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S’il a terminé la saison de la plus belle des manières en remportant le Tour de Lombardie, Paul Seixas a peut-être pris un trop gros risque en participant au Tour de France cet été.
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Malgré une saison remarquable marquée par une quatrième place sur la Grande Boucle et un triomphe sur le Tour de Lombardie, Paul Seixas n’a pas totalement levé les doutes de Sean Kelly. La légende irlandaise du cyclisme, victorieuse de neuf Monuments, conserve d’importantes réserves quant à la gestion de la carrière du jeune coureur. Pour lui, l’avoir aligné dès l’âge de 19 ans sur le Tour de France pour y disputer le classement général constitue un risque considérable pour l’avenir.
L’Irlandais craint en effet que cet effort extrême au plus jeune âge ne se paye lors des prochaines saisons. « J’ai peur que ce soit trop jeune pour faire un Tour de France cette année, a-t-il ainsi confié au média Velo. Et aussi de le courir comme il l’a fait, en visant le classement général, en étant tous les jours dans la bataille. Son potentiel pourrait en souffrir à cause d’un Tour de France disputé trop jeune. »
« Je crains qu’un gars de 19 ans, faisant un Tour de France aussi intense qu’ils le courent aujourd’hui, ne voie ses performances affectées les années qui suivent, a-t-il poursuivi. Il pourrait ne pas atteindre le potentiel qu’il aurait eu si on l’avait emmené à un niveau plus accessible. »
Pourtant, l’ancien champion ne nie pas la classe exceptionnelle du Français après ses victoires au Tour du Pays Basque, à La Flèche Wallonne, sur le Tour de Lombardie et sa deuxième place sur Liège-Bastogne-Liège : « On ne peut qu’être impressionné par ses performances, a-t-il soufflé. On entendait parler des valeurs de puissance qu’il sortait à l’entraînement (…) La manière dont il a dominé le début d’année a confirmé ce qu’on entendait, ce que les Français disaient de lui. Et il a confirmé tout cela tout au long de l’année. »
Mais une interrogation fondamentale persiste pour le consultant irlandais : Paul Seixas a-t-il encore de la marge ? « Tout dépend désormais d’où ira Seixas à partir d’ici, s’interroge Sean . Va-t-il continuer à progresser ? Lui reste-t-il beaucoup de marge de progression ? Ou est-ce un coureur très précoce, et le niveau où il se trouve actuellement est-il à peu près celui où il va rester ? » Avant d’insister: « C’est peut-être son meilleur niveau. »
Enfin, face au maître du peloton, Tadej Pogacar, Sean Kelly estime que la marche reste très haute. Évoquant la polyvalence écrasante du Slovène, il résume avec son franc-parler habituel : « Comme je l’ai dit souvent, Pogacar sait tout putain de faire. » Et de conclure sur les chances du jeune Tricolore : « Pour battre Pogacar l’an prochain, à moins d’une chute majeure de performance de sa part à cause de son accident sur la Vuelta, je ne vois pas Seixas le battre. S’il est au niveau qui était le sien cette année avant sa chute, je ne vois pas Seixas y parvenir. »