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Jamais il ne court sans le drapeau de l’association qu’il représente. Jonathan Desnoyers, alias « Jonathan Trailer, le coureur solidaire », s’est fixé l’objectif, depuis qu’il s’est mis à la course à pied il y a quelques années, de parcourir des distances impressionnantes pour récolter des fonds et sensibiliser aux causes qui lui sont chères. Cette année, l’ultra-trailer a longé la Seine du Havre (Seine-Maritime) jusqu’à sa source, dans le département de la Côte-d’Or, avant de boucler son parcours à Honfleur (Calvados) après 1 500 kilomètres de course. Le midi du vendredi 16 octobre 2026, à deux jours de conclure son défi, il traversait Elbeuf (Seine-Maritime), où il a pris le temps de livrer ses impressions.
« Je suis un coureur solidaire, je cours toujours pour une cause. » C’est ainsi que Jonathan Desnoyers se décrit lorsqu’on lui parle de ses performances sportives hors-norme. Après avoir commencé la course à pied au début des années 2020 et la période du Covid, l’homme originaire du Havre s’est rapidement spécialisé dans l’ultra-trail.
Ainsi, il parcourt des centaines de kilomètres à travers le monde lors de courses mythiques comme le Marathon des Sables, au Maroc, ou la Diagonale des fous, à La Réunion, notamment.
Mais lors de ces épreuves de plusieurs jours, Jonathan Desnoyers ne se bat pas uniquement contre le chronomètre. Il va au bout de l’effort pour sensibiliser et récolter des fonds pour des causes qui le touchent, comme l’autisme, tout particulièrement.
Après avoir couru pour le Centre Henri-Becquerel de Rouen il y a deux ans, il bouclait l’année dernière les 330 kilomètres du Tor des Géants, dans les montagnes italiennes, avec le drapeau d’Autisme France accroché à son sac. Cette année, c’est l’association havraise La Main Tendue Autisme qu’il a tenue à représenter.
« Ma femme a un enfant porteur d’un TSA (Troubles du spectre de l’autisme), informe-t-il. C’est une cause qui me tient à cœur. » Sa femme Ethelle, originaire d’Elbeuf, l’accompagne sur ses courses autour du monde. Elle était naturellement sa première supportrice pour son nouveau défi, sur les terres normandes cette fois.
Le 19 septembre 2026, Jonathan Desnoyers s’élançait du Havre avec l’objectif de rallier Honfleur en trente jours et autant d’étapes, en effectuant une boucle autour de la Seine.
Un parcours évalué à 1 700 kilomètres qui l’aura emmené jusqu’au pied de la Tour Eiffel, en traversant nombre de villes et villages lors d’une aventure aussi intense sportivement qu’humainement, comme il l’a confié lors de son passage à Elbeuf, le vendredi 16 octobre 2026.
J’ai fait de belles rencontres, des familles avec leurs enfants. De villes en villes, la culture est différente, les problématiques sont différentes, c’est ça qui est intéressant. On discute de tout, c’est vraiment formidable.
Ainsi, lors de ses journées de course, de 8 h à 17 h, Jonathan Desnoyers n’a jamais été vraiment seul, les personnes croisées partageant parfois quelques kilomètres à ses côtés, et lui offrant des dons.
Même ses nuits, il les a passées au plus proche des habitants, chez qui il était hébergé « quasiment chaque jour ». « On a fait appel à la solidarité, expliquait-il. Quand ça ne marchait pas, on dormait en Airbnb ou à l’hôtel, mais ça n’est arrivé que trois fois ».
À l’heure de son passage à Elbeuf, où il en a profité pour rencontrer notamment le maire de la ville Djoudé Merabet et Fatimata Camara, connue pour son engagement en faveur des enfants autistes, Jonathan Desnoyers avait déjà récolté plus de 1 300 euros.
« Je me sens bien, je n’ai pas de problèmes de jambes. Juste un peu mal aux pieds à cause du sac, huit à neuf kilos au quotidien », racontait-il, à deux jours de l’arrivée. Ce midi-là, il lui restait encore à joindre Rouen, puis Heurteauville, d’où il s’est élancé à 6 h 30 le dimanche matin pour une étape de plus de 75 kilomètres, la plus longue de son périple.
À l’issue de cette dernière journée, il annonçait sur ses réseaux sociaux avoir achevé sa course solidaire qu’il avait bien nommée Les Boucles de la Seine : de l’ombre à la lumière, en 29 jours et très précisément 1 581,75 kilomètres.
« La boucle est bouclée, mais le message continuera son chemin », écrivait-il alors. Nul doute que le chemin de Jonathan Desnoyers continuera également, mais lui seul sait pour le moment sur quelles terres, sur quelle distance et pour quelle cause.