Retour
Vécu. Notre correspondant local de Dinan (Côtes-d’Armor), grand amateur de courses au large, a eu la chance de prendre le départ de la 13e Route du Rhum à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), dimanche 1er novembre 2026. Il nous le raconte.
« En ce matin de départ, je suis réveillé très tôt. Au loin, je peux encore voir les Ultim dont les mâts balancent dans l’estuaire de la Rance, entre Saint-Malo et Dinard. Dans le port de Saint-Malo, ce n’est pas encore à mon tour de sortir. L’Imoca, Charal, avec à son bord, Jérémy Beyou, puis Jean Le Cam sur son Alegria, un Vintage monocoque et le trimaran guadeloupéen Trilogik, qui va donc retourner vers son île, se dirigent vers l’écluse de sortie du port.
Ce n’est toujours pas mon tour. Il fait grand soleil. Alors à quoi bon aller en Guadeloupe, le soleil breton ne chauffe-t-il presque pas autant, en ce 1er novembre.
Cette fois, c’est mon tour de passer l’écluse. Je suis dans la dernière vague des bateaux qui vont s’élancer vers le large. Mais ne dit-on pas que : « Les derniers seront les premiers. » Alors l’espoir fait vivre.
À l’écluse, les applaudissements se font de plus en plus rares. Apparemment, je ne suis pas l’idole des houles. 11 h 20, le bateau est dans l’écluse. Quelques frissons me parcourent. Le bateau tangue et se dirige dangereusement vers un mur de l’écluse. Des marins s’affairent et se dirigent le pare-battage pour le positionner du mieux possible. Plus de peur que de mal.
Ça y est, le bateau est passé et direction la pointe du Grouin. Il ne reste qu’un peu plus d’une heure trente avec le départ. Sortie, passage de la bouée tribord. On longe la plage du Sillon. Je double le trimaran guadeloupéen de David Ducosson. Ce n’est pas encore la course, mais je suis déjà dedans.
À tribord, la ligne de départ se dessine à l’horizon. Une multitude de mâts au loin. Je croise tout d’abord, à bâbord, Gitana 18, un peu plus tard sur mon tribord, Actual, deux Ultim, qui ne sont pas encore à pleine vitesse. 12 h 30, je suis sur zone. Dans une demi-heure ce sera le grand frisson. Les battements de mon cœur se font de plus en plus rapides, alors que la vitesse du bateau décroît.
Procédure de départ dans 8 minutes. L’attente est longue. Quelques ronds dans l’eau. Surtout ne pas louper le départ et encore moins partir avant. Je passe à côté de deux bateaux de la Brittany Ferries et une multitude de petites et moyennes embarcations, qui vont suivre le départ. Je suis placé au nord où les voiliers les plus rapides vont s’élancer, c’est-à-dire les Ultim et les Ocean fifty.
13 h 02. Top départ ! C’est parti, direction la Guadeloupe. Bien vite, les Ultim s’éloignent très rapidement. Ils ne sont, bientôt plus qu’un petit point au-dessus de la mer bien que leurs mâts dépassent la ligne d’horizon. Ces bateaux, les plus rapides de la flotte décident de ne pas trop s’éloigner de la côte pour rejoindre le cap Fréhel.
42 minutes plus tard, les premiers contournent la bouée de dégagement de Fréhel. Puis, le bateau est dans l’alignement de la cathédrale Saint-Vincent, mais que fais-je ? Ce retour à Saint-Malo est-il signe d’ennuis sur le bateau ?
Non, c’est le retour vers le port. En effet, ce départ, je l’aurais vécu sur l’un des bateaux de la flotte des Bateaux rouges avec ses deux marins Thomas et Alain et avec comme capitaine, Julie Sauvaget, qui a déjà derrière elle, trois départs du Vendée Globe.
Rendez-vous est donc donné en 2028 aux Sables-d’Olonne et dans quatre ans pour la prochaine édition de la Route du Rhum. »