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Interview Mondiaux de fléchettes à Liévin : "Il va y avoir une ambiance de fou", assure Thibault Tricole, joueur professionnel
Thibault Tricole, numéro un français des fléchettes, habitant de Malguénac (Morbihan), nous a acoordé une interview vidéo.
Thibault Tricole, numéro un français des fléchettes, espère bien être au rendez-vous des mondiaux qui auront lieu à Liévin en mars 2027. ©Aurélien Burban/Actu.fr

L’enthousiasme et la ferveur autour de la discipline se sont décuplés en quelques années seulement. Du 19 au 21 mars 2027, l’Arena Stade Couvert de Liévin, dans le Pas-de-Calais, va accueillir les mondiaux de fléchettes. Une première en France ! Thibault Tricole, joueur professionnel français âgé de 37 ans, compte bien y participer. Le Breton nous a accordé un entretien quelques mois avant cet événement exceptionnel.

Une passion née à l’âge de 12 ans

La plupart des jeunes rêvent de devenir footballeur professionnel, votre rêve était de devenir joueur professionnel de fléchettes. Quel a été le déclic ?

J’ai commencé à jouer aux fléchettes à l’âge de 12 ans, c’est jeune pour les fléchettes. J’ai découvert grâce à mon père. Beaucoup de gens pensent que c’était un champion, mais on a commencé quasiment en même temps, il a commencé à 44 ans en installant une cible à la maison. En le voyant jouer j’y ai pris goût et j’avais envie de l’affronter.

Quand êtes-vous devenu professionnel ?

Je vis des fléchettes depuis 5 ou 6 ans. Je suis passé par toutes les étapes, j’en ai grillé aucune. De champion départemental, à régional, à champion de France. Je suis le seul joueur professionnel français aujourd’hui. J’ai toujours adoré les fléchettes car j’avais quelques prédispositions, j’ai vite gravi les échelons mais jamais avec l’objectif d’en vivre. C’était inimaginable d’en faire un métier en France. J’ai tardé à rentrer dans ce monde professionnel. J’ai fait des études, j’ai bossé… Jusqu’à il y a 5/6 ans où j’ai franchi le cap. Et ça a marché tout de suite. J’ai pris le risque et ça a payé. J’espère que ça va continuer encore longtemps. 

Après avoir remporté plusieurs compétitions, vous avez fait vos débuts en PDC (le championnat du monde). C’est le plus haut niveau des fléchettes ? 

Oui. Il y a 128 joueurs dans le monde en PDC. C’est une sorte de NBA des fléchettes, c’est une ligue privée, c’est un business, c’est du show. En France, il y a une fédération mais qui est là pour le développement de la discipline, mais il n’y a pas d’objectif pécuniaire derrière. J’en vis correctement depuis que j’évolue dans cette ligue. Il y a 25 millions de livres sterling en prize money dans l’année. 

En mars, les championnats du monde débarquent à Liévin, une première en France. Vous vous y attendiez ?

On l’attendait plus ou moins, on sentait que ça allait arriver en France mais on ne savait pas quand. Les fléchettes ont toujours été populaires au Royaume-Uni, c’est culturel. Ça s’est développé aux Pays-Bas à la fin des années 90 et au début des années 2000. C’est devenu une discipline majeure avec le temps. Mais en France ça ne prenait pas vraiment.

Qu’est-ce qui a fait décoller les fléchettes en France ?

Les fléchettes ont pris un essor considérable pendant la crise sanitaire. Les marques n’ont jamais autant vendu de cibles que pendant le confinement. En France, à ce moment là on commence à avoir une diffusion sur La Chaine L’Equipe et je commentais les compétitions. On mettait enfin une image sur une discipline. Les gens s’imaginaient que je jouais dans les bars, alcoolisé avec les copains alors que ce n’était pas du tout le cas, c’est très sérieux. J’ai gagné beaucoup de crédit, ils ont vu l’engouement avec les spectateurs et cette ambiance dingue. En France on a vu le nombre de pratiquants augmenter considérablement. ça s’est ressenti dans les ventes de matériel. 

Et au niveau des licenciés ?

Il y en a 3000 aujourd’hui. C’est peu mais ça a doublé en 3 ans. 

Sur les réseaux sociaux, l’annonce de l’arrivée des championnats du monde à Liévin a provoqué de nombreuses réactions. Pensez-vous que l’ambiance sera bouillante dans le Pas-de-Calais ?

J’étais assez étonné de la répercussion de l’annonce sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas les chiffres exacts mais au bout de 2 heures il y avait déjà 2000 inscriptions en pré-vente. Je sais que samedi et dimanche ce sera plein. En plus, la salle est magnifique, elle est adaptée pour ça. Les gens viennent en bande de copains, attablés… C’est plus sympa que de rester assis en tribune sur un siège. Le spectacle est aussi en dehors de la scène, des gens sont déguisés, ont des pancartes… C’est un folklore à part. C’est sûr que ça va marcher. 

Et il faut savoir que dans le nord de la France, comme chez moi en Bretagne, il y a une vraie culture fléchettes, plus qu’ailleurs dans le pays. C’est lié au nombre de bars mais aussi au climat parce que ça se joue en intérieur. 

L’emplacement devrait attirer nos voisins… 

C’est stratégique de le faire à Liévin dans un bassin de population important aux frontières de la Belgique et des Pays-Bas. Je ne pense pas que les supporters anglais se déplaceront car ils ont déjà beaucoup de tournois chez eux mais Liévin ça se fait bien depuis l’Angleterre donc c’est pratique pour les joueurs professionnels. Les grosses stars seront là et c’est une bonne nouvelle pour le spectacle. Il va y avoir une ambiance de fou.

Parmi les stars, on peut notamment citer Luke Littler, double champion du monde de la discipline. 

C’est un petit génie qui était déjà en finale à 16 ans, il a gagné deux championnats du monde en 3 ans. Il a permis de mettre beaucoup de lumière sur la discipline à travers l’Europe et les Etats-Unis. C’est devenu une superstar au Royaume-Uni. Il fait des collaborations avec des stars, il a 2 millions d’abonnés sur les réseaux… 

Et vous, vous serez présent en mars à Liévin ?

C’est une année un peu compliquée pour moi. En PDC, les 64 derniers sont évincés et remplacés par 64 autres. Je suis autour de la 70e place et il me reste 6 tournois pour me rattraper jusqu’à décembre. Il se trouve que seuls les 16 meilleurs sont qualifiés d’office. Je suis loin du compte d’atteindre les 16 premiers. 

Pour me qualifier, je vais devoir jouer le jeudi, la veille de l’événement, un tournoi qualificatif réservé aux joueurs français où les 4 demi-finalistes seront qualifiés pour les phases finales. Je ne peux rien dire, il n’y a rien de garanti. Mais si je reste sérieux, il y a de grandes chances que j’y sois quand même. 

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