été étudiés sans aboutir. McKenzie reste pourtant convaincu que son pays peut retrouver une place au calendrier dès 2028 ou 2029, indépendamment de l'arrivée du Rwanda.
Lors d'une conférence de presse relayée par Independent Online, Gayton McKenzie a vivement critiqué l'idée selon laquelle l'arrivée du Rwanda empêcherait l'organisation d'un deuxième Grand Prix africain.
Le ministre sud-africain considère que cette approche traduit un manque d'ambition pour le continent, particulièrement lorsqu'on compare sa représentation à celle des autres régions du monde.
"Je ne peux pas discuter avec des gens qui ont cette mentalité minimaliste, cette mentalité défaitiste, selon laquelle l'Afrique ne devrait avoir qu'une seule course, alors que le Moyen-Orient en compte quatre, les États-Unis trois et l'Europe neuf."
McKenzie estime que la taille et la diversité du continent justifient pleinement l'organisation de plusieurs épreuves.
"Et maintenant, vous vous attendez à ce que l'Afrique n'en ait qu'une seule ? Quelle est cette logique ? Vous voulez vraiment que tout un continent de 54 pays ne dispose que d'un seul Grand Prix ?"
Pour le ministre, l'annonce du Rwanda ne doit donc pas être interprétée comme une victoire d'un pays africain au détriment des autres, mais comme une première étape vers une présence plus importante de la Formule 1 sur le continent.
Le projet rwandais prévoit la construction d'un circuit entièrement nouveau au sein du futur complexe RISE Motordrome, à Bugesera, à environ 40 kilomètres au sud de Kigali.
Le tracé sera conçu par Tilke Engineers & Architects, en collaboration avec WurzDesign, la société de l'ancien pilote de Formule 1 Alexander Wurz.
L'épreuve portera le nom de Grand Prix d'Afrique et devrait rejoindre le calendrier au début des années 2030, dans le cadre d'un accord de dix ans.
Cette annonce représente une avancée majeure pour le retour de la discipline sur le continent, absent du championnat du monde depuis plus de trois décennies, après l'accord conclu par le président rwandais Paul Kagamé et le CEO de la F1 Stefano Domenicali (photo ci-dessus).
Mais l'Afrique du Sud poursuit parallèlement son propre projet autour du circuit historique de Kyalami.
Les autorités travaillent notamment à la mise aux normes des installations afin d'obtenir l'homologation FIA nécessaire pour accueillir un Grand Prix.
Malgré l'avance prise par le Rwanda, Gayton McKenzie assure que les deux candidatures ne sont pas concurrentes dans son esprit.
Il insiste sur le fait que l'Afrique du Sud continue de travailler selon son propre calendrier, avec l'objectif d'organiser une course dès 2028 ou 2029.
"Nous sommes très heureux pour le Rwanda. Nous faisons notre travail et nous sommes sur la bonne voie. Les gens ne doivent pas venir nous dire : 'Oh, ils vous ont battus.' Le Rwanda ne figure même pas dans nos dossiers."
Le ministre voit au contraire dans cette annonce une évolution favorable à l'ensemble du continent africain.
"Nous sommes très heureux pour le Rwanda, car cela nous aide dans notre mission visant à garantir la présence de la Formule 1 en Afrique."
Reste désormais à savoir si la F1 sera disposée à réserver deux places à des Grands Prix africains dans un calendrier déjà particulièrement chargé.
Pour l'Afrique du Sud, la question dépasse toutefois la simple concurrence entre organisateurs : après plus de trente ans d'absence, le continent africain ne devrait pas, selon McKenzie, être contraint de se contenter d'une seule épreuve.