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110 miles nautiques par les eaux. De l’ordre de 175 kilomètres pour les non-marins. C’est la distance qui sépare l’île de Wight de Cherbourg-en-Cotentin.
À 13 ans, Frank Smit va s’attaquer à l’une des voies maritimes les plus fréquentées du globe : la traversée de la Manche. Pas en mode plaisancier. Non. Seul à bord d’un RS Zest. Un dériveur léger et compact, long de 3,59 m pour 1,47 m de large.
Ce défi audacieux, il trotte dans la tête du Breton originaire de Ploërmel (Morbihan) depuis un certain 10 novembre 2024. Date à laquelle la plus jeune navigatrice de l’histoire, Violette Dorange, a pris le départ de son premier Vendée Globe.
Une figure « inspirante » pour le collégien, qui n’a pas manqué une miette de son exploit. « On a creusé son parcours en long, en large et en travers », témoigne son papa, Kévin Smit.
La skipper a donné des ailes à l’adolescent qui s’est mis au défi de rallier les côtes britanniques, comme son idole en Optimist à 15 ans. « À cet âge, ça change vite d’avis. Je pensais que l’envie lui serait passée », avoue sans détour celui qui n’a eu d’autre choix que prendre son fils au sérieux : « il n’en démordait pas. »
Si l’eau salée ne coule pas insidieusement dans les veines du garçon, il navigue sur l’un des plus grands plans d’eau douce de Bretagne depuis son entrée en sixième. « Je suis en section voile au collège Beaumanoir à Ploërmel », relate celui qui avait découvert la navigation à travers des stages en primaire.
Au lac au Duc, le RS Zest est devenu son bateau de prédilection, et à Lorient où habite sa grand-mère, il perfectionne sa technique en mer. Là où les sensations sont décuplées.
« Dès qu’une rafale frappe la voile, le bateau penche. On dit qu’il gîte immédiatement », apprend le navigateur en herbe. « Il faut être attentif, et agir rapidement. Le corps sert de lest. » De quoi donner quelques sueurs froides à son papa qui scrute l’horizon depuis le ponton.
Naviguer au large ne s’improvise pas, et s’il a donné son feu vert à Frank, il mesure la taille du challenge qui l’attend. « Un coach assure sa préparation physique et mentale. Son courage et sa détermination vont être mis à l’épreuve. »
Au milieu de la Manche, parmi les cargos et les bateaux de pêche, le collégien ne devra pas perdre pied. Seul à bord du monocoque, le garçon espère réaliser la traversée « en moins de 15h. »
Une épopée « exaltante », supervisée par la ligue de voile de Normandie et le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Jobourg. « C’est très réglementé », explique le quadra qui grimpera sur le zodiac mobilisé pour l’équipe de sécurité. « Ce sont eux aussi qui valident la bonne fenêtre météo pour pouvoir partir entre mai et juillet 2027. »
Mais avant de voir le bleu de la mer se fondre avec le ciel, la Team Langoustik comme ils se surnomment sur les réseaux sociaux, doit boucler les 20 000€ de budget. L’agent de quai frappe à toutes les portes pour concrétiser le projet de son fils : « chaque sponsor nous rapproche un peu plus de la ligne de départ. »
Et l’enjeu dépasse le cadre sportif pour Frank, qui a mis l’association Magie à l’Hôpital dans la boucle. Ce défi, il le réalise aussi pour soutenir les enfants hospitalisés après avoir vu la maladie frapper le cercle familial : « La plus grande difficulté n’est pas de traverser la Manche mais de garder le sourire quand on a peur. Si je peux aider un enfant à l’hôpital à sourire, j’ai déjà tout gagné. »
Cagnotte Helloasso pour Magie à l’Hôpital ici.Contact Sponsoring : Team Langoustik.