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Avec la disparition de Jean-Pierre Roux, le bar Le Camargue en deuil
Les frères Roux avec Max à gauche et Jean-Pierre.

Avec la disparition cette semaine, à l’âge de 87 ans, de Jean-Pierre Roux, gérant du Bar Tabac de la Camargue, c’est un peu de l’histoire des quartiers de la route de Montpellier, Puech-du-Teil, Capouchiné et même de Saint-Césaire qui s’envole. "Créé sous forme de Bar-Pompe à essence dans les années 30, Le Camargue, qui occupait les murs de l’ancien Octroi de la gare éponyme, connut ses heures de faste durant plus d’un demi-siècle avec notre famille, se souvient son fils, Jean-Charles Roux. C’est en 1962 que mon grand-père, François, après avoir été maraîcher aux halles de Saint-Charles, achète cet établissement à la famille Roure et Cibran. À l’époque, le périphérique n’existait pas et le trafic routier passait par la route de Montpellier. Le bar « qui faisait l’angle », comme on le décrivait, connaissait une activité intense. Ouvert dès potron-minet, c’était une mosaïque sociétale qui s’y succédait durant toute la journée. On y venait prendre le café, acheter les cigarettes, les journaux ou tout simplement attendre les cars de lignes qui stationnaient devant. On y croisait les ouvriers de la zone de Saint-Césaire, les représentants de chez Renault ou Peugeot de la route de Montpellier, les chefs d’entreprise et même les joueurs du Nimes Olympique qui venaient, avant ou après l’entraînement au stade municipal, faire le débriefing autour d’une limonade." Si familiers que les Roux n’avaient pas hésité à organiser un tour de la route de Montpellier sur un vélo tandem avec l’équipe nîmoise vice-championne de France 1972 juchée dessus, le tout dans une ambiance de fête. "Max, le frère cadet de mon père, accompagné de six autres supporters nîmois, traversa même, au volant de sa 404, l’Espagne et le Portugal pour voir évoluer les Nîmois en coupe d’Europe sur le terrain du stade Bonfim à Sétubal en 1971."

En 1988, des lycéens perchés sur le comptoir pour échapper à la montée des eaux

Le Camargue, c’était aussi, bien entendu, le lieu de rendez-vous incontournable des lycéens de Camargue. "On y venait à l’intercours pour jouer aux cartes ou faire un baby-foot et boire un café ou un rafraîchissement. Certains y passaient bien souvent leur journée. En octobre 1988, lors des inondations et face à la montée des eaux dans l’établissement, bon nombre de jeunes se trouvèrent perchés sur des tables, des chaises et même sur le comptoir pour éviter les flots qui dévalaient à l’extérieur", raconte Jean-Charles Roux. Bref, un bar de quartier, tenu par la famile Roux jusqu’en 2020, "un lieu de convivialité, de rencontres et de bonne humeur". Avec le décès de l’aîné des deux frères Roux, c’est un pan de l’histoire des bistrots nîmois qui disparaît. Midi Libre adresse ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Jean-Pierre Roux.