Retour
Presque un miracle ? C’est bien ce que pensent Antoine, Valentin, Théo et Clément, 18 à 21 ans, venus ensemble de Saint-Aubin-de-Médoc et trop heureux de retrouver le stade Atlantique après un été durant lequel ils ont bien eu peur que le club disparaisse. « Nous, on n’a jamais connu que ce stade, on avait trop envie d’y revenir, explique Antoine. Je l’avais même visité avec ma famille quand j’avais 8 ans. »
Le quatuor dévide ses souvenirs : un match de barrage d’Europa Ligue contre La Gantoise, « en 2017 ou 2018, buts de Kamano et Briand », la réception du Paris SG « avec Neymar, Mbappé et Di Maria. On avait perdu, mais l’ambiance était incroyable. »
Du coup, le contraste avec le Régional 1 doit faire bizarre, non ? Ils montrent les banderoles « Le FCGB doit vivre » qui circulent sur les réseaux sociaux, « à Lens, Munich et même Toulouse, avec qui il y a pourtant une rivalité ancienne. Même en Régional 1, Bordeaux fait partie du Top 5 français. Il a une histoire, une culture foot que peu d’autres clubs ont. »
Cette histoire, elle saute aux yeux quand on voit les supporters arriver au stade. Un bon tiers, peut-être la moitié, arborent des emblèmes du club : survêtements, écharpes, maillots de joueurs historiques (Zidane, Chamakh, Laslandes, Koscielny)…
Stéphane, 49 ans, porte un maillot siglé Malardeau, sponsor des glorieuses années 1980. Pourtant, il vient de Rouen ! « Mais je supporte Bordeaux depuis toujours. J’ai commencé à l’époque de Giresse et Tigana, puis à celle de Zidane et Dugarry et ensuite à celle de Chamakh et Gourcuff. Le 3-0 contre Milan AC en 1996, c’était énorme. Et ensuite, le parcours en poule de Ligue des champions en 2009, quand les Girondins battent le Bayern et la Juventus. Il y a une ferveur incroyable autour du football dans cette ville. »
« Notre club, c’est les Girondins, pas Paris ou Marseille, même s’ils jouent en Régional 1 »
Pierre, 75 ans, remonte même aux années 1960. « Guillas, Montes… Je venais les voir en bus depuis Bazas avec mon père. Et puis après, Giresse. Notre club, c’est les Girondins, pas Paris ou Marseille, même s’ils jouent en Régional 1. Ce que je n’aime pas, c’est les guerres entre supporters. Dans une période comme celle-ci, il faut être unis pour aider l’équipe à remonter. »
C’est vrai que, dans les tribunes, l’opposition entre Ultramarines et North Gate donne souvent l’impression qu’ils supportent deux équipes différentes. Mais la ferveur de ces chants, alliée à la puissance de la sono, fait oublier qu’on est au sixième niveau national. On se surprend même à trouver l’ambiance plus intense que lors de certains matches joués dans le ventre mou de la Ligue 1, il n’y a pas si longtemps.