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Alors qu’il court en vain depuis sept ans après une qualification en Ligue des champions, l’Olympique Lyonnais a désormais une certitude : il ne subira pas au printemps prochain l’habituel « Paulo Fonseca choke » dans le sprint final en Ligue 1. Habitué aux sorties de route dans les moments clés pour ruiner un retour en C1 (contre l’ASSE, Lens et Monaco en 2025, puis face à Toulouse et Lens en 2026), ainsi qu’à des écroulements européens (Manchester United, Celta Vigo, Fenerbahçe), l’entraîneur portugais s’apprête à quitter l’OL pour s’engager avec le Sporting Portugal.
Mais il serait injuste de résumer à ces échecs les 21 mois à la tête de l’OL de Paulo Fonseca, arrivé après le limogeage controversé de Pierre Sage par John Textor. Car l’ancien coach lillois a carburé à Lyon à 1,83 point de moyenne en 83 matchs officiels (toutes compétitions confondues), tout en impulsant une ambitieuse identité de jeu/culture tactique au sein du club. De quoi (presque) faire oublier son ridicule « front contre front » avec Benoît Millot, le 2 mars 2025 contre Brest (2-1), qui lui avait valu une suspension de banc record de neuf mois.
Sous l’impulsion du capitaine Corentin Tolisso, les joueurs lyonnais se sont d’ailleurs rués autour de lui, dimanche face à Angers (2-0), pour célébrer le deuxième but. Cette image forte du week-end de Ligue 1 en dit long sur la « connexion très forte » entre un Paulo Fonseca au bord des larmes et son groupe. « S’il est amené à partir, cette célébration était pour lui dire merci. Et s’il est amené à rester, c’était pour lui dire que j’avais envie de continuer avec lui », résumait Corentin Tolisso face à la presse.
Le but de la tête de notre capitaine @CorentinTolisso sur le corner de Keito Nakamura ! 🔥🔴🔵 pic.twitter.com/gd5X691wPl
— Olympique Lyonnais (@OL) November 1, 2026
Avant de poursuivre avec des louanges appuyées et sincères : « C’est vraiment un coach extraordinaire. Je pense que l’Olympique Lyonnais peut être très heureux d’avoir un coach comme lui actuellement, donc j’espère vraiment de tout mon cœur qu’il va rester. Je pense qu’on a encore beaucoup de belles choses à faire. Moi, je ne décide de rien du tout. Si je décidais, il serait encore là pendant très longtemps ». Cette marque de soutien +++, de la part de l’homme clé du vestiaire lyonnais, peut-elle faire infléchir son futur ex-entraîneur ou même ses dirigeants ?
Certainement pas, au vu de la volonté de l’ancien coach lillois à rejoindre son club de cœur au Portugal, et face à un enjeu clairement plus économique que sportif du point de vue du club. Paulo Fonseca a assuré dimanche soir que des discussions pour une prolongation, au-delà de l’été 2027, avaient bien existé entre l’OL et lui. Mais au vu de l’immense fragilité des finances lyonnaises post-ère Textor, son salaire mensuel estimé à 400.000 euros brut est totalement inadapté à la période.
Il n’est donc pas illogique que Michele Kang, Michael Gerlinger et Matthieu Louis-Jean voient dans le récent licenciement de Rui Borges au Sporting une opportunité à saisir pour à la fois économiser huit mois du salaire XXL de leur coach, tout en négociant au passage une indemnité de transfert entre 3 et 6 millions d’euros. Finalement, ce « transfert » de Paulo Fonseca n’est pas si différent que ça des départs enchaînés, quasi contraints vis-à-vis de la DNCG, des joueurs à la plus forte valeur marchande comme Georges Mikautadze, Afonso Moreira et Malick Fofana.
Pour être ambitieux et enfin retrouver la Ligue des champions, l’OL n’avait sportivement aucun intérêt à se séparer de ces trois talents offensifs. Les conséquences sportives seront-elles encore plus préjudiciables avec ce départ express et inattendu de Paulo Fonseca, alors que l’OL réussissait jusque-là un solide début de saison (3e en Ligue 1 et deux victoires en trois journées de Ligue Europa) ? On peut le penser, tant il faisait l’unanimité auprès de ses joueurs cadres, et tant son style de jeu (avec des moyens souvent limités) apportait certaines garanties.
Matthieu Louis-Jean s’active forcément pour vite préparer son successeur. Si L’Equipe évoque ce lundi la piste Thiago Motta, le quotidien portugais A Bola mentionne un intérêt des dirigeants lyonnais pour Carlos Vicens (43 ans), limogé par Braga le 20 octobre et adjoint de Pep Guardiola à Manchester City pendant huit ans. Un retour de Pierre Sage à Lyon semble par ailleurs dur à imaginer, puisque celui-ci est encore en poste (bien que très fragilisé) à Crystal Palace, et que l’OL va enchaîner deux déplacements cette semaine, contre la Real Sociedad jeudi et à Brest dimanche.
Si Lyon n’avait encore jamais été confronté dans son histoire aux envies d’ailleurs d’un de ses entraîneurs en pleine saison, on compte plusieurs précédents majeurs avec cette configuration dans le football européen depuis cinq ans. On pense ainsi à Graham Potter et son énorme indemnité de départ (25 millions d’euros !) entre Brighton et Chelsea en septembre 2022, à Ruben Amorim (du Sporting à Manchester United en novembre 2024), ainsi en Ligue 1 qu’à Sébastien Pocognoli (de l’Union Saint-Gilloise à l’AS Monaco en octobre 2025) et à Liam Rosenior (de Strasbourg à la « maison mère » de BlueCo Chelsea en janvier 2026).
Avec des points communs majeurs dans ces quatre cas : les entraîneurs n’ont pas fait long feu dans leur nouveau club (huit mois en moyenne), et seul le Sporting Portugal a atteint son objectif (remporter le championnat) en 2025. Pour le reste, on est sur du flop de nature à inquiéter les supporteurs lyonnais.